Home Médias Cameroun > Liberté de la presse : le journalisme entravé «totalement ou partiellement» dans 130 pays
Médias - 2 semaines ago

Cameroun > Liberté de la presse : le journalisme entravé «totalement ou partiellement» dans 130 pays

Dans le classement 2020 de Reporters Sans Frontières, le Cameroun occupe le 134e rang mondial en matière de liberté de la presse. Soit trois places de moins qu’en 2019.

Le rapport évoque une “permanence des menaces sur l’exercice du journalisme, notamment pour traiter les sujets les plus sensibles comme la crise anglophone et la lutte contre le terrorisme”.

La pandémie de coronavirus a permis aux gouvernements d’empêcher le travail d’enquête des journalistes, et à des groupuscules de les agresser, alerte Reporters sans frontières (Rsf). Le journalisme est le principal rempart contre la « viralité de la désinformation », selon Rsf, 130 pays sur 180 étudiés.

 Dans 130 pays, l’exercice du journalisme est « totalement ou partiellement bloqué », alerte Reporters sans frontières (Rsf) en publiant ce mardi son classement annuel mondial de la liberté de la presse. Il ne s’agit pas que de jeux de pouvoirs, de tentatives d’influence, de « bons conseils », non : selon Rsf, 73 % des pays évalués se caractérisent par des situations jugées « très graves », « difficiles », ou « problématiques » pour la profession.

À l’inverse, 12 pays affichent une « bonne situation ». C’est 7 % des Etats du monde, contre 8 % l’an dernier, une zone vertueuse, représentée en blanc, qui n’avait pas été aussi réduite depuis 2013. En haut du tableau, la Norvège conserve la première place pour la cinquième année consécutive, devant la Finlande et la Suède, redevenue troisième au détriment du Danemark (4e, -1), et devant la Nouvelle-Zélande.

L’Allemagne (13e, -2) est sortie de cette zone blanche car des dizaines de journalistes ont été agressées « par des manifestants proches des mouvances extrémistes et complotistes lors de rassemblements anti-restrictions sanitaires », résume Rsf.

Il n’y a pas que des groupuscules qui se sont érigés contre la liberté de la presse : la pandémie de Covid-19 a représenté « une forme d’opportunité pour des Etats qui ont pu restreindre la liberté de la presse », souligne à l’Afp le secrétaire général de Rsf, Christophe Deloire. Elle a ainsi exacerbé la répression dans les pays les plus muselés comme l’Arabie saoudite (170e) ou la Syrie (173e, + 1), d’après l’Ong. En Russie (150, -1) elle a été l’occasion de « limiter la couverture » des « manifestations liées à l’opposant Alexeï Navalny ».

Dans de nombreux pays, la pandémie a aussi

provoqué une énorme fermeture des accès au terrain et aux sources pour les journalistes, « pour une part légitime, quand il s’est agi de précautions sanitaires, mais aussi illégitime. Dans les deux cas, la question, c’est : ces accès seront-ils rouverts ?

s’alarme Christophe Deloire.

La situation est d’autant plus préoccupante que le journalisme est le principal rempart contre la « viralité de la désinformation par-delà les frontières, sur les plateformes numériques et les réseaux sociaux », parfois alimentée par le pouvoir. Les présidents Jair Bolsonaro au Brésil (111e, -4) et Nicolás Maduro au Venezuela (148e, -1) ont ainsi « fait la promotion de médicaments dont l’efficacité n’a jamais été prouvée par le monde médical », rappelle l’Ong. En outre, « insultes, stigmatisations et orchestration d’humiliations publiques de journalistes » sont « devenues la marque de fabrique du président Bolsonaro ».

La France à la 34e place

En Iran (174e, -1), les autorités ont « multiplié les condamnations de journalistes pour mieux minimiser le nombre de décès liés » au Covid-19. L’Égypte (166e), elle, interdit « la publication de chiffres sur la pandémie autres que ceux du ministère de la Santé ». La Malaisie, qui enregistre le décrochage le plus net (119e, -18), a récemment adopté « un décret anti-fake news » octroyant au « gouvernement le droit d’imposer sa propre version de la vérité ». Et en Hongrie (92e, -3), où le régime de Viktor Orbán « assume de façon décomplexée » la répression de la liberté de la presse, l’information sur le coronavirus est « bloquée » notamment par la législation d’urgence en vigueur depuis mars 2020, qui criminalise « la diffusion de fausses informations ».

Au bas du classement figurent toujours la Chine (177e), devant le Turkménistan (178e, + 1), la Corée du Nord (179, + 1) et l’Érythrée (180e, -2).

Outre-Atlantique, la situation reste « plutôt bonne » aux Etats-Unis (44e, + 1) « même si la dernière année du mandat de Donald Trump s’est caractérisée par un nombre record d’agressions (près de 400) et d’arrestations de journalistes (130) ». Enfin, si elle reste le continent « le plus violent » pour les journalistes, l’Afrique connaît quelques embellies avec le Burundi (147e, + 13), la Sierra Leone (75e, + 10) et le Mali (99e, + 9).

Pierre Laverdure OMBANG  Avec le Parisien

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