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Afrique - Afrique - 20 janvier 2022

Cameroun > Enrichissement illicite: L’extravagant « Prince de Gbadolite »

Comment un fonctionnaire du Minepat pille la fortune publique… Suite. Le Rdpc toujours en bonne place dans ces affaires.

Un dossier de Félix Cyriaque Ebolé Bola [Une série de 3 documents à lire absolument]

En octobre 2021, Jean Sylvain Mvondo, fraîchement élu comme président de la section du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc, au pouvoir) du département du Dja et Lobo (Sud), annonce par voie de communiqué qu’il prend en charge «la totalité» des frais relatifs à l’Association des parents d’élèves (APE) de ladite 000circonscription politique. Un petit calcul mental permet de constater que ce sont des dizaines de millions de francs que l’homme aura ainsi à débourser.

Honni par la majorité de la base, la liste conduite par M. Mvondo avait pourtant été disqualifiée moins d’un mois auparavant par la commission départementale de supervision des opérations de renouvellement des organes de base, conduite par le sénateur Samuel Obam Assam. Sa liste avait été invalidée, le candidat n’ayant pu produire la moindre preuve de son militantisme au sein du parti de Paul Biya. Mais l’homme, soutenu par une certaine oligarchie sudiste, a réussi à passer outre et à s’imposer. Et c’est manifestement pour acheter le silence des populations qu’il s’engage dans le paiement des frais d’APE des élèves de la zone.

C’est que Jean Sylvain Mvondo est riche comme Crésus. Propriétaire d’une concession achetée à hauteur de 360 millions Fcfa cash au quartier Mfandena (Omnisports), à Yaoundé, dans son fief il se fait aussi appeler «le Prince de Gbadolite». Dans le village natal Mkpwang, situé en banlieue de Sangmélima, il a érigé un domaine princier évalué à des milliards de francs. C’est donc son Gbadolite, ce nom qui rappelle le village natal l’ex-président du Zaïre – devenu République démocratique du Congo (RDC) –, Mobutu Sese Seko Kuku Ngbendu wa Za Banga.

C’est ici, à Mkpwang, qu’il a aussi entrepris de construire une imposante salle de fêtes dont il attribue le financement à Paul Biya. Quant au prêtre de la vaste chapelle du village, fruit de ses propres (?) deniers, il a été équipé d’un véhicule tout-terrain. Il en a fait autant avec les conseillers municipaux de la commune de Sangmélima à qui il a individuellement offert des véhicules neufs au lendemain des municipales du 9 février 2020.

Surnommé «Al Capone» par ses détracteurs, Jean Sylvain Mvondo traîne une autre histoire sulfureuse au Minepat. Il se dit ainsi qu’entre les 2, 3 et 4 mars 2018, profitant du long week-end suivant le remaniement ministériel, le DPIP, quelques heures après la mutation de son parrain au ministère des Finances (Minfi), s’est subrepticement glissé dans le cabinet ministériel. Des jours plus loin, une somme de 39 milliards Fcfa, inscrite dans la ligne «ligne 94» du budget dudit ministère, aura été distraite grâce au jeu des écritures comptables.

Avec le temps, cet autre scandale des tropiques semble aujourd’hui relégué aux oubliettes. Quant au Tribunal criminel spécial (TCS), il garde, selon des sources introduites, un œil attentif sur les «affaires» du DPIP au Minepat.

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