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Cameroun > Législatives/Municipales 2020: La bataille de la (non) participation

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Le 25 novembre 2019,date butoir du dépôt des listes des candidats aux élections législatives et municipales du 09 février 2020, Maurice Kamto, leader du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (Mrc), candidat arrivé officiellement en 2ème position à la dernière élection présidentielle du 07 octobre 2018,a pris tout le monde de court en annonçant la non participation de son parti aux scrutins à venir, alors que rien ne laissait présager une telle nouvelle.
Deux raisons majeures ont été avancées pour justifier cette décision .En premier lieu, la persistance de la crise socio politique et sécuritaire dans les deux régions anglophones du pays, où des accrochages réguliers ont lieu entre les forces de défense et de sécurité camerounaises et les groupes armés séparatistes depuis de nombreux mois.
Ensuite, il y a la non réforme consensuelle du système électoral déjà à l’origine d’une crise post-électorale au lendemain de la dernière présidentielle.
Maurice Kamto et son parti appellent les Camerounais à rester chez eux le 09 février 2020 ; surtout a tenu à préciser le leader du Mrc dans son message de vœux de nouvel an aux Camerounais le 31 décembre 2019, que le vote n’est pas obligatoire au Cameroun et que personne ne court aucun risque en allant pas voter.
Conscient du fait qu’avec le boycott du MRC, le taux de participation au double scrutin législatif et municipal revêt maintenant un grand enjeu politique, le Président de la République, Paul Biya a pour sa part ,appelé les Camerounais à se rendre massivement aux urnes le 09 février 2020 pour choisir leurs députés et conseillers municipaux dans son traditionnel discours à la nation du 31 décembre .
Au-delà du Chef de l’Etat et ses partisans, au fûr et à mesure que l’échéance approche, on observe dans l’espace public, principalement sur les réseaux sociaux, une sorte de « campagne » initiée par ceux qui sont contre le boycott du double scrutin à venir, afin d’amener le maximum d’électeurs à aller voter le jour des élections.
En première ligne parmi les initiateurs de la « campagne du non au boycott », se trouvent des acteurs de l’opposition ou ceux qui se présentent comme tels.
Ils s’évertuent à battre en brèche ou à relativiser les arguments développés par le MRC pour in finé espérer que les potentiels électeurs qui auraient pu voter pour ce parti, puissent tout d’abord effectivement se rendre aux urnes et ensuite voter pour eux.
Il y a lieu d’admettre que l’absence du parti de Maurice Kamto donne une réelle chance de succès à certains partis concurrents du Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (Rdpc) au pouvoir dans quelques circonscriptions.
Et pour capitaliser ce vent qui leur semble désormais favorable, il faut effectivement que ceux qui ne sont pas d’accord avec le régime en place puissent aller voter. Car en face, les traditionnels électeurs du parti au pouvoir vont se mobiliser.
Une faible participation des potentiels électeurs de l’opposition profitera donc à coup sûr au RDPC au détriment des candidats des partis politiques de l’opposition en lice que le Mrc considère désormais ouvertement comme des partis alliés du régime.
Au lieu de se rapprocher, les lignes semblent donc se creuser davantage dans le camp des groupes politiques censés s’opposer au pouvoir en place, qui de plus en plus s’opposent aussi, avec véhémence entre eux.
Cette situation risque encore décourager davantage l

Eric Boniface Tchouakeu, Éditorialiste, et conseillé éditorial de Panorama papers.

’électorat pro- opposition dans la perspective des élections du 09 février 2020, en plus du fait que l’ensemble des formations politiques de l’opposition en lice ne soient pas mathématiquement en mesure de remporter la majorité des sièges de députés à l’Assemblée Nationale, encore moins de contrôler la moitié des communes au soir du double scrutin législatif et municipal.


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