LA UNE Médias panorama 22 avril 2020 (0) (244)

Cameroun > Liberté d’expression: un pluralisme de façade

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Le Cameroun occupe, dans le dernier classement de Reporter sans frontières(Rsf), le 134eme rang sur 180. Le pays de Paul Biya poursuit, en effet, sa longue marche arrière en matière de liberté de la presse.

Champion africain des coupures internet en 2017, le Cameroun a, de nouveau, connu des perturbations de son réseau à la suite de la réélection de Paul Biya pour un septième mandat en octobre 2018. Ce scrutin aura été entaché de nombreuses exactions commises à l’encontre des journalistes et des médias : menaces; agressions; intimidations et arrestations se sont multipliées en marge de l’élection et lors de la contestation des résultats de cette échéance post-électorale qui a suivi. Les détentions arbitraires de journalistes et les poursuites, notamment devant des tribunaux militaires ou des juridictions spéciales ne sont pas rares dans le pays. La loi antiterroriste de 2014 avait été utilisée pour maintenir en prison le correspondant de RFI pendant deux ans et demi.

La détention provisoire prolongée et sans condamnation, depuis 2016, de l’ancien dirigeant de la radiotélévision publique camerounaise, Amadou Vamoulke, symbolise, à elle seule, le poids des représailles qui peuvent s’abattre sur des journalistes qui font de l’indépendance et de la résistance aux ingérences du pouvoir une ligne de conduite professionnnelle. La permanence des menaces sur l’exercice du journalisme, notamment pour traiter les sujets les plus sensibles comme la crise anglophone et la lutte contre le terrorisme, fait régner une atmosphère de crainte et d’autocensure.


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