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Opinion - Société - Une - 2 décembre 2020

Cameroun > Fièvre de fin d’année: Le délire musical et ses messages subliminaux

Ces derniers jours, certaines sonorités musicales tiennent en haleine les mélomanes, dont la plupart se recrute parmi les jeunes.

Au rang des musiques populaires mondaines les plus en vue dans le champ musical en cette période de fin d’année, figure, en bonne place, la chanson « Tchapeu Tchapeu ».

Seulement, la polémique née de ce titre est liée au fait que ce morceau contient des messages tendant au dénigrement des figures de L’église catholique romaine. Figures auxquelles l’artiste impute des dérives sociales peintes de manière rustre. De plus, ce style musical est un pourvu de messages subliminaux porteurs de trivialités et de d’insanités.

Les messages subliminaux ont ceci de particulier qu’ils violent la conscience individuelle. Le subliminal est, en effet, l’ensemble des messages incorporés dans un support et conçus pour être perçus au-dessous du niveau de conscience. Ces messages touchent l’esprit à son insu et l’induisent à un comportement sans résistance. Le message subliminal peut être sonore ou visuel. Les procédés de camouflage sont sophistiqués bénéficiant de la technologie.

Ils jouent sur les propriétaires des sons(subliminal audio) et sur la vitesse de l’image (subliminal vidéo). Happy, le seigneur de la nuit, auteur du titre « Tchapeu Tchapeu », se positionne comme un acteur utilisant des messages subliminaux et satanistes dans leur illustration. Question d’inculquer aux âmes sensibles la notion du mal des figures de L’église catholique romaine. Ceci se vérifie à l’aune de trois phrases interrogatives sonnant comme un refrain et contenues dans le titre « Tchapeu Tchapeu ».

Ces phrases interrogatives rustres se déclinent comme suit:

« Le couteau cherche quoi dans la soutane du prêtre? »

« Le pape cherche quoi au mariage des pédés? »

« Le curé de ma paroisse cherche quoi à Mini ferme dans la nuit? »

Ces paroles subliminales, qui participent à dénigrer et à ternir l’image de l’Eglise catholique romaine, sont, en réalité,un instrument de manipulation de masses sociales et un vecteur de viol des consciences conduisant à jeter le discrédit et l’opprobre sur une institution religieuse, bien que n’étant pas blanche comme neige.

Certes, les déviances jonchent les microcosmes sociaux (familles, écoles, entreprises, administrations, églises, etc). Mais basculer dans la diabolisation du prêtre, du curé et, a fortiori, du pape incite à questionner , de manière épistémologique, la banalisation et la désacralisation de cette instance religieuse.

Certes, le « seigneur de la nuit » a théâtralisé un moment rituel partagé dans les veillées mortuaires avec du tam-tam accompagné du battement de mains au rythme du « Mbolé », scénarisé, antérieurement, sous la cadence du « Makunè ». Mais, l’on s’interroge : pourquoi prononcer le nom divin pour des insanités ? Pourquoi célébrer, scander et sublimer l’invective dans l’art musical pour faire main basse sur le clergé ?

Cette sonorité musicale subliminale est, à la fois, intriguante et entraînante pour les férus et mordus du brouhaha musical, ainsi que pour ceux qui en connaissent les dangers, mais qui sont, hélas, englués dans la scénographie de l’ambiance, de la jactance, de la tonitruance, de la jouissance et de la réjouissance.

Le sujet subliminal attire, dans la même veine, la curiosité de plusieurs personnes qui voient, à travers cette musique mondaine, une caricature de mauvais aloi des figures cléricales. Renvoyer sur la façade sociale des messages généralisants tendant à la caricature du curé, du prêtre et du pape sous un air trivial a pour effet pervers de contrôler les émotions, les passions, les pulsions et les représentations diverses et d’accepter de tels poncifs comme des faits établis, voire préétablis. Et pourtant….

Ce style musical est, au demeurant, à l’image de la déliquescence sociale, morale et culturelle du Cameroun. L’art est le reflet d’une société. Plus l’on s’enlise, plus l’imaginaire inventif diffuse des sottises, des incongruités et des rugosités mondaines. Chose curieuse: des insanités sont transcrites en Français, langue coloniale comprise par tous et le titre « Tchapeu Tchapeu », en langue locale incomprise de la majorité. Ce n’est pas le premier artiste-musicien à produire un tel délire musical assorti de messages subliminaux.

Bien de figures féminine et masculine ont, depuis des décennies, contribué à étoffer l’art musical de ces excroissances en dépit des critiques faites ici et ailleurs. Ce jeune ne fait que dans la reproduction des sentiers battus, des chansons de Sodome et Gomorrhe au pas cadencé du « Mbolé », rythme affectionné par la sphère juvénile.

Serge Aimé Bikoi, Journaliste Editorialiste, Rédacteur en chef panorama papers. Sociologue du développement.

Il est donc urgent de garder à l’esprit que la musique, les films ou les jeux peuvent entraîner des dérives comportementales. Certains enfants, au contact de ces sonorités, s’isolent, les appréhendent comme une norme musicale et se de-socialisent à la grande stupéfaction des parents, dont la rigidité, en matière de régulation familiale, est parfois érodée. Faisons attention à ce que l’on chante, à ce que l’on fredonne et à ce que l’on écoute tant cela risque de nous faire glisser vers les ténèbres, le diable et l’obscurantisme !

Serge Aimé Bikoi

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