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Cameroun > Haut-Plateaux: Guerre ouverte entre le préfet et le Fo’o Soukoudjou

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Le 24 juillet dernier le préfet adressait une mise en garde au vitriol au chef supérieur des Bamendjou, pour avoir reçu dans sa chefferie des hommes politiques. La tension créée ne retombe plus.

Avant les indépendances, j’ai été menacé plus que ça. On ne doit pas me confondre. Je ne suis pas un fonctionnaire en affectation à Bamendjou. Je ne suis pas non plus un élu. Je suis né à Bamendjou. Je suis assis sur la chaise où mon père était assis, mon grand-père avant lui, et mon arrière grand-père avant les deux. On ne doit pas me confondre”,

a asséné l’incorrigible Fo’o Soukoudjou, toujours jaloux de sa liberté d’expression.

Le message est-il reçu par les destinataires dans sa plénitude ? En clair, il dit au préfet qu’il ne tient pas son pouvoir de lui mais de son ascendance royale dans la généalogie de son peuple. Tout est dit dans “il ne faut pas me confondre”. 
La pomme de discorde est venue de la visite du Cadre citoyen de concertation (C3) suite à leur visite au palais de Bamendjou le 28 du mois courant. Au nombre des membfes de ce C3, on distingue des hommes et des femmes politiques de poigne à l’exemple de Henriette Ekwe, Mboua Massok,  Djeukam Tchameni, Serges Espoir Marimba et Philippe Nanga. Ils ont du reste tenu un point de presse ce jour à Douala pour réaffirmer tout leur soutien au chef traditionnel.

L’autre front de soutien au chef traditionnel est venu des fils Bamendjou. Ils disent avoir pris acte de la mise en garde et considèrent l’acte préfectoral comme un ” affront contre le peuple Bamendjou”. Ils disent aussi

Plus loin, Fotsing Nzodjou, le président de la jeunesse Bamendjou à Douala conclut sur un ton acide:

Ne pas tolérer l’excès de zèle administratif qui se dégage de cet acte incarnant une partialité abjecte avec laquelle vous abordez les mêmes situations. Avez-vous souvent des sorties du genre lorsque notre Fo’o reçoit les membres du Rdpc en son palais”,

s’interrogent-ils en s’indignant.

Nous ne sommes pas insensibles à la provocation et il suffit d’une étincelle de trop”,

darde-t-il.

Mise en garde préfectorale

Tout est parti de la note du préfet Yampen Ousmanou adressée au souverain des Bamendjou.

Il me revient que vous avez organisé et présidé dans votre chefferie une concertation politique non déclarée le 18 juillet 2020 en violation flagrante de la loi de décembre 1990″,

a allumé l’administrateur civile en direction du Fo’o de la communauté Bamendjou.

Il ne s’est pas arrêté là, mais il a en plus choisi les mots les plus durs et les plus vexatoires pour accabler l’ancien Upéciste du temps des indépendances agitées.

” Vous avez mis en peine l’ordre public et la légalité”,

cette attitude de rébellion intolérable est incompatible avec les fonctions d’auxiliaire d’administration que vous assumez”,

peut-on recenser entre autres clichés. Il a conclu sa lettre administrative par une menace des plus cinglantes.

J’ai l’honneur de vous mettre fermement en garde qu’en cas de récidive, je prendrai toutes mes responsabilités”,

a-t-il attiré l’attention du Fo’o Soukoudjou.

Il faut dans cette veine signifier qu’il est l’un des chefs les plus présents sur les réseaux sociaux à l’Ouest et même au Cameroun. Toute chose qui fait envenimer davantage la toile suite à la lettre du préfet.

Léopold DASSI NDJIDJOU


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