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Politique - 27 février 2021

Cameroun > Hécatombes routières: Et si le Rdpc était à l’origine

Les compagnies de voyages interurbains au Cameroun sont particulièrement mortifères . Les autorités partagés entre laxisme et connivence. Le cas d’Avenir Voyages sur la sellette.

Deux jours après la célébration de la fête de Noël l’année dernière. Sur l’axe Foumban- Yaoundé, particulièrement à Ndikimeneki, un bus de cette compagnie de voyages percute de plein fouet un camion qui venait dans le sens inverse et plane dans les airs pour finir son vol au fond d’un ravin. Près de 40 morts recensés. Émotion collective! Paul Biya dépêche sur les lieux deux de ses ministres, en charge des Transports et de l’Administration territoriale. Avenir Voyages prend les devant et communique qu’elle va suspendre ses activités pendant une journée.

Le 29 décembre le ministre des Transports suspend la compagnie pour un mois, une mesure conservatoire pour mieux mener l’audit technique de la flotte et le fonctionnement de cette agence de transport. Le constat est accablant: le respect des normes est à minima.

Le patron des Transports a été obligé de proroger ce delai de suspension avec sursis pendant trois mois, pour déficit de respect des mesures prescrites pour la réouverture. Alors qu’on en etait là, Avenir Voyages récidive, à la grande stupéfaction de tous. Le 22 février dernier, sur l’axe Koutaba-Bagangté, un nouvel accident fait 8 victimes et jette de nombreux  blessés sur les lits d’hôpitaux.

Comment une compagnie frappée d’interdiction de circuler, même si c’est avec sursis  a-t-elle pu en arriver là ? Quelles sont les actions menées par les autorités au cours de cette période pour qu’Avenir se conforme à la normalité ? Quoiqu’on dise, on a cette impression que si les decisions des autorités etaient respectées, cette huitaine de vies aurait pu être épargnée. Décidément, c’est la défiance des autorités qui est ici en question. 

Défiance de la loi au sein du “Rassemblement des petits copains ( Rdpc)”.

Avenir Voyages dont le Pdg est le président de la Section Ojrdpc de Koutaba, depuis plus de 15 ans, n’est pas un cas isolé dans l’apétance à violer les normes établies ou les mesures prescrites. C’est la chose la mieux partagée du sommet jusqu’à la base. Pour rester dans l’actualité, Paul Biya a demandé  aux acteurs du football de fumer au plus vite le chalumet de la concorde, c’était le 10 février dernier.

Sur le terrain, les acteurs ne se sont pas pressés, chacun se campant sur ses convictions égoïstes. Pire, ils brandissent les titres et les décrets donc ils sont bénéficiaires. Vous verrez un responsable signer au bas d’un document: “Senateur Albert Mbida”. La question qu’on a envie de se poser est celle de savoir est celle-ci: Vous rendez service à qui?!! À vous même ou à Paul Biya qui vous a sortir de la misère au moyen d’un décret, à votre frère du village, le général Semengue ou au peuple camerounais qui veut reprendre le chemin des stades?

Finalement, la reprise ou le lancement du championnat est annoncé ce dimanche. La Ligue, la Fécafoot, les syndicats, la tutelle, la Fifa, le Tas, tous savent que le calme apparent actuel pour contenter le chef de l’État,  annonce une tempête de grande amplitude. Comme on peut le constater, quand l’homme  ne veut pas respecter la loi, il la contourne pour gagner du temps avec des petites mesures avariées.

C’est comme on le voit, une logique au Cameroun, de violer les lois, de faire comme on veut car on compte sur les soutiens au sein du système. Au sommet des faits avérés dans ce sens, il convient de retenir que  le promoteur de Avenir voyages est un homme politique bien implanté dans les arcanes de l’appareillage du parti au pouvoir. A Koutaba, l’homme politique est connu. Ahmed Abdellah, puisqu’il s’agit de lui,, se vente d’être un Bororo, donc bénéficiaire en plus de certaines largesses de la loi.

Il en va de même pour une frange importante des entrepreneurs qui adhèrent au Rdpc, parti qui contrôle le pouvoir, surtout pour protéger des intérêts, les affaires et non par conviction militante. Or, cette cesame de complaisance ou de liberté accordée dans l’observation de la loi, des sortes de passe-droit, affecte sérieusement le bien-être ou la cohesion sociale.

Dans un secteur aussi sensible que les Transports, Messana Ngalle Bibehe, le patron du secteur, doit être intransigeant, ne céder à aucune faiblesse pour préserver la vie de ses concitoyens sur les routes du pays. Les exigences imposées à Avenir Voyages devraient s’étendre à toutes les agences de voyages.

Il est temps que les suspensions d’un mois entrent au garage pour céder la place aux facilités et commodités prescrites en faveur des voyageurs. Les points les plus sensibles étant l’état mécanique de la flotte,  le respect stricte du nombre de places dans un bus, l’obligation des temps d’arrêt sur le parcours, la limitation de la vitesse, entre autres. C’est le chemin à suivre pour tordre un tant soit peu le cou à la chaine maléfique des accidents sur nos routes.  
Léopold DASSI NDJIDJOU 

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