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Afrique - 5 octobre 2021

Cameroun > Malaise politique: La bâtardise des ministres honnis dans les bases du Rdpc

La guerre ouverte née du renouvellement du leadership en cours au sein du Rdpc, soulève la question du poids politique des ministres du gouvernement animé par Joseph Dion Ngute.

Ça a bardé dans tout le pays, en dehors bien sûr des deux régions troublées du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Les batailles sanglantes, sans limite entre les différentes élites du parti présidentiel, ont animé les chaumières ces derniers temps. Il était question au demeurant, et tous les militants du Rdpc l’avaient compris depuis les législatives de l’année dernière, de renouveller le personnel politique au sein du parti dont le logo est la flamme.

Il avait s’agit en l’occurrence pour le Rdpc d’invalider à quelques exceptions près les candidatures des députés qui avaient déjà rempli deux mandats à l’Assemblée nationale. Le renouvellement de l’équipe dirigeante au sein du Rdpc du sommet à la base se présente donc comme une aubaine pour la nouvelle garde qui piaffait d’impatience depuis des décades d’en découdre avec les faucons du parti, ceux qui tiennent d’une main de fer leur position. Ici, on y est et on y reste, on ne lâche rien, telle est leur devise. En réalité, Paul Biya en s’engageant de renouveller son personnel politique et lui peut-être avec, qui peut le savoir, a soulevé un pan de voile de la boîte de Pandore.

Des esprits particulièrement remuants, des maléfiques plus que tout autre, se sont jetés dehors et piétinent copieusement les plates bandes des élites politiques établis, si ce n’est des ministres, pour qu’ils mordent la poussière de manière évidente à la sortie de ces opérations politiques. Tous les ministres en poste peuvent le confesser s’ils ont une once de sincérité ou de lucidité, qu’une intelligence malicieuse leur a savonné le plancher au cours de ces élections internes au Rdpc, les contraignant pour la plupart soit à rouler ouvertement avec la vitesse frein à main, soit en sous-marin avec tous les tirs nourris concentrés sur leur personne.

Cette situation spécifique au Cameroun, où les ministres sont comme des administrateurs, sans aucune base politique, continue de faire son chemin, tel un fleuve qui conduit vers des précipices certaines. Combien sont-ils, les ministres qui le sont devenus, en s’appuyant sur les leviers d’une base politique acquise et inébranlable ? Combien? On peut ergotter du cas de Bangangte comme on le voudra, mais au finish, il y a lieu de reconnaître que Ketcha Courtès est un ministre au sens plein du terme. Elle tient le Nde-nord et ce n’est pas rien. Elle a fait valoir tout son caractère en descendant ouvertement dans l’arène avec toutes ses auréoles ministérielles, courant le grave risque de se faire ridiculiser ou invalider définitivement par le clan Niat Njifendi. Le résultat est là même si le déroulé de la partie est par endroit calamiteux.

En dehors du Ndé, le feu a parlé également dans le Sud et ailleurs, où les supposés ministrables, légitimes ou putatifs, ont ouvert le feu sans ménagement sur ce qui était autrefois considéré comme des icônes politiques. Au pas de course, la compétition voulue démocratique, s’est transformée en un champ de ruines de transparence et de lucidité, où tous les coups tordus s’invitaient au menu des moyens les plus usités. Au bout de course, qu’on le veuille ou pas, ces ambiances surchauffées et incendiaires traduisent toute la bâtardise de beaucoup des ministres de l’équipe Dion Ngute. 

Le poste ministériel en question

Le ministre au Cameroun est un poste de privilègiés et des priviléges. Les batailles ouvertes et souterraines au sein du Rdpc et de certains de ses alliés, se réduisent au contrôle de certains postes ministériels stratégiques d’une part et à la maîtrise du mécanisme de redistribution ou de récompense d’activités, d’entreprises ou d’activismes politiques d’autre part.

Est ministre en premier lieu celle ou celui qui peut répondre aux besoins pressants, immédiats de la population à la base. Il peut de ce fait dans son fief ou village, le temps d’un week-end, offrir les repas les plus somptuaires, gargantuesques,  et en semaine, répondre devant son portail assiégé au petit matin par des militants à la recherche de leur pitance du jour, ou faire des galipettes incroyables pour trouver la seconde qui sied pour s’atteler aux exigences administratives du poste.

C’est dire que le poste ministériel au Cameroun est un pot de miel servi qui attire toujours et encore plus d’abeilles dans la vie et aux alentours de celui qui le possède. De ce fait, les ministres ne sont pas épanouis, car à défaut de contenir idéologiquement une base ouverte à toutes les sinènes et aux plus offrants, ils se croient obligés de se vautrer dans des considérations bassement ethniques ou tribalistes pour conforter leur maroquin ministériel.

Il est ainsi écartelé entre le souci de tenir une base politique qui lui échappe sans cesse et les moyens y afférents qui lui sont inaccessibles. Le ministre camerounais vit de ce fait une ascension vers les sommets comme le fit Sisyphe, conscient que du jour au lendemain, il il peut se retrouver au sommet ou au pied de la montagne, au sifflet d’Etoudi qui retentit pour une redistribution des cartes. Alors? Ceux qui se battent et incendient sont-ils conscients de toutes les peines ministérielles ? On ne saurait en douter, plus les peines sont grandes, plus les Camerounais sont motivés à relever les challenges politiques.

Léopold DASSI NDJIDJOU

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