Afrique LA UNE Politique panorama 2 juin 2020 (0) (376)

Cameroun > Manifestations publiques: Les Etats-unis nous parlent

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La ville de Minneapolis aux Etats-unis, est le théâtre de violentes émeutes depuis plusieurs jours, après la mort de George Floyd, asphyxié lors d’un contrôle de police. Âgé de 46 ans, cet afro-américain a perdu la vie après que le policier, auteur de sa mort, l’a immobilisé à même le sol, bras menottés, en posant le genou de son pied droit sur sa nuque, l’empêchant ainsi de bien respirer. Après avoir répété plusieurs fois qu’elle ne parvenait plus à bien respirer, la malheureuse victime est devenue inconsciente avant de succomber en cours de route lors de son transfert à l’hôpital pour une réanimation. Depuis le 25 mai 2020 qu’il est décédé, les américains ont décidé de ne pas laisser passer cet acte impunément. Malgré l’inculpation de l’auteur du crime pour homicide involontaire à la fin d’une enquête dirigée par le Fbi sur instruction de la maison blanche, cela n’a pas calmé les ardeurs de révolte du peuple américain. Au regard de l’enlisement de la situation, les policiers exerçant au commissariat de Minneapolis, ont décidé de faire un mea culpa au nom de leur collègue fautif -par un geste propre à la police américaine-, en posant un genou au sol devant le public.

Un acte salué et apprécié par plusieurs internautes bien que cela ne ramènera jamais à la vie le sportif doué et artiste de hip-hop connu à Houston et que les mouvements de protestation se poursuivent pour que plus jamais ce genre de bavure ne se répète. Et si la police camerounaise en faisait souvent autant ? De plus en plus au pays du vert, rouge, jaune, les bavures policières sont légions. Garants de la sécurité des biens et des personnes, certains policiers semblent avoir oublié le rôle qui est le leur. Si l’on s’en tient uniquement à la période allant de la phase postélectorale des présidentielles d’octobre 2018 jusqu’à nos jours, il y’a tellement à dire et à redire surtout concernant les actes commis en violation grave des droits et des libertés des Hommes. Le 26 janvier 2019 par exemple, à l’occasion des « marches blanches » du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (Mrc) en vue de la contestation des résultats des élections d’octobre 2018 prononcés par le Conseil constitutionnel, la police a tiré sur les pieds de Me Michèle Ndoki et Célestin Djamen à Douala. Quelques mois plus tard, le 30 janvier 2020, la police a copieusement arrosé les enseignants dans la ville de Yaoundé alors que ces derniers manifestaient pacifiquement réclamant un enterrement digne –des hommages académiques- de leur collègue, Boris Tchakounté, assassiné par son élève au lycée classique de Nkolbisson.

Pays démocratique

Bien plus pire encore, certains éléments des forces de défense et de sécurité bien que n’étant pas de la police, mais qui sont aussi chargés de veiller à la sécurité des biens et des personnes, ont massacré des civils à Ngarbuh dans la région du Nord-ouest dans la nuit du 14 au 15 février dernier. De même que tout récemment, plus précisément le 09 mai 2020, l’adjudant Marie Mezou, a assassiné de main froide le jeune étudiant Cyrille Epanga, à Bafoussam. Mais de toutes ces exactions et dérives des forces de maintien de l’ordre sur les civils, à aucun moment, ces derniers (auteurs et collègues) n’ont eu la décence de présenter leurs excuses au peuple opprimé ; pourtant dit-on, on est démocratie. Et pour cette fois encore, les Etats-unis ont prouvé aux yeux du monde, qu’ils sont un véritable pays démocratique où les opinions, revendications et droits des citoyens, sont au dessus de toute chose. Il est temps que le Cameroun s’inscrive à l’école du respect et de la considération de la vie et de la dignité humaine.


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