Home Politique Afrique Cameroun > Lutte contre la corruption: des élus élaborent des recommandations pour booster le travail de la Conac
Afrique - 2 semaines ago

Cameroun > Lutte contre la corruption: des élus élaborent des recommandations pour booster le travail de la Conac

1652 milliards de Fcfa C’est le montant que la Commission nationale anti-corruption a recouvré de 2013 à 2017.

C’est la substance de la déclaration faite, ce jour (jeudi, 8 avril 2021), au palais des congrès de Yaoundé par Dieudonné Massi-Gams. C’est au cours d’une séance plénière spéciale consacrée à la présentation des avancées de la lutte contre la corruption au Cameroun et des attentes de cet organe. Après des échanges entre les députés et le président de la Conac, des recommandations ont été formulées, dont voici la synthèse.

Sur le plan de la mise en œuvre de la stratégie nationale de lutte contre la corruption, les élus de la nation ont convenu de mettre en place, au sein de chaque administration, des cellules de lutte contre la corruption. Il s’agit, dans la même veine, d’évaluer régulièrement les stratégies de lutte contre ce fléau et de déployer les mécanismes de dissuasion. Mettre en place un mécanisme efficace de confiscation des biens mal acquis et de recouvrement des avoirs illicites à titre préventif et définitif. Élaborer des mesures incitatives pour la dénonciation des cas de corruption et de blanchiment des capitaux et adopter un mécanisme de protection des lanceurs d’alertes.

Autres mesures non des moindres créer une véritable synergie de collaboration au-delà du numéro vert entre les services de la Conac et les populations aux fins de faire de la lutte contre la corruption un devoir citoyen à travers la sensibilisation, l’information et l’encouragement de toutes natures. Introduire les modules sur la corruption dans les curricula pédagogiques à partir du cycle primaire. Identifier les nœuds administratifs qui favorisent la corruption et procéder à une simplification des procédures administratives, voire à leur dématérialisation.

Aussi faut-il promouvoir la probité, l’éthique et la déontologie dans la gestion des affaires publiques au sein des bureaucraties étatiques et dans le secteur privé. Redynamiser l’opération Épervier et ne pas la limiter au cas de gros détournements, mais à tous les cas et la médiatiser davantage afin de renforcer la sensibilisation de tous les citoyens. Fixer le plafond pour les paiements en numéraires de toutes transactions pécuniaires dans le secteur public dans le secteur privé, la manipulation des espèces favorisant la corruption et sa non-traçabilité.

Sur le plan législatif et réglementaire, les députés ont pris les recommandations de mettre en application, de manière effective, l’article 66 de la Constitution sur la déclaration des biens et d’introduire, dans le corpus législatif, l’enrichissement illicite et sans cause, qui a l’avantage de mettre la preuve des biens mal acquis à la charge de l’accusé et non de l’accusation. Il est question de renforcer les compétences et l’indépendance de la Conac avec, entre autres, l’élargissement de son champ d’action au secteur privé et la possibilité de saisir les instances judiciaires suite aux constatations. Finaliser enfin le projet de texte sur la lutte contre la corruption et le déposer au parlement.

Serge Aimé Bikoi

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