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Cameroun > Hubert Kamgang: Adieu panafricaniste

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Hubert kamgang compte assurément parmi les hommes politiques les plus constants relativement à leurs idées au Cameroun.

Ingénieur-statisticien et donc économiste, disciple du regretté Joseph Tchundjang Pouemi, le célèbre auteur de l’ouvrage « Monnaie, servitude et liberté. La répression monétaire de l’Afrique », dont il fut par ailleurs l’assistant à l’université de Yaoundé, Hubert Kamgang est pourtant le premier dans l’histoire politique du Cameroun à poser le problème de l’utilisation du franc Cfa comme monnaie par le pays, non pas sous l’angle économique, mais politique.
Il en a d’ailleurs fait son principal cheval de bataille dans le prolongement de son combat en vue de l’avènement des Etats-Unis d’Afrique tels que théorisés dans la doctrine du panafricanisme.
C’est donc en panafricaniste convaincu qu’il publie chez L’Harmattan en 1993 le livre “Au-delà de la conférence nationale, Pour les Etats-Unis d’Afrique”, puis en 2000 aux éditions Renaissance africaine,

Le Cameroun au XXI ème siècle : Quitter la Cemac, puis œuvrer pour une monnaie unique dans le cadre des Etats-Unis d’Afrique.

Au lendemain de sa 03ème participation infructueuse à une élection présidentielle au Cameroun en octobre 2011, après les tentatives de 1997 et 2004, où il y allait selon son propre aveu, davantage pour vulgariser ses idées que pour remporter le scrutin, Hubert Kamgang a résumé l’essentiel de son combat politique dans le livre “Ce pour quoi je me bats. Vision d’homme d’Etat de l’Afrique renaissante”, publié aux éditions Lupeppo en 2012.
Né vers 1944 à Batié, Département des Hauts-Plateaux dans la région de l’Ouest, Hubert Kamgang après un Baccalauréat scientifique obtenu au lycée de Manengouba dans la ville de Nkongsamba, poursuit des études universitaires en économie.

Dans l’Administration camerounaise plus tard, il a notamment été Directeur adjoint de l’Institut National de la Statistique(Ins) avant d’être recruté comme cadre à l’Union Douanière des Etats de l’Afrique Centrale (Udeac), ancêtre de la Communauté Economique et Monétaire de l’Afrique Centrale (Cemac). Il va occuper le poste de Chef de Département des statistiques et de l’informatique à l’Udeac jusqu’à son rappel à Yaoundé par un décret présidentiel signé le 25 septembre 1990.
D’ailleurs, sa dernière publication sur sa page Facebook le 25 septembre 2020 est une copie de ce décret avec comme commentaire :

…Cela fait exactement 30 ans que fut signé ce décret qui allait changer complètement le cours de ma vie.

Hubert Kamgang a en effet toujours confié à ses proches, que ce sont ses points de vue sur le panafricanisme et particulièrement sur le franc Cfa qui lui ont valu son rappel au Cameroun. Et jusqu’à son décès le 30 septembre 2020, il était toujours engagé dans la défense de ses positions sur ces questions.

L’un de ces derniers vœux, était de rééditer certains de ses ouvrages portant sur le panafricanisme et le franc Cfa afin disait-il, de mieux sensibiliser la jeunesse sur ces problématiques. Il nous avait récemment confié vouloir aliéner une partie de son patrimoine immobilier situé à Bastos, l’un des quartiers les plus huppés de la capitale du Cameroun pour réunir les moyens financiers nécessaires à la réalisation de ce projet.

Du fait de son âge, 76 ans, Il réfléchissait aussi à sa succession à la tête de l’Union des Populations Africaine (Upa), formation politique qu’il a crée au retour du multipartisme au Cameroun dans les années 1990. Il nous a fait part il y a quelques mois, de sa volonté de former les jeunes pour prendre la relève. Malheureusement un malaise l’a emporté avant qu’il ne concrétise ce dernier vœu. Il laisse neuf (09) enfants. Paix à son âme.

Éric Boniface Tchoukeu


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