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Afrique - 27 juillet 2021

Cameroun > Droit de l’homme: Mandela Center accuse l’Etat

Mandela Center International, Ong internationale à Statut Consultatif Spécial auprès des Nations Unies, interpele la communauté nationale et internationale sur de graves violations des droits de l’homme dans la ville de Nkongsamba .

Dans sa dernière note d’information 22 juillet dernier, Mandela Center International tirait déjà la sonnette d’alarme sur les graves violations des droits de l’homme, notamment les exécutions extrajudiciaires, arbitraires et sommaires, l’arrestation illégale, la détention arbitraire et des cas de torture, de traitements inhumains, cruels et dégradants par les éléments du Groupement de Gendarmerie Territoriale de Nkongsamba, dans le département du Moungo.

A titre de rappel, en date du 12 juillet 2021 aux environs de 13h, les nommées Moukoudi Jeanne Alliance et Eleibe Olive Majoie, âgée de 20 ans, ont été interpellées, sans mandat ni titre de justice et sans flagrance, dans leur résidence à Dibombari par les éléments du Groupement de Gendarmerie Territoriale de Nkongsamba . Malgré les efforts déployés jusqu’ici pour leur libération, elles sont toujours maintenues captives et arbitrairement détenues et ce, en dépit des actes de torture et des traitements cruels, inhumains et dégradants à l’aide des machettes, des matraques et autres objets prohibés par un groupe de quatre gendarmes lors de leur garde à vue dans les locaux de la gendarmerie.
Selon l’Ong le commandant du Groupement de Gendarmerie Territoriale de Nkongsamba, le Chef d’Escadron Alain Ndongo qui a toujours conditionné leur libération à l’arrêt effectif du suspect Mouandjo Ndame Fidèle alias Pichou, a instruit les éléments des brigades d’Eboné et de Manjo, qui au cours d’une mission conjointe, ont interpellé ce dernier en compagnie de son ami Ekoume Kevin, âgé de 17 ans, au niveau du péage de Lala vers Nlowè juste après Manjo, entre 3h et 5h du matin, le 17 juillet 2021 alors qu’ils se rendaient à Douala à bord d’un car de transport .

Selon Mandela Center :

 » Le jeune Mouandjo N.Fidèle alias Pichou a été abattu froidement de plusieurs balles sans aucune forme de procédure par les éléments de la gendarmerie. Que le chef de mission d’établissement des faits de Mandela Center International a été séquestré et tout son matériel de travail confisqué pendant des heures le 21 juillet 2021 à 10h55mn par l’enquêteur en charge de ce dossier dans les locaux du groupement de gendarmerie territoriale de Nkongsamba, avant le dénouement ».

Par ailleurs dans sa posture défensive, le chef d’Escadron Alain Ndongo parle de la justice populaire ayant conduit au décès de Mouandjo Ndame Fidèle alias Pichou et que les deux femmes sont en garde à vue administrative décidée par le Préfet du Moungou, le Sieur Ndjana Yves Bertrand Noël, administrateur civil principal, un document dont Mandela Center International n’a jamais pu consulter . Ce qui fait dire par l’ong , que dans sa tentative de brouiller les pistes, Alain Ndongo a instruit les éléments de la brigade de recherche de gendarmerie qui ont pu obtenir, sous l’effet de la torture, des déclarations du jeune Ekoume tendant à impliquer la mère du défunt dans la commission des infractions à eux reprochées.

Mandela Center , affirme que :

 » Le Chef d’Escadron Ndongo et ses éléments, dans leur dernier baroud d’honneur, se livrent actuellement à une véritable rébellion contre l’institution judiciaire . »

Le Procureur de la République près le Tribunal de Grande Instance du Moungo, à Nkongsamba, mis devant ses responsabilités par Mandela Center International, n’a pas pu obtenir, à ce jour, le déferrement des deux victimes malgré le fait qu’il soit parti de ses bureaux tard le vendredi dernier pour se rendre personnellement dans les locaux de la gendarmerie ; les éléments de la gendarmerie, dans une tentative désespérée de couvrir leur crime, ont fait appel aux médias « aux ordres » qui par des images tournant en boucle sur les réseaux sociaux présentent les deux victimes comme des coupables de « faux témoignages, de complicité de vol aggravé et de recel de malfaiteurs » violant ainsi gravement leur droit à la vie privée et à la présomption d’innocence garantis par les instruments juridiques internationaux dont le Cameroun est Etat-partie .

Au moment des présentes écritures, sachant que les autorités judiciaires du Moungo ne sont pas prêtes à cautionner leur crime, le chef d’escadron et ses éléments manœuvrent par tous les moyens pour les déférer auprès du Commissaire du Gouvernement près le Tribunal militaire de Douala dans les prochaines heures où ils espèrent avoir du soutien de la hiérarchie militaire.

Une réquisition aux fins d’un certificat de genre de mort a été diligentée sous les ordres du Chef d’Escadron Ndongo depuis 24h au Directeur de l’Hôpital régional de Nkongsamba avec des orientations bien précises.

Pour Mandela Center ,  » il s’agit clairement d’une exécution extrajudiciaire, sommaire ou arbitraire et des actes de torture, de traitements cruels, inhumains et dégradants au sens de l’article 5 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme de 1948, de l’article 7 du Pacte International relatif aux Droits Civils et Politiques de 1966, de l’article 5 de la Charte Africaine sur les Droits de l’Homme et des Peuples de 1981, de la Convention des Nations contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants du 10 Décembre 1984 (Cct), des Conventions de Genève (1949) et autres instruments internationaux, tous librement ratifiés par la République du Cameroun  »

Le droit à la dignité humaine, le droit à ne pas être torturé, le droit à la protection, le droit à la vie privée et le droit à l’intégrité physique et morale de ces victimes qui sont des droits inaliénables et inviolables de l’homme contenus dans le droit international des droits de l’homme continuent d’être littéralement violés par les éléments des forces de sécurité et de défense camerounaises; Reprécisant que selon le droit international des droits de l’homme, le Gouvernement camerounais a l’obligation absolue d’empêcher l’exécution extrajudiciaire de personnes civiles, y compris de criminels présumés, que ce soit par la police ou d’autres forces de sécurité, de faire appel à ses forces de sécurité pour veiller, dans la mesure du possible, à ce que la population ne soit pas assassinée par ses agents, d’ouvrir une enquête sur les responsables d’exécutions illégales et les traduire en justice.

L’organisation non gouvernementale reprécise que  » le gouvernement camerounais a, ainsi, l’obligation absolue de se conformer strictement à ses engagements internationaux qu’il a librement souscrits; Rappelant que la responsabilité de tous ces faits est ainsi clairement attribuée à l’Etat du Cameroun en vertu du droit international, au terme des articles 4 et suivants d’une résolution 56/83 de l’Assemblée générale des Nations Unies en date du 12 décembre 2001.

Pierre Laverdure OMBANG

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