Par Julie Peh
La liberté de la presse au Cameroun est une préoccupation majeure. Malgré les avancées constitutionnelles et légales, les journalistes et les médias font face à des défis importants. Marion Obam, présidente du Snjc, et Hilaire Hamekoue secrétaire général du Bureau exécutif national ,lors d’un point de presse organisé ce mercredi 02 octobre à Douala, ont exprimés leurs vives préoccupations face aux assauts contre la liberté de la presse au Cameroun.
Menaces contre la Presse Camerounaise
Le Conseil National de la Communication (Cnc) a récemment infligé des sanctions à cinq médias et plusieurs journalistes lors de sa 43e session ordinaire le 08 août . Ces sanctions comprennent des avertissements et des suspensions pouvant aller jusqu’à six mois.
En rappel plusieurs journalistes ont déjà été interpellés, gardés à vue, torturés et tués au Cameroun. Parmi eux figurent : Martinez Zogo, journaliste d’investigation tué en janvier 2023 , après avoir dénoncé la corruption.
Samuel Wazizi journaliste tué en détention en 2020.
Jeanne Etougou, menacée pour ses reportages sur la corruption.
7 journalistes et hommes de médias dans la région du Grand Nord, ont été convoqués par les renseignements généraux en septembre 2024.
Depuis quelques temps, les autorités administratives et les forces de maintien de l’ordre du Cameroun ont intensifié leurs assauts contre la liberté de la presse. La loi des finances exige que les journalistes doivent désormais payer 100 000 Fcfa pour toute accréditation de couverture d’un événement au Cameroun.
Le Snjc à travers une déclaration , a dénoncé ces agissements qui visent à restreindre l’espace de liberté de presse et demande au gouvernement de payer aux médias toutes couvertures pour leurs activités et en avance, afin de prendre dans ce
paiement les 100.000fr Cfa de l’accréditation. Il
appelle également ses membres a boycotter les évènements du gouvernement , si rien n’est fait pour mettre sur pied un cadre propice à l’épanouissement de la presse au Cameroun.
Un nouveau guide pour les journalistes camerounais
Lors de ce point de presse , le Bureau exécutif national (BEN) a présenté le livre intitulé « guide de protection juridique du journaliste ». Cet ouvrage a été édité en français et en anglais par la Fédération Internationale des Journalistes (Fij) et redigé par Maître Rosine Wangue, avocate au barreau du Cameroun. Les journalistes de la région du Littoral recevront un exemplaire le 2 novembre 2024, à l’occasion de la Journée internationale de la fin de l’impunité pour les crimes commis contre les journalistes. Ce nouveau guide est une ressource indispensable pour les journalistes qui souhaitent exercer leur profession en toute sécurité , en conformité avec les lois et réglementations des principes éthiques et déontologiques de la profession.
Appel à l’Action
En définitif, le Snjc appelle les patrons de presse à la vigilance et invite les journalistes à continuer leur travail au service d’une nation démocratique et prospère, « car la presse n’est pas le problème, elle fait partie de la solution ! »