LA UNE Opinion Politique panorama 5 octobre 2020 (0) (148)

Cameroun: Elections et filouterie politique

Partager

Le 02 octobre 2020, l’organe électoral, Elections Cameroon, a publié les listes des candidats aux élections régionales, les premières du pays, le 06 décembre prochain.

En attendant des éventuelles réclamations portées devant la justice par des personnes ou organisations ayant la qualité et l’intérêt pour agir, 102 listes de représentants du commandement traditionnel sont en lice, avec cependant l’absence de concurrence dans de nombreuses circonscriptions.
S’agissant des délégués des départements, 95 listes de candidats investis par 14 partis politiques ont été retenues.

Ce sont au total 700 délégués départementaux et 200 représentants des chefs traditionnels à raison respectivement de 70 et 20 par catégorie qui sont au terme du scrutin, appelés à siéger à l’Assemblée de chaque région.
Si dans les huit régions francophones, les délégués départementaux et les représentants du commandement traditionnel pourtant élus par des collèges électoraux différents, siègent dans une assemblée unique, dans les deux régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest qui bénéficient d’un statut spécial, le parlement régional” comprend séparément la chambre des chefs traditionnels et celle des délégués des départements.

Sur les 14 formations politiques en course, seules 04 à savoir : le Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (Rdpc), l’Union Nationale pour la Démocratie et le Progrès (Undp),le Parti Camerounais pour la Réconciliation Nationale (Pcrn) et l’Union Démocratique du Cameroun (Udc) ,sont si et seulement si l’arithmétique électorale fonctionne bien, en mesure d’avoir les conseillers régionaux, et ce au regard de la coloration politique du collège électoral constitué à ce niveau uniquement des conseillers municipaux, élus lors des municipales du 09 février 2020.

Dès lors, on peut logiquement s’interroger sur la décision des 10 autres partis qui ont décidé de prendre part aux élections régionales qui se déroulent au suffrage indirect.
Il convient de distinguer dans ce lot, des formations qui possèdent des conseillers municipaux et donc des électeurs, mais en nombre théoriquement insuffisant pour pouvoir avoir un élu conseiller régional, des autres qui n’en ont pas.
Pour les partis ayant des conseillers municipaux, il y a pour eux au moins en filigrane, une volonté de maintenir ou de resserrer des liens entre camarades, puis espérer comme tous les partis en lice ,bénéficier de la confiance ou des dissidences des élus d’autres formations politiques.

Le gain pour tous les participants a également trait à la visibilité. La participation aux élections leur assure en effet, une présence accrue et à moindre coût dans les médias ; et l’occasion leur est ainsi donné pour vulgariser ou continuer à faire connaître leurs programmes ou projets de sociétés dans l’objectif de susciter ou maintenir l’adhésion du maximum de citoyens.
Enfin sans aucune prétention à l’exhaustivité, on pourrait aussi mentionner l’intérêt pécuniaire, étant entendu que les campagnes électorales font l’objet au Cameroun d’un financement public.

Éric Boniface Tchoukeu, Journaliste éditorialiste. Cheef de Chaîne Radio Siantou. Conseiller Editorial et founding father panorama papers

Mais à côté de toutes ces explications plus ou moins objectives, d’autres raisons politiques et inconnues du grand public, notamment des deals secrets, amènent parfois des partis ou des personnes à prendre part aux élections au Cameroun simplement dans le but de participer.
C’est pourquoi, il ne faut jamais écarter d’éventuelles surprises à une élection même si les impacts de ces surprises lorsqu’il y en a, restent très limités.

Eric Boniface Tchoukeu


Partager

Leave a comment

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *