LA UNE Opinion Politique panorama 13 janvier 2020 (0) (1218)

Cameroun > Législatives/Municipales 2020 : Le Sdf face à son destin

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Au cours d’une conférence de presse organisée au siège du Social Democratic Front (Sdf) à Yaoundé, le 28 novembre 2019, soit quelques jours seulement après la clôture du dépôt des listes de candidatures, le 1er Vice-Président du parti, Joshua Osih a notamment affirmé que le Sdf conditionne sa participation effective au double scrutin législatif et municipal du 09 février 2020, par un retour effectif de la paix dans les deux régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, fiefs du parti.
La déclaration est intervenue quelques jours seulement après l’annonce par le leader du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (Mrc), Maurice Kamto, candidat arrivé officiellement 2ème à la dernière présidentielle du 07 octobre 2018, du boycott par son parti de ce rendez-vous électoral, notamment du fait de la persistance de la crise socio politique et sécuritaire dans les régions anglophones.
Du coup, certains avaient commencé à croire que le Sdf pourrait imiter le Mrc en boycottant à son tour les élections à venir, au regard de la principale condition à une participation effective au double scrutin posée par le parti de la balance.
Car beaucoup doutaient de la pacification complète des régions anglophones avant le jour des élections après trois (03) années ininterrompues de crise, au regard du laps de temps relativement court qui séparait l’annonce publique de la position et le grand défi que le pouvoir devait relever.
A l’approche des élections couplées, des résidences de plusieurs hauts cadres du Sdf en quête de réélection dans ces régions ont été incendiées.
De nombreux candidats du parti en lice dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest ont reçu et reçoivent même encore des menaces de mort provenant des membres des groupes armés séparatistes.
Cette situation a déjà poussé certains parmi eux à annoncer publiquement qu’ils renoncent à se présenter à ces élections dans l’optique de préserver leurs vies et peut-être celles de leurs proches.
Aucune liste du Sdf en compétition dans ces régions n’a cependant officiellement été retirée. Il est important de préciser que les élections législatives et municipales se font au scrutin de liste au Cameroun.
En dépit de cette pénible situation pour lui, le Sdf ne devrait pas pour autant se retirer du processus électoral en cours.
Le pouvoir vient d’envoyer 700 gendarmes supplémentaires en renfort dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest pour sécuriser le double scrutin législatif et municipal. Cela peut être utilisé comme argument par le parti pour justifier son non retrait même si les violences s’y poursuivent.
Le leader du Sdf, John Fru Ndi, juste avant de s’envoler pour l’étranger pour y subir des soins de santé, vient d’accorder des interviews à plusieurs organes de presse dans lesquelles il ne remet pas en cause la participation de sa formation aux élections du 09 février prochain.
Par ailleurs, à moins de deux semaines de l’ouverture officielle de la campagne électorale,

Eric Boniface Tchouakeu, Journaliste éditorialiste. Chef de chaîne Rts. Conseiller éditorial.

de nombreux candidats du parti se sont déjà investis notamment financièrement dans le processus.
Même si le Sdf est certain de ne pas pouvoir obtenir la majorité à l’Assemblée Nationale , nécessaire pour faire passer ses réformes, encore moins de contrôler un nombre significatif de communes, au regard du nombre de ses listes en compétition, il ambitionne néanmoins après le grand échec à la présidentielle à laquelle son candidat n’est arrivé qu’en 4ème position, de demeurer même symboliquement au sein des institutions.


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