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Cameroun > Mariages Précoces: Divorcées à 15 ans, l’enfer des femmes filles

Perçue comme une option sûre, la réalité du mariage est souvent loin d'être idyllique pour ces jeunes filles mariées contre leur gré aux prix de leurs études.

Par panorama papers
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Par Sandra Embollo Avec La Gazette du Noun

Des filles dès l’âge de 12 ans se retrouvent mariées au cours de cérémonies religieuses. Parfois ces unions ne durent pas, laissant à ces filles-mères de 15 ans, divorcées, le soin d’élever les enfants et les privant de fait de l’éducation que leur pays aurait pu leur donner. Morceaux choisis : il est 07 heures à Njiloum-Foumban, Alima 16 ans prend le petit déjeuner au carrefour avec ses 02 enfants. Comme elle, une centaine, que dis-je, quelques milliers de jeunes filles à travers les villages du Noun se retrouvent au stade zéro de leur vie après quelques années de mariage. Elles ont des âges entre 17 et 25 ans, divorcées d’un ou deux mariages et avec 02, 03 ou 04 enfants en charge.
Les raisons pour lesquelles les familles consentent à marier leurs filles adolescentes varient. Elles peuvent être d’ordre matériel, marier une de leur fille permet de soulager les dépenses, ou d’ordre plus traditionnel, un désir de protéger l’honneur de leur fille, pour éviter qu’un homme ne profite d’elle. L’âge minimum légal pour convoler au Cameroun est de 18 ans. C’est l’âge d’un élève la classe de Terminale au lycée. Dans des circonstances exceptionnelles, il est possible de marier des jeunes gens dès l’âge de 16 ans, si le juge donne son accord. Mais les mariages religieux à des âges plus jeunes continuent d’exister à travers le pays et surtout dans le Noun, où la pratique est « un secret de polichinelle » très courue.

Leurs caractères sexuels secondaires n’ont pas souvent fini de pousser que leur naïveté est violée par les accouchements. Après 01, 02… enfants, elles sont répudiées sans état d’âme ni procès par les bourreaux qui n’y trouvent plus du plaisir. Retour à l’expéditeur, mais pas dans le même état. Comble, elles sont déjà émancipées de l’autorité et doivent prendre soin d’elles mêmes, de leurs enfants et parfois des parents. Commence alors une vie de fille-mère d’enfants, de fille-femme libre, avec tous ses travers. Elles se retrouvent dans le business en ligne, ateliers de couture, salons de coiffure et de beauté. La nuit tombée, elles sont dans tous les coins chauds, cigarettes aux doigts, whisky ou bière à table, dans une tenue qui laisse peu de doute sur leurs activités à venir. La nuit sera longue, arrosée et surtout pleine de plaisir, il faut travailler pour nourrir sa famille.
Les causes de ce phénomène de divorces juvéniles sont très nombreuses. La précocité dans le mariage.

Des jeunes filles sont envoyées encore très jeunes en mariage ignorant tout des fondements d’une union de vie. Toutes choses qu’elles n’arrivent pas à supporter. Les responsabilités du mariage sont énormes, l’immaturité des jeunes filles évidente. Elles se retrouvent à élever et à prendre en charge leurs enfants toute seule, se remarient très difficilement suite à leurs divorces. Au regard de la société, l’image de ces jeunes filles est entachée car sont malheureusement considérées comme des parias. Leurs parents ont préféré le mariage aux études ou à une formation. Peut-on raisonnablement faire de l’économie sur ses enfants ?
L’avènement des jeunes filles divorcées dans le Noun est devenu un fléau qui se repend de jour en jour. La propension des filles de joie, libres et sans complexes, contraste avec l’apparence religieuse et traditionnelle de ce peuple. Des initiatives de communication et de sensibilisation sont louables, mais encore faudrait-ils que les parents s’y intéressent vraiment. Ils sont à l’ origine de la situation dramatique qui transforme des filles en femmes. Les autorités religieuses sont aussi pointées du doigt, ce sont eux qui célèbrent à tour de bras, les mariages des mineures dans les quartiers et villages. Le salut serait de cesser d’envoyer ou d’accepter les jeunes filles en mariage. Une décision courageuse attendue des leaders traditionnels, municipales, religieuses et surtout administratives.

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Revue de presses du 03 02 2023

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