Afrique LA UNE Politique panorama 2 juin 2020 (0) (445)

Cameroun > Maurice Kamto: Le changement dans la paix dos au mur

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Le gouvernement serait-il en train de préparer une loi à déposer sur le bureau de l’Assemblée nationale en vue de modifier la Constitution pour permettre une succession constitutionnelle? « Qu’il soit clair pour tous : nous n’accepterons jamais aucune forme de succession de gré à gré à la tête de l’Etat. Nous nous dresserons contre toute manipulation, même constitutionnelle, tendant à l’accession à la fonction suprême par des moyens autres qu’électifs », a assené Maurice Kamto, déterminé dans sa publication du 1er juin dernier. Sur les réseaux sociaux, la rumeur enfle, allant dans le sens d’une imminente modification constitutionnelle où le successeur constitutionnel du chef de l’Etat achèverait le mandat en cours en cas de vacance du pouvoir constaté.

La session qui s’ouvre la semaine prochaine sera de ce fait spécialement scruté par l’opinion. La seconde préoccupation, et qui n’est pas forcément une interrogation, est que le pouvoir de toute évidence prépare les élections régionales, car l’année dernière, le corps électoral de cette élection avait été clairement circonscrit. De ce point de vue, le Mrc de Maurice Kamto serait en principe hors-jeu dans la mesure où le corps électoral se recrute concurremment entre les délégués départementaux, élus par les conseillers municipaux et les représentants du Commandement traditionnel.
De ce fait, le Mrc remet sur la table ses mobiles de son boycott à la dernière élection couplée du 9 février. Cette fois, il ne s’agit plus de boycotter mais de s’opposer à la tenue si certaines exigences ne sont pas remplies. « Le Mrc et le peuple du changement n’accepteront l’organisation d’aucune élection populaire au Cameroun sans la résolution politique préalable du conflit armé dans les régions anglophones et une réforme consensuelle du système électoral », a-t-il fait savoir dans sa déclaration. De là, un conflit ouvert entre le pouvoir et le Mrc et le peuple du changement n’est plus de l’ordre du probable.
Vers les troubles au Cameroun ?

L’autre pan de supputation face à ces interrogations est de scruter sur la réaction du pouvoir. Acceptera-t-elle de revisiter le système électoral ? Pour ce qui est du règlement de la crise dans le Noso, on peut se demander si Yaoundé détient aujourd’hui à lui seul toutes les clés pour un règlement. Il est désormais acquis que c’est autour d’une table de négociations que les différents acteurs pourront donner un contenu durable à la paix dans les deux régions. « Trop c’est trop ! Le peuple camerounais a assez souffert de la gloutonnerie de quelques personnes dont toute l’incompétence, l’irresponsabilité et le cynisme s’étalent encore de façon dramatique à la face du monde dans le cadre de la lutte contre la pandémie du Covid-19, et qui croient pouvoir conserver éternellement le pouvoir uniquement par la terreur d’Etat.

Il est temps que la dévolution du pouvoir dans notre pays passe enfin par des processus démocratiques admis dans toutes les sociétés modernes ; que le peuple camerounais ait la possibilité de se donner librement et dans la transparence des dirigeants légitimes, qui sont tenus de lui rendre des comptes sur la gestion des affaires publiques. Nous sommes prêts ! Les tortures, les emprisonnements arbitraires et les humiliations, nous les connaissons déjà ! Quinze d’entre nous, dont le premier Vice-Président du Mrc, Mamadou Yacouba Mota, sont encore en prison. Et si la mort doit venir pour cette cause, qu’elle vienne ! », a-t-il martelé, convaincu d’aller jusqu’au sacrifice s’il le faut.


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