Afrique LA UNE Société panorama 30 janvier 2020 (0) (1874)

Cameroun > Hommage à Maurice Tchakounte: Le film de la folle journée des enseignants face à la police.

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Comme a dit quelqu’un, ce n’est qu’au Cameroun qu’on peut voir ou vivre des situations pareilles. Assister de visu et en toute impuissance à la torture et l’ensauvagement de ceux qui sont considérés comme des formateurs de l’élite intellectuelle de demain. Pourtant ils ne voulaient que dire aurevoir à leur collègue, Maurice Tchakounte qui a été froidement assassiné par son élève au lycée de Nkolbisson. Jusqu’où iront les forces de maintien de l’ordre pour honnir autant les enseignants et jusqu’à quand vont-ils comprendrent que c’est grâce à ces enseignants qu’ils sont devenus des hommes intègres dans la société?

Visiblement, cela prendra encore assez de temps. Puisque même le ministre en charge des Enseignements secondaires, Nalova Lyonga, semble mépriser l’élite enseignante du cycle secondaire au Cameroun. Car elle n’a pris aucune disposition pour empêcher la survenue de tels actes ignobles. Si non comment comprendre que pour un enseignant qui a été poignardé à mort par son élève en pleine salle de classe, qu’elle ne puisse pas lui réserver un hommage académique digne de ce nom? Même la demande initiée par les collègues du défunt pour ladite cause, n’a connu aucun succès.

Désœuvrés et abandonnés à eux-mêmes, ces derniers constitués en Collectif des enaeignants indignés du Cameroun (Ceic), se sont massivement rassemblés sur appel de leur présisent Jacques Bessala, pour rendre un dernier hommage à leur ex collègue. Mais même ce sentiment de pitié pour la personne décédée et pour ses proches, les forces de maintien de l’ordre ne l’ont pas eu. Au motif que le Ceic n’avait pas introduit de déclaration à manifestation publique et par conséquent ne détenait aucune autorisation d’occupation de la voie publique, l’hommage qu’ils avaient prévu à Maurice Tchakounte partant du Chu, lieu de sa mise en bière, en passant par l’Ecole normale supérieure jusqu’au ministère des Enseignements secondaires, n’a finalement plus eu lieu à cause de la forte escouade de policiers et de gendarmes qui n’ont lésiné sur rien pour disperser les manifestants à l’aide d’eau et de gaz lacrymogène. Malgré toutes ces tracasseries, Maurice Tchakounte a entamé son dernier voyage et va être inhumé le 1er février prochain, à Melong, dans le département du Moungo, région du Littoral. Que la terre de nos ancêtres lui soit légère!

Rostand TCHAMI


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