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Afrique - 23 décembre 2021

Cameroun > Justice: Le Tribunal militaire de Yaoundé veut juger par force les prévenus du Mrc.

Alain Fogué, Olivier Bibou Nissack et des militants du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (Mrc) sont attendus vendredi dans cette chambre juridictionnelle.

Par Serge Aimé Bikoi

Mercredi, ces cadres du parti de Maurice Kamto y étaient attendus pour être jugés. Les mis en cause dénonçant une mascarade judiciaire ont décidé, comme par le passé, de ne pas se rendre au Tribunal militaire de Yaoundé. C’est ainsi que le juge a renvoyé l’affaire à la veille du jour des festivités de la nativité, en mentionnant : « Comparution forcée des détenus et citation à parquet des accusés libres« . Manifestement, tous seront jugés de gré ou de force tant il y seront conduits manu militari. La curiosité observée est que le juge peut rendre sa décision même en l’absence des prévenus. Cette décision du juge ne laisse guère indifférent le chef de poil des avocats du Mrc. Réagissant sur sa page facebook, Me Hyppolite Meli affirme : « Le colonel présidant le tribunal militaire ordonne, en conséquence, l’usage de la force publique armée, c’est-à-dire des brutalités sur les détenus civils, qui contestent la compétence de sa juridiction pour qu’ils soient conduits de force devant lui et qu’il les juge dans sa caserne militaire comme si le défaut de comparution serait un échec de mission ».

L’homme en robe noire ajoute, en guise de conclusion : »Le petit Noël militaire arrive pour Alain Fogué et autres. L’interrogatoire à l’audience sera-t-il aussi forcé ? »

En rappel, Bibou Nissack et Fogué avaient été, le premier, kidnappé à son domicile le 22 septembre 2020 et, le second, interpellé la veille de la marche pacifique alors qu’il se rendait au domicile de M. Kamto. Histoire de savoir pourquoi les forces de maintien de l’ordre avaient assiégé sa résidence. La programmation de la date de comparution forcée de ces cadres du Mrc intervient au moment où le leader national a lancé, le 21 décembre 2021, une camapgne nationale de libération des prisonniers politiques. « Libérez les prisonniers politiques ! » Tel est le slogan qui est porté sur le t-shirt noir qu’arborent la figure de proue de cette formation politique de l’opposition camerounaise et les membres du directoire. C’était au siège du parti à Odza. Une centaine de militants avaient été arrêtés au cours de la marche pacifique. Rendu à ce jour, l’on note une dizaine de libération et une quarantaine de militants condamnés. Les peines privatives de liberté s’étendent de 18 mois à 5 ans de prison ferme. D’autres encore prévenus avaient été inculpés pour « tentative de révolution, de rébellion, insurrection, attroupement aggravé et de défaut de carte nationale d’identité ».

Cette campagne de libération des prisonniers politiques est lancée alors que le 9 décembre 2021, le ministre de L’Administration territoriale (Minat) mettait en garde le président national du Mrc. Au cours de la seconde conférence semestrielle des gouverneurs, Paul Atanga Nji a tancé M. Kamto, en lui disant que ceux qui veulent la bagarre doivent avoir les pieds et les mains pour le faire. Le patron des gouverneurs avait expliqué que si cet homme politique veut servir le vent, il va lui servir la tempête. S’il veut servir la tempête, il va lui servir le Tsunami. « Quand le rouleau compresseur va commencer, il ne devra plus s’arrêter », conclut Atanga Nji.

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