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LA UNE - Opinion - Politique - 23 juin 2020

Cameroun > Jean de Dieu Momo: Le persécuteur de la République sur le chemin de Damas

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Depuis l’avènement de la démocratie au Cameroun, l’opposition politique radicale, une somme des leaders intransigeants, distinguée par une soif inextinguible d’en finir avec le régime de Paul Biya, s’est bien illustrée par des faits d’armes. Pleins feux sur la pérégrination de l’un de ces leaders : Jean de Dieu Momo.

Jean de Dieu Momo est un homme téméraire et entêté. Il n’abandonne pas visiblement les idées les plus folles qui peuvent jaillir de son fond hardi. C’est de ce fait un opposant bon teint qui n’abdique que très rarement devant les obligations qui sont supposées les siennes pour embarrasser le pouvoir. Aucun moyen n’est de trop pour arriver à fragiliser le régime, pour le faire tomber au besoin. C’est vrai qu’on annonce qu’il a fait ses classes sous les ailes bien déployées de la défunte Françoise Foning, la hardiesse incarnée en politique. Alors que le zèle de la maison Rdpc brûlait en Françoise, le désir d’une nouvelle République consumait sans cesse Jean de Dieu Momo. En 2001, dans l’affaire des 9 disparus de Bepanda à Douala, il va faire montre de toute sa témérité, se révélant comme «un activiste et virulent dénonciateur de la violation des droits de l’Homme ». Lui-même, se présente comme « un avocat de la résistance. C’est moi le maître Connolly de la résistance », lance-t-il à Jean Michel Nitcheu, le député du Sdf. En s’appropriant cette affaire qui embarrassait au plus haut point le régime, le natif de Bassessa Djiomock dans Bafou par Dschang à l’Ouest du Cameroun, par ses prises de position acerbes contre le pouvoir va s’attirer la sympathie d’une fraction importante de l’opposition dite radicale.
Après les émeutes de la faim de 2008, où à nouveau il défend les prévenus de cette crise, il en sort certainement été marqué, convaincu probablement qu’il lutte comme Don quichotte contre les moulins à vent ! Qu’importe, en mars 2010, il crée son parti politique, les Patriotes démocrates pour le développement du Cameroun (Paddec). Un an plus tard, il se jette dans la course à l’élection présidentielle. Son hardiesse est tout de suite affirmée, parce qu’il décide de lancer sa campagne présidentielle dans le village de Paul Biya. Un affront à peine dissimulé. Il sera empêché de tenir la campagne à M’voméka’a, officiellement parce qu’il n’aura pas demandé une autorisation. Personne ne sera dupe sur les mobiles mais Momo en sortira plus que jamais grandi au sein de l’opinion. Toujours en 2011, il se la lance dans l’art musical engagé, avec un album en cinq titres, baptisé le « Commandement opérationnel ». Dans ce titre éponyme, il exhorte les Camerounais à se lever pour prendre le pouvoir. En réalité, il en appelle à une insurrection pour renverser le pouvoir de Yaoundé. Malheureusement pour celui qui était conseiller municipal au sein du Conseil municipal de Douala 5ème, cette initiative sera échec et mat. A l’issue des élections, celui qu’on appelle affectueusement « l’avocat des veuves et des orphelins » suite à son engagement pour les neuf disparus de Bependa et les cas des émeutes de la faim de 2008, va obtenir 0,491%, occupant le 8ème rang sur 23 candidats. Une descente aux enfers ? Un désaveu populaire ? L’avocat qui ne prend pas des pincettes pour dire ses critiques au régime de Paul Biya, va commencer sa longue traversée du désert après ces élections. Il se plaindra de vivre un certain ostracisme qui frappe son cabinet d’avocat comme si quelqu’un avait monté une intelligence pour l’asphyxier. A l’image de Saul de Tarse qui fut frappé dans le désert par Jésus-Christ et sa vie changea du jour au lendemain, Jean de Dieu Momo va traverser ce moment difficile dans le stoïcisme, certainement convaincu qu’il n’était plus le même. A la veille de l’élection présidentielle de 2018, l’opinion découvrira combien le désert l’avait touché, transformé. Il voyait clairement, et reniait tout son passé politique grâce au brûlant désert de sept ans.
Léopold DASSI NDIJDJOU


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