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Cameroun | Lutte contre le changement climatique: Les enjeux d’un dialogue pour intensifier l’accès aux énergies renouvelables

Le conclave des différentes parties prenantes a eu lieu le 14 juin dernier à Yaoundé.

Par panorama papers
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Par Léopold DASSI NDJIDJDOU

Le Cameroun s’est engagé à réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 32 % d’ici 2035, dans le cadre de l’accord de Paris, Cop21 tenu du 30 novembre au 12 décembre 2015 à Paris où il était prévu une baisse des émissions mondiales de 40 à 70% d’ici à 2050. A date, la problématique est de concilier les objectifs de développement du Cameroun contenus dans la Snd30 avec cet engagement. L’énergie fossile qui est au cœur du développement suscite toutes les préoccupations en raison de sa nocivité, de sa pollution. « Donc l’enjeu, l’un des angles d’attaque, l’un des instruments de lutte contre le changement climatique dans la perspective de la résilience, passe par le recours aux énergies renouvelables. Je pense que l’Alliance panafricaine pour la justice climatique (Pacja) que porte Augustine Njimshi, a une idée très opportune de nous rassembler ici pour que nous puissions ensemble voir quelle est la feuille de route prioritaire ? Quels sont les moyens de convergence ? Quels sont goulots d’étranglement qu’il faut lever pour véritablement atteindre les objectifs affichés en termes de mixes énergétiques », s’est prononcé Paul Tchawa, le secrétaire général du ministère de l’Environnement, de la protection de la nature et du développement durable (Minepded), représentant le ministre Hele Pierre. Il a poursuivi en indiquant qu’il est important de passer de la parole aux actes concrets. « Quand on regarde la prolifération des mototaxis, quand on regarde ce qui se passe à Dokoti (un quartier de Douala) entre 17h et 18 h on se demande si ce défi pourra être levé. Ce n’est pas en laissant ce mode de transport en milieu urbain prospérer que nous atteindrons les objectifs de réduction des émissions. Quand on regarde le rythme assez lent à mon sens avec lequel les municipalités passent aux énergies plus propres, quand on regarde cela on se dit véritablement, nous prenons du retard », a insisté le géographe. Bien plus encore, selon la Banque africaine de développement (Bad), seulement 18 % de la population avait accès à l’électricité en 2013, et 60 % de la capacité installée reposait sur l’hydroélectricité, vulnérable aux variations saisonnières et aux impacts du changement climatique.

Cette situation incite les pouvoirs publics à recourir à l’énergie fossile, extrêmement polluante à l’exemple du gaz et du carburant. « Vous savez, le changement climatique est une réalité et les pays en développement tel que le nôtre, payent un lourd tribut parce que nous avons des écosystèmes qui séquestrent. Les émissions des gaz à effet de serre de notre fait sont extrêmement limitées. On parle de 3,5 à 4% tout au plus. Nous n’émettons presque rien, nos forêts séquestrent énormément mais en retour on fait face à de grosses difficultés. L’un des leviers sur lequel il faut agir, c’est le climat. Il faut faire en sorte que nous quittions progressivement les énergies fossiles sans compromettre notre marche vers le développement. Que nous quittions les énergies fossiles et que nous maintenions la cadence dans le sens de la Snd30 en recourant aux énergies renouvelables », a évoqué par ailleurs la partie gouvernementale. De ce point de vue, le Cameroun est richement doté, à l’exemple de l’éolien, le solaire, la biomasse et l’hydroélectricité. Sur cette dernière, le Cameroun a développé plusieurs politiques et plans pour promouvoir le développement des énergies renouvelables, comme le Plan de développement du secteur énergétique, qui vise un taux d’électrification de 75% d’ici 2030.

Une note d’orientation (Policy brief)

« C’est un dialogue inclusif qui sera sanctionné par un policy brief. Il sera présenté aux parlementaires et aux autorités pour que le Cameroun accède au top des pays qui ont accès à l’énergie renouvelable dans un contexte de changement climatique », a pour sa part précisé Augstine Njamshi, l’organisateur du dialogue et président de l’Alliance panafricaine pour la justice climatique (Panafrican climate justice alliance (Pacja). Il est question de s’associer l’expertise de l’Observatoire national sur les changements climatiques (Onacc) et d’autres acteurs pour mettre sur pied un document synthétique clair, permettant aux députés, aux sénateurs de discuter sur une base plus équilibrée avec le gouvernement.

Au parlement, à l’heure des débats sur la question, il faudrait qu’il y ait du répondant de la part des élus et non une sorte d’asymétrie qui ne permet pas d’avancer. Cela devient une urgence surtout au moment où le Cameroun s’est engagé à revoir à la hausse son engagement vis-à-vis de l’Accord de Paris. « Il nous appartient maintenant de travailler pour que les énergies renouvelables soient la locomotive dans cette stratégie pour un développement solidaire et propre », a prescrit le Minepded.

En outre, il a indiqué qu’en termes de moyens, une fois que les partenaires au développement ont compris qu’un pays est cohérent dans sa démarche, qu’il y a de l’adhésion de tous, quand ils ont compris qu’il y a un consensus autour de la vision, « je crois que les besoins de financement ne constituent plus un handicap », a-t-il conclu sur ce point. « Au début quand il y avait les plaques solaires, on se disait que c’est bien mais ça coûte trop cher. Progressivement on a vu que cette énergie se popularise, les coûts sont tombés, maintenant, il faudrait que nous ayons l’intelligence, que nous travaillions à l’inventivité de nos jeunes dans les universités, dans les centres de recherche. Personne ne nous oblige à utiliser uniquement les innovations venues d’ailleurs. Moi, je crois que c’est quelque chose de faisable et ces priorités sont contenues dans la stratégie nationale de développement à l’horizon 2030. Il nous appartient de nous mobiliser mais l’un des discriminants est de le faire sur une base consensuelle. Il ne faut pas qu’il ait un acteur qui soit laissé sur le quai de la gare. Une fois que cela est fait, et que l’Etat se rend compte que c’est constructif, c’est positif, c’est consensuel, il met en œuvre les moyens qu’il faut pour qu’on atteigne les objectifs » a réaffirmé le ministère de tutelle.

En ce qui concerne les moyens et les ressources, le ministère a souhaité que la Pacja, se mette avec les autres pour regarder les opportunités disponibles dans le cadre du Fond d’aide pour le climat. Une structure qui ambitionne de financer à la fois les projets structurants d’adaptation et d’atténuation. Les secteurs les plus susceptibles d’être financés vont comprendre entre autres l’énergie, le transport, l’habitat. En reconfigurant la façon de concevoir l’habitat, on peut réduire énormément ce que le pays dépense comme énergie et le fond vert climat dispose des concepts notes dans ce sens. Par ailleurs, à ce dialogue multipartite, le gouvernement était fortement représenté d’une part par le ministère de l’Environnement, de la protection de la nature et du développement durable (Minepded), représenté par le secrétaire général de son département, Paul Tchawa ; le représentant du premier ministère et les représentants des ministères sectoriels.

D’autre part, il avait le secteur privé, la société civile, les partenaires au développement et les universitaires. Il y a lieu de souligner que ce dialogue politique était organisé par l’Alliance panafricaine pour la justice climatique (Pacja) ans le cadre du mandat de son projet qui a pour but « d’assurer une transition énergétique centrée sur les personnes en Afrique grâce à l’engagement de la société civile ». Ce projet est soutenu par le gouvernement allemand à travers l’initiative internationale pour le climat (Iki).

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