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Afrique - 25 janvier 2022

Cameroun > Droits de l’homme: Amnesty international lance une pétition pour exiger la libération des détenus.

Dans un document rendu public lundi sur son site, l’Ong internationale appelle le grand public à rejoindre les sympathisants de ces personnes détenues et les membres des formations politiques concernées.

Par Serge Aimé Bikoi

Il est question d’exiger la libération de tous les militants politiques, défenseurs des droits humains et manifestants pacifiques détenus arbitrairement. Cette pétition vise, dans la même veine, à faire infléchir les autorités judiciaires afin que toutes les charges retenues contre ces prisonniers soient abandonnées. A la fin de la signature espérée de cette pétition, un courrier va être expédié au Président de la République, Paul Biya, et au ministre d’État, ministre de la Justice, garde des sceaux, Laurent Esso. Histoire d’exiger la fin de la répression du droit à la liberté d’expression, d’association et de réunion pacifique.

Au premier abord, Amnesty international relève que plus d’une centaine de personnes sont détenues arbitrairement simplement pour avoir exercé leurs droits à la liberté d’expression et de réunion pacifique depuis 2016. Certaines arrestations sont en corrélation avec la crise sécuritaire, qui continue de sévir dans les zones anglophones alors que d’autres sont en lien avec la crise post-électorale de 2018. Au-delà du fait que cette Ong internationale constate la détention de personnes pour avoir exercé leurs droits à la liberté d’expression et de réunion, il y a aussi le fait lié à la détention résultant de procès sans garanties procédurales indépendantes. « Ces cas de détention sont arbitraires et illégaux », selon cette Ong.

Amnesty international dresse, au bout du compte, le portrait de quelques figures de la contestation lors de l’enclenchement des crises anglophone et post-électorale. Conrad Ntsi, journaliste, 35 ans, originaire de Bamenda, aujourd’hui détenu, est le réalisateur du documentaire et défenseur des droits de l’homme ayant couvert les manifestations dans le Nord-Ouest. Il est connu pour avoir partagé des images de l’usage excessif de la force contre les manifestants avec les médias à capitaux privés en tant que journaliste indépendant. Il avait été arrêté en 2017, puis condamné à 15 ans d’emprisonnement ferme par le Tribunal militaire de Yaoundé pour « acte de terrorisme, sécession, diffusion de fausses informations, révolution, insurrection, outrage aux pouvoirs publics et aux fonctionnaires et hostilité contre la nation ».

Penn Terence, quant à lui, est père de quatre enfants et Directeur adjoint du Lycée de Bambili dans la région du Nord-Ouest. Il avait été arrêté en janvier 2017 pour avoir suivi un appel au boycott et à la grève organisée par un consortium de militants de la société civile, d’enseignants et d’avocats. Selon l’Ong, « Terence avait été enlevé de son véhicule par dix gendarmes en tenue de combat. Il aurait été torturé et soumis à des traitements dégradants ». En avril 2018, cet enseignant de formation et de profession avait été condamné par le Tribunal militaire de Yaoundé à 12 ans de prison ferme pour « complicité de sécession, financement du terrorisme et complicité avec la rébellion ».

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