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Afrique - 17 août 2021

Cameroun > Éducation: Le Probatoire n’existe plus depuis 1998 au cameroun

L’extraordinaire intrigue dans cette affaire c’est que de petits enfants innocents continuent de passer cette épreuve sans trop savoir pourquoi!

Jadis conçu comme la première partie du Baccalauréat, le probatoire qui s’est mué au fil des années scolaires en diplômes d’études secondaires ou certificat de probation n’existe pourtant plus au Cameroun depuis un décret de loi qui date de 1998.

 »49,88%, c’est le taux de réussite au probatoire de l’Enseignement secondaire général cette année. L’on observe déjà une nette amélioration par rapport à 2020 où se situait à 31,96% »

peuvent se gargariser les responsables en charge de l’éducation nationale au Cameroun. Sauf que en quoi est ce important de garder un examen qui sur le plan constitutionnel n’existe plus depuis 1998 ?

Le Probatoire de l’Enseignement Secondaire Général encore appelé certificat de probation est en effet , l’assemblée nationale a délibéré et adopté et le président de la République à promulgué comme ci personne ne s’en souvenait , la loi n°98/004 du 14 avril 1998 d’orientation sur l’éducation au Cameroun.

S’agissant de cette loi , il faut rappeler pour préciser que en son titre 3 portant sur l’organisation ,l’évaluation du système éducatif et de la recherche en éducation , fait lire en son chapitre 1 de l’organisation du système éducatif que :

Article 1 : l’organisation et le contrôle de l’enseignement à tous les degrés sont des devoirs impérieux de l’Etat.

Comment comprendre à ce niveaux que le certificat de probation puisses t’il alors toujours exister ? Si tant le contrôle de l’enseignement à tous les degrés est un devoir impérieux de l’Etat ? Comment ce contrôle a t’il donc échappé à l’Etat ?

Il faut noter en parcourant cette loi de 1998 sur l’orientation de l’éducation au Cameroun en son article 18 ,elle mentionne bien pourtant que ,les diplômes sont délivrés dans chaque sous systèmes ainsi qu’il suit :

-A la fin du cycle d’enseignement primaire (Cep)
-A la fin du premier cycle d’enseignement secondaire.(Bepc)
-A la fin du second cycle d’enseignement secondaire.( Baccalauréat)
-A la fin de la formation post primaire (Capiemp)
-A la fin de la formation d’enseignement normal.(Dipes)
Précisant pour mieux comprendre en son alinéa (2) que :

  • Le passage au second cycle de l’enseignement secondaire est conditionné par l’obtention du diplôme de fin de premier cycle

(3) Un décret du président de la République détermine les certifications du système éducatif.

Il n’est donc fait mention nulle part d’un diplôme appellé  » Probatoire ». Sauf que jusqu’à cette date , il est organisé sur toute l’étendue du territoire nationale camerounais et par l’Office du Baccalauréat du Cameroun qui au mépris de la loi reconnaît et delivre un certificat de probation encore appelé Probatoire de l’enseignement général .

Il faut noter que dans le système francophone en Afrique , seuls, le Cameroun et le bénin sont les pays qui jusqu’ici conserve le probatoire dans leur système éducatif parmi tant d’autres en Afrique francophone. Quels en sont les réelles motivations pour le cas du Cameroun , alors qu’une loi promulguée par le président de la République en 1998 ne reconnaît plus cette certification? Comment comprendre que le processus de retrait définitif de ce parchemin soit toujours en cours 23 ans après ?

Si on peut reconnaître que ce parchemin a permis de désengorger les classes de terminales , et assurer une forte présélection des candidats pour les études supérieurs pour celles des personnes qui n’ont pas le niveau requis , ils faut aussi dire que c’est un ensemble de dépenses pour l’Etat du Cameroun et principalement pour les parents d’élèves qui payent fort pour ce blocage. Car dans tous les cas ce sont les parents qui payent autant de fois pour une certification qui n’existe pourtant plus au regard de la loi au Cameroun.

Depuis plus de deux décennies , comment comprendre que les responsables de l’éducation au Cameroun épilogue sur sa suppression comme exigée par la loi , sachant que l’une des grandes résolutions des états généraux de l’éducation de 1995 avait été la suppression du Probatoire ? La loi de 1998 a pourtant entériné ce que les spécialistes avaient appelés à l’époque de  » révolution  » .

Le processus enclenché dès lors reste toujours en cours , la suppression du probation est un véritablement serpent de mer . Un projet qui visiblement ne pourrait être mis en place. Le Cameroun n’est donc jamais parvenu à la restructuration des cycles d’enseignements faisant partie de la reforme de son système éducatif. Notre pays n’est donc jamais parvenu jusqu’ici a mettre en forme le jadis projet de refonte des programmes et de révision de certification du minesec ( ancien minedub) pourtant approuvé par l’initiative Ppte?

On peut aisément comprendre que les travaux sur la restructuration n’aura jamais été validé
et sa mise en application prévue en 2003 aura échoué et que comme annoncé , le probatoire ne prendra jamais sa retraite .

Il faut noter pour finir que le problème de la légalité de ce diplôme au vu de l’article 18 de la loi de 1998 sur l’orientation et l’éducation au Cameroun se pose désormais avec acuité et relever par ailleurs qu’en dehors l’Enieg il n’ouvre les portes à aucun concours au Cameroun .

Pierre Laverdure OMBANG

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