Home Opinion Politique Cameroun > Equilibre régional: L’exception du devoir à la règle de la faveur.
Politique - 2 semaines ago

Cameroun > Equilibre régional: L’exception du devoir à la règle de la faveur.

”Au Cameroun, politiciens et dirigeants ont institué de façon grotesque la logique au départ comique du “politic na djangui ” du Premier Ministre Simon Achidi Achu
pour en faire un verset sacré , une antienne qui consacre le donnant-donnant dans les obligations politiques et professionnelles publiques .”

Communicateur Politique et Analyste des questions politiques , journaliste de formation Serge Gauthier Onanina livre son opinion sur une façon ”ridicule et inacceptable logique qui appartient aux supercheries qui ont contribué à accentuer et à entretenir les discriminations, les injustices, les inégalités et les frustrations diverses” au sein de la classe politique camerounaise. En intégralité le texte mis à votre disposition par notre rédaction.

La règle pour des dirigeants et élus sérieux et responsables est de se tuer à la tâche pour la satisfaction des populations qu’ils représentent. Les images et les chroniques de Présidents de la République, députés, senateurs ou maires au four et au moulin sur le terrain ou rendant compte sous d’autres latitudes ont su à propos révéler des pratiques devenues des cultures et d’excellents exemples.

C’est qu’on sait là-bas que les obligations respectées ou à respecter, les engagements honorés ou à honorer, les promesses tenues ou à tenir et les actes posés ou à poser ne relèvent pas de la faveur, mais du devoir.

Au Cameroun ,politiciens et dirigeants ont institué de façon grotesque la logique au départ comique du “politic na djangui ” du Premier Ministre Simon Achidi Achu
pour en faire un verset sacré , une antienne qui consacre le donnant-donnant dans les obligations politiques et professionnelles publiques . Ridicule et inacceptable logique qui appartient aux supercheries qui ont contribué à accentuer et à entretenir les discriminations, les injustices, les inégalités et les frustrations diverses .

Les réalisations à l’urgence politique , économique ou sociale sont conditionnées par la contrepartie obligatoire des voix du vote , sacrifiant les priorités de bien-être à l’autel du chantage. Ceux qui ne votent pas en faveur du système gouvernant, se voient de plus en plus marginalisés au point de perdre presque leur qualité de citoyens et de compatriotes ayant droit aux différentes obligations de l’État. Ils se demandent sans plier et rompre, s’ils n’en bénéficieront jamais tant qu’ils refuseront de voter ou de soutienir des dirigeants qu’ils tiennent pour responsables de leurs malheurs, du fait de leur mauvaise gouvernance.

Plutôt que de les convaincre par des actes positifs posés, on leur oppose du chantage pendant que des impôts leur sont systématiquement prélevés autant qu’aux autres qu’on chérit. Dans le même temps, les matières premières issues du sol et du sous-sol de leurs localités sont exploitées pour être redistribuées à l’ensemble ,sans que forcément la grosse part du partage ne leur revienne.

Il faut attendre une journée entière , avec tous les préjudices et pertes imaginables, pour se voir délivrer un extrait de casier judiciaire dont la signature prend quelques secondes dans des juridictions à plusieurs magistrats à qu’il suffirait de repartir ce travail de façon organisée. L’obtention de la Carte Nationale d’Identité continue de rester un véritable serpent de mer ,malgré les fortes annonces de réformes liées à sa production. Préfets et sous-préfets exigent du carburant pour accomplir leur travail. Les forces de maintien de l’ordre et de sécurité se renseignent pour savoir si les agresseurs sont armés lorsqu’elles sont appelées au secours , puis justifient leur refus d’agir par la peur de perdre la vie quand ce n’est pas le prétexte du manque de carburant dans le véhicule de service qu’ils brandissent comme arguments. Alors que le pays est à la traîne en matière de développement, les fonctionnaires transforment le service public à rendre aux usagers en comptoirs payants.

Alors qu’ils célèbrent la multiplication des écoles et universités, des formations sanitaires et hôpitaux de référence, leurs proches et eux étudient et se font soigner à l’étranger. Craignent-ils leurs propres créations à ce point ?

Construire une école , un pont , une route , une formation sanitaire , un point d’adduction d’eau , un réseau électrique sont devenus des faveurs à négocier plutôt que des droits à revendiquer .

Lorsque les extraordinaires exploits sont réalisés , il ne faut pas oublier de dire “Merci au Chef de l’État ” pour avoir bien voulu par faveur réaliser ces investissements avec l’argent des impôts du Peuple. Tant pis pour les promesses des campagnes électorales et tant pis pour les discours de politique générale pendant les prestations de serment .
Il n’était de toutes façons pas obligé de le faire , même si cela relève du devoir d’un Chef d’État d’assurer l’épanouissement de son Peuple ,tout comme il n’est pas obligé de se rendre sur le terrain lorsque celui-ci est victime d’une catastrophe ferroviaire à Eseka ou d’un autre sinistre de même nature .

Est ce être un anti-patriote et un ennemi de la République comme Celestin Monga lorsqu’il parla de ” démocratie truquée ” ou comme Charles Ateba Éyene que de le dire ? Je n’en sais trop rien . Ce que je sais par contre , c’est que nous ne sommes loin d’être bien partis à ce rythme. Et ce n’est pas René Dupont qui me démentirait .

Pierre Laverdure OMBANG, Avec Serge Gauthier Onanina

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