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Afrique - 26 août 2021

Cameroun > Gratuité de l’enseignement primaire: Le Gros Fake !

Dès l’annonce du chef de l’Etat à la jeunesse le 10 février 2000 sur la gratuité de l’enseignement primaire au Cameroun, un certain nombre de mesures avaient été prises pour accompagner la gratuité en question.

Parmi les mesures phares, nous avons la suppression des frais exigibles à l’école primaire publique. Il faut rappeler ici que ces frais s’élevaient à mille cinq cents (1500frs CFA) avant leur suppression conformément aux dispositions de l’article 2 (voir arrêté n°20/B1/14-64 du 13 mai 1996 en annexe). Les parents pouvaient donc inscrire désormais leurs enfants à l’école sans débourser un sous croyait-on et là c’était sans compter sur le génie camerounais.

Une mesure à l’évidence qui a eu pour conséquence directe et immédiate de cette l’augmentation des effectifs des élèves à l’école avec un taux d’accroissement en valeur absolue de 17,4% pour l’année scolaire 2000 /2001 selon une étude de Onana (2005).

Dans le même ordre afin d’assurer la gratuite de l’école dans le primaire une autre mesure tout aussi importante aura été l’introduction du paquet minimum dans le fonctionnement des écoles. Et a l’époque , selon le Ministre de l’Education Nationale (2000), la décision du Chef de l’Etat disait -ll impliquerait la gratuite des écoles primaires publiques , les charges y relatives incombant à l’Etat . Le paquet minimum dans sa version officielle comblant ainsi les besoins de l’école issus de la suppression des frais exigibles.

Quelques années plutard , il serait bien difficile de dire ou encore de faire dire à un parent d’élève qu’à l’école primaire où est inscrit un ou deux de ces enfants serait gratuite. Car au départ ils avaient pensé que la gratuité de l’école visait entre autre la réduction substantielle des charges financières des parents, mais force est de constater aujourd’hui plus qu’avant, que les parents ont un rôle déterminant à jouer dans l’accomplissement des missions de l’école et sont plus considérés comme les principaux  » bailleurs des fonds  » dans nos écoles primaires.

 Au demeurant , la contribution financière des parents, celle-ci disons le, est presque obligatoire à l’école primaire publique. La gratuité prônée n’a pas eu d’effet d’allègement des charges des parents. Au contraire, cette gratuité crée des charges supplémentaires aux parents. Il s’agit notamment de la construction des salles de classe et leur équipement en tables bancs, de la prise en charge des maîtres dits des parents, de l’achat des manuels et fournitures scolaires aux enfants.

Toutes ces charges étant supposées être supportées par l’Etat dans le cadre de la charte de la gratuité. Malheureusement, la gratuité de l’enseignement primaire signifie pour beaucoup, même les acteurs les plus insoupçonnables, la suppression des frais exigibles à l’école somme toute dérisoire au moment de leur introduction.

Pierre Laverdure OMBANG

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