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Cameroun > Le moi est haïssable: Mais parlons de nous vivants

Par panorama
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Par Serge Aimé Bikoi

Léontine Babeni, plus connue sous le pseudonyme de Babel, a rangé son microphone hier(4 juillet 2022). Certes, je n’ai pas connu cette “belle pierre culturelle”, pour reprendre l’expression de Marie Rose Nzie, mais en écoutant, depuis le début des années 90, la chaîne Fm urbaine, la Fm 94, quiconque n’ignore l’œuvre incommensurable apportée par Babel à cette radio de proximité durant des années jusqu’à sa dernière émission le 9 juin 2022. Tout comme personne ne fait tabula rasa de son apport au rayonnement de la culture camerounaise, notamment à travers la promotion et l’organisation du Festi-Bikutsi ou encore du Fescarhy(Festival de la caricature et de l’humour de Yaoundé). Babel est morte. Vive Babel! Puissent ses concepts continuer à être promus dans le kaléidoscope socioculturel local par son époux, le maestro René Ayina!

Le moi est haïssable. Mais parlons de nous vivants ! Si j’ai pu imposer les idées sociologiques dans les mass médias depuis des années en dépit des pesanteurs rencontrées, c’est en particulier grâce à un autre virtuose de l’animation qui, aujourd’hui, fait valoir ses droits à la retraite, mais qui avait, longtemps, œuvré, lui aussi, à la Fm 94. Il s’agit de Diop, le plus Sénégalais des Camerounais. Max Mballa Elanga est son patronyme. Dans l’émission “Poto poto”, qu’il avait, pendant des années, présentée, tous les samedis de 7 à 10h et 30mn, dans cette chaîne Fm commerciale, il y avait la rubrique que j’avais proposée, laquelle avait pour titre :”Point d’un vue d’un Sociologue”. En effet, il était question, dans cette rubrique, de répondre à cinq questions pour convaincre relativement à un fait d’actualité. A cette époque, je venais de soutenir, brillamment, mon mémoire de Maîtrise en Sociologie, option: Population et développement. Naturellement, l’aîné Diop n’avait pas hésité à m’offrir l’opportunité d’exposer, chaque samedi, sur une réalité sociale temporelle ou atemporelle. Corruption, prostitution, délinquance juvénile, pratique de l’homosexualité, criminalité urbaine, urbanisation, pollution de l’environnement, grossesses précoces, avortement, accès des femmes aux postes de responsabilité sont, entre autres, faits sociaux ayant fait l’objet d’essai décryptage dans la rubrique “Point de vue d’un Sociologue”. Pendant plus d’un an, j’avais animé cette rubrique de 10mn pour donner, modestement, la coloration scientifique à l’émission “Poto poto”, qui, du reste, était un programme informatif, didactique, éthique, satirique, humoristique et sarcastique. Deux talents de l’humour nous accompagnèrent à l’époque, en l’occurrence Massayo(paix à son âme) et Saleguo, que je n’ai plus aperçu ces dernières années. J’espère qu’il n’a pas, lui aussi, cassé son microphone. Seigneur!!!

Au cours de l’animation de ma rubrique, je fus, de temps en temps, accompagné par deux amis de longue date qui sont, eux aussi aujourd’hui, des journalistes rompus à la tâche. Il s’agit de Georges Alain Boyomo, Directeur de la publication du quotidien privé “Mutations” et de Jafet(Jean-François Ebode Tabi), journaliste en service à la direction de l’information de la Crtv-radio. G.A. Boyomo, qui est, aujourd’hui, un érudit de la presse écrite, aurait dû émerger dans le medium radiophonique puisque au départ, il fut l’un des présentateurs avérés et patentés des éditions de journaux à la Fm 94. C’était à l’époque où un autre  Jean-François,  Jean-François Nguegan était rédacteur-en-chef de cette radio commerciale. Malheureusement, la hiérarchie de la Crtv n’avait pas recruté G.-A. Boyomo. Mais avec l’avènement des radios à capitaux privés, dès la fin des années 90, “Radio campus” s’est frayé une passerelle dans le circuit médiatique. Savez-vous qui était alors le premier rédacteur-en-chef de cette radio universitaire ? Si je ne m’abuse, c’était Georges Alain Boyomo. C’est après être sorti de l’Esstic(École supérieure des sciences et techniques de l’information et de la communication) que Gab décide alors de faire carrière dans le monde de la prese écrite. Au départ, il offre ses services au quotidien “Le Messager” et est, d’ailleurs, affecté dans le septentrion. C’est quelques années plus tard que l’ancien correspondant du journal de feu Pius Njawe dépose ses valises au quotidien privé “Mutations”, où il est, d’abord, simple reporter, puis rédacteur-en-chef adjoint, ensuite rédacteur-en-chef et, au bout du compte, Directeur de la publication. C’est une parenthèse que je ferme illico presto sans m’en orgueillir. 

En dehors de Diop, le plus Sénégalais des Camerounais, qui m’avait offert un espace pour bien développer mes idées sociologiques au point où je suis, aujourd’hui, fort aguerri, il y a aussi, Jean-François Nguegan, qui, antérieurement, présentait l’émission “Tribune débat” sur l’antenne du poste national de la Crtv tous les lundis espace : 16-16h55mn. Celui qui est, aujourd’hui, Maître des conférences des universités à l’Université de Yaoundé II-Soa-Esstic et, parallèlement, Secrétaire général de cette école de formation, m’avait offert aussi cette tribune pour éclore mes courants de pensée sociologiques sur les faits sociaux. Je me souviens, en 2005, avoir exposé sur les approches fonctionnaliste et interactionniste de la prostitution au Cameroun, en focalisant l’attention sur le paradigme mertonien(Robert K. Merton) des fonctions manifestes et latentes de la prostitution dans les milieux urbains(Yaoundé et Douala) et sur le paradigme weberien(Max Weber) de l’acteur rationnel (la prostituée en posture de quête des espèces sonnantes et trébuchantes pour livrer son corps aux clients hétérogènes autant dans les quartiers populaires que dans les sites résidentiels). La seconde thématique avait porté sur les obstacles à l’accès des femmes aux postes de responsabilité au Cameroun. Le paradigme de la domination masculine théorisée par Pierre Bourdieu, Sociologue constructiviste, était le modèle théorique sur lequel je m’étais appuyé pour élucider la causalité endogène et exogène de la sous-représentation de de la gente féminine aux instances de prise de décision.

Aussi Sally Messio A Bediong, ancienne chef de la station de Crtv-Littoral et ancienne présentatrice d’un programme de débat télévisé sur l’antenne de la Crtv-télé, m’avait-elle mis le plat à l’étrier pour développer mes idées sociologiques en 2006. C’est cette dernière qui m’avait, d’ailleurs, offerte l’opportunité de faire ma première prestation en télé lors des débats.

M. Mballa Elanga, J.-F. Nguegan et S. Messio A Bediong, tous de la Crtv, ont contribué à m’offrir les espaces pour décrypter les réalités sociales de manière simpliste, claire et précise et pour avoir une visibilité et une notoriété médiatiques. N’oublions pas Serge Bertrand Pouth, ancien chef de chaîne de la Fm 105, qui, en 1999, était mon premier formateur en journalisme à la Fm 105 suelaba. Toute ma gratitude à vous chers Messieurs et dame ! Le moi est, certes, haïssable.

 Serge Aimé Bikoi, journaliste et sociologue.

Mais parlons de nous vivants ! Afin que nul ne l’ignore ! C’est le premier épisode. Le second épisode, c’est mon intégration à la Rts(Radio tiemeni siantou). Une autre partie de ma vie à retracer, de bout en bout, depuis 2006. Ce sera dans une autre tribune libre.

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