Afrique LA UNE Politique panorama 12 avril 2020 (0) (1129)

Cameroun > Fonds de Survie: L’ambivalence d’une situation cocasse

Partager

Depuis sa sortie clôturant ce compte, tout se passe exactement comme si la décision d’Atanga Nji était un non événement. Il y a-t-il eu une erreur dans la procédure administrative, un excès de pouvoir ou autres manquements? La réalité est plus vicieuse qu’elle ne le paraît. Aussitôt informé de cette mesure ministérielle, les responsables de la gestion de ce fonds, nous disaient clairement qu’ils ne sont en rien concernés par la décision du Minat car ce dernier ne leur a jamais servi une correspondance allant dans ce sens. Bien plus encore, aucune banque ne les avait saisis pour leur dire son intention de clôturer quelconque compte bancaire. Penda Ekoka allait même plus loin en informant les contributeurs que leur argent était en sécurité. Par la même occasion, il leur demandait de se mobiliser davantage dans les contributions. De la décision du ministre à ce jour, il faut noter curieusement que la cagnotte a doublé. Par contre, on a eu connaissance de la lettre du patron de l’administration demandant à Afriland First Bank de fermer le compte de Survie. A ce niveau le débat s’active plus sur le plan juridique où il ressort que l’ouverture d’un compte étant un contrat, du ressort du droit privé, une obligation entre le client et la banque, la fermeture ne peut intervenir que de leur fait. Le juge peut intervenir en cas de litige mais pas l’administration, dit-on. Les experts en droit bancaire affirment la main sur le coeur que même la puissance publique ne peut le faire selon les prescriptions strictes de ce droit. Même aux États-Unis, affirment-ils, l’accès aux comptes dans le cadre de la lutte contre le terrorisme n’avait pas été une mince affaire. C’est donc dire que ce n’est pas en un tour de main que cela est possible. Il y a -t-il eu une précipitation? Que s’est_il passé? Atanga Nji est réputé tenace et rien ne montre qu’il a abandonné la partie en dépit du terrain qui lui donne un sacré pied de nez.

L’autre paire de manche ne viendrait-il il pas de la nature juridique de Survie? Quelle loi lui appliquer? Pour Maurice Kamto, les loi de 1983 et de 1985 ne s’appliquent pas parce que Survie n’entre dans aucune des catégories prévues par la loi camerounaise. Il s’agit d’une “auto-organisation du peuple camerounais en situation de danger de mort pour assurer sa survie”, professe Maurice Kanto. Il poursuit en disant que Survie est légitime par nature. Au demeurant réaffirment-il, le peuple souverain étant source de la loi, ne peut être arrêté par la loi. C’est ici que sort la maxime,
“la nécessité fait loi” qui fait furax sur la toile. C’est le principe général de droit que Maurice Kamto a soulevé pour rappeler à Atanga Nji l’illégalité de son acte de clôturer les comptes de Survie. Les vagues sur la toile et sur le terrain montrent que le débat n’est pas vidé. Plus de 500.000 €! C’est la cagnotte en cours de contribution par les Camerounais, les amis du Cameroun, de l’intérieur et de la diaspora. Sur le Site de Survie-Cameroon-Survival, on voit bien que les organisateurs attentent un million d’euros. Le ministre de l’administration territoriale (Minat), dans son rôle régalien, s’est lancé dans l’entreprise de boucler ce Fonds de solidarité, visiblement sans s’adresser aux organisateurs de l’initiative humanitaire. Pourtant, Christian Penda Ekoka, le manager en chef avait adressé une correspondance à plusieurs administrations publiques dont le Minat pour leur demander un représentant à titre bénévole au sein de ce Comité de gestion! Tout ceci amuse la toile et fait des vagues à relents politiques.


Partager

Leave a comment

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *