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Politique - 2 semaines ago

Cameroun > Grand Dialogue National : La crise anglophone persiste 02 ans après

Du 30 septembre au 04 octobre 2019, a été organisé à Yaoundé un Grand Dialogue National à l’initiative du Président de la République Paul Biya, poussé par des pressions internes et de certains partenaires extérieurs du Cameroun.

La rencontre avait prioritairement pour but de trouver des solutions à la grave crise sociopolitique qui secoue les deux régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest depuis octobre 2016, à laquelle s’est greffée depuis fin 2017 une crise sécuritaire avec le début de l’insurrection séparatiste.

Même si la crise avait démarré avec des revendications d’ordre corporatiste des avocats et des enseignants ressortissants des deux régions anciennement administrées par le Royaume Uni de Grande Bretagne et d’Irlande du Nord, de manière sous-jacente, le problème de l’autonomie politique des dites régions était déjà perceptible.

Cette question est au cœur du problème anglophone parce que les ressortissants de l’ancien British Southern Cameroon estiment être globalement marginalisés dans un Cameroun unitaire et décentralisée, culturellement francophonisé, mais aussi sous l’emprise de la domination politique, diplomatique et économique de la France.

Du coup, de toutes les commissions constituées lors des travaux du Grand Dialogue National, celle consacrée à la décentralisation était l’objet de toutes les attentions. C’est ensuite après d’âpres discussions à l’intérieur de cette commission où certains n’ont pu qu’évoquer au forceps, la question de la forme de l’Etat et particulièrement le fédéralisme, qu’un relatif consensus a été trouvé pour doter d’un statut spécial, les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.

Le 24 décembre 2019, la loi portant code général des collectivités territoriales décentralisées qui concrétise cette recommandation a été promulguée.
Mais de nombreux observateurs de la scène politique locale estiment que le contenu du statut spécial ne donne suffisamment pas d’autonomie aux régions anglophones, en comparaison des pouvoirs que ces régions détenaient dans le Cameroun fédéral du 01er octobre 1961 au 20 mai 1972.

La mise en place effective des régions comme collectivités territoriales décentralisées au terme des premières élections régionales du 06 décembre 2020, ensuite, l’entrée en service de la chambre des chefs traditionnels (House of Chiefs) au sein des conseils régionaux du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, ainsi que la nomination des médiateurs indépendants, ultime étape sur le plan organique de la concrétisation des solutions politiques prises par le pouvoir, n’ont pas jusqu’à ce jour, permis de sortir de l’impasse dans les régions anglophones.

Au contraire, la crise s’enlise et selon l’armée camerounaise, les combattants sécessionnistes qui n’avaient que des armes de fabrication artisanale en 2017, ont de plus en plus des armes sophistiquées. Le nombre de morts et de destructions des biens publics et privés ne cessent de croître.

D’après plusieurs organisations indépendantes, le conflit dans ces régions a déjà fait au moins 3.500 morts, des civils pour la plupart ; et contraint plus de 700 mille personnes à fuir vers les régions francophones et à l’extérieur du pays.

Éric Boniface Tchoukeu, Journaliste éditorialiste. Chef de Chaîne Radio Siantou. Conseiller Editorial et founding father panorama papers

D’un point de vue pragmatique, de nombreuses personnes préconisent aujourd’hui de discuter sans conditions avec les véritables instigateurs de la guerre, absents lors du Grand Dialogue National, ainsi qu’avec des Gouvernements des pays étrangers qui les accueillent pour espérer trouver une issue à la crise anglophone.

Eric Boniface Tchouakeu

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