Home Société Afrique Cameroun > Manuels scolaires: Vers une autre indisponibilité à la prochaine rentrée ?
Afrique - 1 semaine ago

Cameroun > Manuels scolaires: Vers une autre indisponibilité à la prochaine rentrée ?

Face à plusieurs contraintes, le président du Conseil national d’agrément des manuels scolaires et des matériels didactiques a réuni les éditeurs et les imprimeurs le 02 avril dernier à Yaoundé pour avoir des assurances.

Depuis l’entrée en vigueur du livre unique dans l’enseignement camerounais en 2018, une année ne passe plus sans qu’il n’y ait des problèmes d’indisponibilité des manuels scolaires sur le marché. Pour l’année scolaire en cours par exemple, il y a encore des livres comme celui des mathématiques de la classe de 1ère et celui de l’anglais du primaire. Pour expliquer cette situation, certains imprimeurs locaux ont souligné que c’est parce que les livres sont imprimés à 100% par les imprimeurs étrangers tout en réclamant une part de production au gouvernement camerounais. Pour répondre à leur doléance, le premier ministre a instruit le Conseil national d’agrément des manuels scolaires et des matériels didactiques (Cnmsmd), de permettre aux imprimeurs locaux de produire 50% des livres. Seulement, jusqu’à présent, rien ne rassure sur la disponibilité des livres à la prochaine rentrée scolaire. C’est pour cette raison que Jean-Paul Komon, président du Conseil national d’agrément des manuels scolaires et des matériels didactiques, a réuni les imprimeurs locaux et les éditeurs afin d’avoir un avis clair sur l’incertitude qui l’anime.

Selon lui, il y a trois contraintes fortes :

« la contrainte de temps ; nous sommes en avril, nous devons avoir les livres en début du mois de juillet. Quelles sont les garanties qu’ils donnent pour que les livres soient disponibles à date ? Deuxième contrainte, le prix qui est déjà fixé à 1800 Fcfa l’unité. Leur course reste relativement incompressible. Comment ils font pour tenir compte du prix déjà fixé pour réduire leur coût étant attendu que l’essentiel de la matière première qu’ils utilisent est importé surtout avec ce qui se passe au niveau du transport international à cause du coronavirus ? Comment vont-ils faire pour que les intrants arrivent au Cameroun à temps pour qu’ils fabriquent les livres ? Sans compter la question des ressources humaines puisque le livre de l’école primaire doit être cousu, il ne doit pas être collé. Est-ce que les imprimeurs locaux ont des ressources pour le faire ? »

se questionne Jean-Paul Komon.

Une crainte partagée également par les éditeurs qui restent toutefois rassurant si certaines conditions sont respectées.

« Nos livres sont souvent prêts dès le mois de janvier et on dépose à la commission. C’est au niveau de l’impression qu’on a souvent des problèmes surtout quand on veut travailler avec les imprimeurs locaux parce qu’ils manquent de logistiques. Mais si la commission sort la liste officielle à temps, nous aussi on passe les commandes à temps à nos imprimeurs, nous sommes sûr que les livres seront disponibles à temps »

, révèle Joseph Eno Ngoh, le représentant des éditeurs.

Résolutions

De leur côté, les imprimeurs sont plutôt confiant.

« Ce n’est pas une vue d’esprit qui nous demande de produire 50% des livres. C’est une étude qui a été faite pour qu’on arrive à 50%. Nous avons fait un forum à Douala en décembre 2019 où dans nos résolutions nous demandions que les 50% soient produits localement. On parle des 50% des livres du niveau II du primaire donc le Ce1 et le Ce2 ; ce n’est que 28 livres. Et les quantités oscillent entre 50 000 et 100 000 pour chauqe imprimerie. Donc lorsqu’on fait le calcul, nous sommes à 2 millions de livre au total. Et 2 millions de livre pour 300 imprimeurs c’est rien »

, souligne Marc René Tchuitcheu, représentant des imprimeurs.

Et d’ajouter « concernant le plateau technique, nous sommes prêts pour faire les livres en qualité et en quantité. Mais il faut qu’on nous fasse la commande dans les délais. Parce que si on nous donne trois mois pour faire les livres, on va les faire. Mais si on passe le temps à faire des réunions parlant des 50% pour venir nous donner les livres à moins 20 jours de la rentrée, ça fait problème ». Les résolutions de ces assises vont être transmises au premier ministre et si les garanties données ne sont pas satisfaisantes, l’

« instruction des 50% de production locale des livres se fera de façon progressive les années à venir »

, rassure le président du Cnamsmd.


Rostand TCHAMI

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Check Also

Cameroun > Économie : Laurent Esso devant la barre au Gicam

Le Gicam dénonce régulièrement les lenteurs dans les procédures judiciaires, la corruption…