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Afrique - Culture - 5 janvier 2021

Cameroun > L’ère du “Mbolé”: Parti des veillées mortuaires pour la scène

Ce rythme musical permet, aujourd’hui, à plusieurs jeunes de faire les récits de vie sur leur quotidien ambiant dans les quartiers populaires des métropoles.

Petit Malo est le premier à sortir le “Mbolé” des sous qurtiers pour un studio d’enregistrement. Selon son manager, Boris Lontsi, le candidat malheureux de la compétition “Miitzig star” en 2015 conduit le public dans son “kwata”, où les “go camer”, “Yamo” les stupéfiants. Il a montré la voie. Aujourd’hui, le “détecteur des Ngué”, Petit Bozart se sert du djembe, des maracas et des castagnettes pour faire planer les gars,du ghetto et appeler à l’unité nationale. Or, Ellano Boss chasse “le corona” au nom de “Jésus” à partir d’un autre instrument atypique appelé le “répondant”, le Claquement des mains.

Sous forme d’atalaku (propos flatteurs), Pimenteur Nyang exprimé le désir des enfants de la rue à changer de vie. Paco Junior, quant à lui, propose aux rageux les habitudes à adopter afin d’échapper aux terreurs physiques du quartier.

Samedi soir, c’est le “Ndjocka” avec le groupe Crazy Mix. Dans cette chanson, les trois enfants exécutent la danse de la maitresse, de la marmite, de la trompette, le “Bang la tête” et du “mongol”. Des comportements inhabituels exécutés avec humour. Les médecins de Medeline révolutionnent le “Mbolé” avec “le pied de Yagami”. Joël la fleur conduit ses fans dans un système “Mimbong mi Mani bé”. A seulement 16 ans, Happy d’Efoulan s’interroge, entre autres, sur la présence des hommes d’église dans les îlots de plaisir et de loisir dans la nuit, sur la présence du pape au mariage des homosexuels. Les “Kankans boys” sont intervenus quelques semaines après pour revendiquer la paternité du morceau “O tchapeu tchapeu”, en ajoutant quelques autres clichés rustres de la vie mondaine du genre : “Coco Argentée vient faire quoi dans la chambre de Co-C.

Des stars du football s’identifient au rythme du “Mbolé”, en l’occurrence Oyongo Bitolo, Choupo Moting, Charlene Eyong, Idriss Carlos Kameni et Alexandre Song. Ces footballeurs encouragent même cette sonorité sur les réseaux sociaux. D’autres artistes-musiciens locaux ont emboîté le pas aux praticiens du “Mbolé”. Roger Samnig du groupe X-Maleya a chanté “Piripipi” au rythme du “Mbolé”, tout comme Jocelyn Bizarre dans “Essam seugle” ou encore Michael Kiessou dans le titre “Mbolé Benam”.

Les “Mboleyeurs” et leurs déviances

La particularité des chanteurs du “Mbolé” réside dans le fait que ces jeunes, au cours des cérémonies funéraires, s’enlisent dans la consommation de l’alcool, du tabac, des drogues de toutes sortes, sources de délinquance, de bagarres et de nuisances multiples. L’enjeu consiste à se défouler et à rester éminemment éveillés en pleine jactance scénique. L’alcoolisme, la toxicomanie, le tabagisme sont des déviances qui auguillonnent les milieux des “mboleyeurs” ternissant, pour ainsi dire, l’image de cette catégorie sociale qui fait ses premiers pas dans le champ de l’art musical. En se livrant, à satiété, à la consommation des substances, des toxines et des produits alcooliques, des jeunes participent, au fil des années, a dégrader leur personnalité sociale de base et risquent de faire long feu dans leur carrière. Pourtant, l’aventure dans l’industrie de l’art musical nécessite de polir l’image de toute personne pour meubler une belle carrière durant des années. Mais avec ces formes de dérives sociales, la carrière de ces jeunes figures risque d’être éphémère.

Serge Aimé Bikoi

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