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Politique - 27 juin 2021

Cameroun > Jean de Dieu Momo: La repentance de l’artiste des fausses notes

On se demandait Jusqu’où ira celui qui est délégué auprès du ministre de la Justice garde des sceaux dans sa partition dissonante au sein de l’orchestre Joseph Dion Ngute ? L’affaire Mimb s’en est chargée.

« Je retire toute ce que j’ai écrit dans cette affaire qui pourrait compromettre la moralité gouvernementale et renonce désormais à prendre position dans une affaire qui est sur la place publique et garderai désormais une parfaire neutralité axiologique à l’avenir »,

écrit-il.

Tel est la grande leçon que le ministre a tiré de ses errements sur les réseaux sociaux. Momo Jean de Dieu alias Fo’o Dzakeutonpoug, en a eu pour son compte après la sortie gouvernementale sur cette affaire de sextape qui a défrayé la chronique tout le long de la semaine dernière. Lui a-t-on tapé sur les doigts ? Un nouveau Momo ? En tout cas repentance ou pas, puisque le temps le dira, on retient qu’il s’est mêlé les cordes de la guitare, semant la zizanie dans la symphonie tant recherchée par le chef d’orchestre à l’Immeuble étoile.

On le savait fantasque et insaisissable, emporté par les envies de se laisser à toutes les excentricités quand la moindre actualité lui donne l’occasion de faire étalage d’une fidélité éprouvée à Paul Biya. Vraisemblablement Dion Ngute en battant la mesure l’a toujours à l’œil, conscient qu’il peut se permettre à tout moment quelques désastreux  moments de liberté. En opportuniste hors pair, il a l’art de se saisir de l’actualité, de la retourner dans le sens qui lui sied, ravivant de ce fait généralement le penchant polémique de la  question.

Dans cette dérive rhétorique toujours clivant, saupoudrée peu ou prou d’un zeste de légalité du seul fait de la fonction qu’il occupe, les spectateurs de l’orchestre gouvernemental ne savent plus où mettre la tête, du fait de la dissonance des notes venant du ministre délégué. La racine du mal vient de la confusion entre Jean de Dieu Momo et son  pseudonyme Fo’o Dzakeutonpoug : deux visages antinomiques d’une même personne qui enfantent toutes les contrariétés.

Qui des deux, Paul Biya ou Dion Nguté veulent-ils au sein de l’appareillage ? Jean de Dieu Momo serait-il à l’un et Fo’o Dzakeutonpoug à l’autre ? Questionnements sans intérêts dirait-on qui trahissent la complexité de la symphonie gouvernementale. L’affaire Camus Mimb est venue remettre en scène l’artiste Momo alias Fo’o Dzakeutonpoug, dans ses sorties qui minent la synchronie de l’équipe Dion Ngute. Il a encore frappé, prenant partie dans une affaire de mœurs contre celle que l’opinion considère comme la victime, la jeune Malicka Bayemi.

Sur la toile le tollé soulevé fut vif la semaine dernière où l’opinion a attendu désespérément un temps un recadrage officiel lui intimant l’ordre ou l’impérativité de se concentrer sur son instrument de musique. Ce n’est pas venu à temps! Le champ libre lui était de ce fait laissé d’infliger à l’opinion les tortures les plus démentielles en prenant fait et cause pour les tortionnaires de la jeune Malicka Bayemi, arguant que c’est la meute « talibane » composée des « Tontinards » qui s’attaque aux « Sardinards ».

Il est resté égal à lui-même, fier et imperturbable comme le serait un acteur conscient de jouer le bon rôle dans un scénario. La sortie gouvernementale la semaine dernière, en l’occurrence le ministre de la Promotion de la femme et de la famille et son collègue des Affaires sociales a remis les pendules à l’heure. Elles sont montées au créneau pour défendre fermement l’adolescente victime dans la sextape tournée dans le bureau de Camus Mimb. Toute chose qui a suscité un revirement spectaculaire de celui qui est délégué auprès de Laurent Esso.

Dans un premier temps, il a tenu à détacher ses publications sur l’affaire de la position gouvernementale car confesse-t-il, il réagissait en sa qualité de président du parti politique Paddec ou comme un citoyen lambda et non en tant que membre du gouvernement. Mea culpa. Sous son pseudonyme Fo’o Dzakeutonpoug, couvert avec lequel il s’abonne à toutes les vulgarités sur Facebook, il a invité l’opinion à faire la distinction entre la personnalité qui est le ministre et le personnel virtuel qui porte le pseudonyme.

Que veut Jean  de Dieu Momo ?

 En entrant dans le gouvernement Joseph Dion Ngute du 4 janvier 2019, quel est en réalité le cahier de charge qui lui était assigné ? On sait que la victoire du président Biya était vivement contestée suite à l’élection présidentielle d’octobre 2018.

Dans la cartographie géopolitique nationale on peut comprendre le dévolu jeté sur le natif de Bafou pour remplacer un autre fils de la Menoua, Jean-Pierre Fogui. Ce dernier avait occupé le siège vacant laissé par Maurice Kamto suite à sa démission du gouvernement Philémon Yang le 30 octobre 2011. L’opinion avait vite compris depuis la campagne à cette élection que le transfuge de l’opposition radicale sera désormais sans concession à toute forme d’opposition à Paul Biya et surtout venant de la communauté bamiléké dont il est issu.

« En Allemagne, il y avait un peuple qui était très riche, qui avait tous les leviers économiques, c’étaient les Juifs. Ils étaient d’une arrogance telle que les peuples allemands se sentaient un peu frustrés. Puis un jour est venu au pouvoir un certain Hitler, qui a mis ces populations-là dans les chambres à gaz. Il fait que les gens instruits comme Kamto puissent savoir où ils amènent leur peuple »,

déclarait-il le 3 février 2019 sur les antennes de la Crtv.

L’opinion fut si ahurie au point où l’ambassade de l’Etat hébreux si réservée d’habitude avait publié dans un communiqué le lendemain, le choc engendré par les propos antisémites tenus par le ministre. Le gouvernement a dû se désolidariser de ces « propos inappropriés ». Il a également fait sensation à la mort de l’avocat du Mrc, Sylvain Souop, prenant l’opinion à rebrousse poils, il faisait une confusion incroyable entre l’humérus avec le fémur pour expliquer la mort naturelle de son collègue de robe noire.

« Les gens racontent quoi ? Quel crime ??? La douleur de sa mort m’a conduit à mener à ma propre enquête. Notre confrère avait une fracture au fémur droit qui remontait au niveau de de la jointure de l’épaule. Il est lui-même venu au bloc sur ses pieds après que tous les examens aient été faits. On ne pouvait pas pratiquer une anesthésie locale. A peine avait-on commencé l’anesthésie que son cœur s’est arrêté. Malgré tous les efforts pour le faire repartir, rien n’a été possible, à la consternation générale !!! Je me suis renseigné à la source, vous pensez bien. Comment quelqu’un peut-il y voir y crime »,

s’indignait-il.

Que veut finalement Jean de Dieu Momo alias Fo’o Dzakeutonpoug?  N’a-t-il pas grand-chose à faire dans son ministère ? Vit-il à chaque instant avec la psychose d’être débarqué du gouvernement et se sent un peu obligé de faire un peu trop pour se démarquer de l’opposition ? Veut-il faire aussi bien que Foning Françoise dont on dit qu’il était proche ? A-t-il compris qu’il n’a pas les coudées franches pour détrôner l’opposition à quelque niveau que ce soit ?  Aux dernières élections nationales et locales, son parti le Paddec a montré toutes ses limites. Craint-il les conséquences politiques qui peuvent en découler ?

Toutes ces interrogations dénotent d’un Jean de Dieu Momo qui est à la croisée des chemins, faisant feu de tout bois pour conserver la confiance de Paul Biya. On se prend à rêver que l’affaire de Camus Mimb est venu lui donner l’opportunité d’enfiler une fois pour toute les vêtements de ministre et de quitter le fond des caniveaux des réseaux sociaux. A trop bien vouloir faire avec alias Fo’o Dzakeutonpoug, il court le risque de se fouler les pieds sur le tapis qu’il s’échine tant à vouloir nettoyer alors qu’il est clean en lui-même et par lui-même.

Léopold DASSI NDJIDJOU

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