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Afrique - 2 mars 2021

Cameroun > Mesures barrières: Pourquoi le gouvernement tergiverse-t-il ?

Telle est l’interrogation logique que soulève la communication mièvre du gouvernement lundi dernier pour sensibiliser la population sur l’urgence de respecter ces mesures.

 Face à l’indiscipline quasi généralisée que nous constatons, et qui porte préjudice à notre stratégie de riposte, il nous semble plus qu’urgent et impérieux, d’en appeler au sens de responsabilité de nos concitoyens, afin qu’ils ne perdent pas de vue que, comme ailleurs, la pandémie du coronavirus continue de circuler au Cameroun.

clame René Emmanuel Sadi à l’endroit de la population jamais repentie de son appétence de fouler aux pieds les mesures prescrites pour briser la chaîne de propagation du virus

La préoccupation dès lors de savoir si la déclaration du ministre de la Communication (Mincom) à elle seule va se transformer en parole créatrice pour ruiner l’opposition au respect de ces prescriptions vitales pour la Nation toute entière. C’est un euphémisme de dire qu’au sein de l’opinion, alors que cette deuxième vague fait des ravages, il y a en même temps de plus en plus de Camerounais qui croient que le Covid-19 est un virus qui tue les Blancs et non les Noirs. Que signifie dans un tel contexte la sensibilisation si elle n’est pas suivie des mesures coercitives ?

On s’attendait à ce que le Mincom annonce aux Camerounais les différentes sanctions qui vont suivre à tout au moins le non port de masque, le respect du nombre de places imposé dans les taxis, les surcharges, le respect de la distanciation physique si possible. Qu’est-ce qui explique cette tiédeur du gouvernement au moment où le pays affiche le sinistre chiffre de contamination de presque 10.000 en deux mois ? Le Cameroun est-il en train de jouer avec le feu au moment où toutes les Nations du monde sont prises d’épouvante et vaccinent rapidement leur population ? A défaut de vaccins antiCovid-19 disponibles, n’est-il pas une impérativité d’imposer et de veiller au respect des mesures barrières ?

A côté de nous, le Gabon a pris des mesures draconiennes pour la sécurité sanitaire de sa population. En plus du non port de masque dans les lieux publics qui entraîne une amende estimée en millions de Fcfa, il est aussi  imposé un couvre-feu entre 20 et 5 heures du matin. L’embrasement des villes du Gabon contre ces mesures avec des morts sur le carreau, n’a pas fléchi le gouvernement d’un pouce. Au Cameroun, dans les transports en commun par exemple, les taximen continuent de s’adonner aux surcharges, avec en prime, le port du masque aux oubliettes ! L’équipe Dion Ngute redouterait-elle les remous populaires  au point de sacrifier la vie des Camerounais à l’autel de sa quiétude ?

Par ailleurs, le Mincom dans sa communication cite l’appel du chef de l’Etat à l’endroit des Camerounais à porter les masques :

le port du masque dans l’espace public restera obligatoire jusqu’à nouvel ordre (…). Chacun doit se sentir concerné et apporter sa contribution au combat contre la propagation de ce virus. N’oublions pas que la négligence d’une seule personne peut nuire gravement à l’ensemble de la communauté. Ne baissons donc pas la garde (…). Dans cette période difficile, nous devons rester un peuple uni, solidaire et discipliné (…). C’est une des conditions de la victoire que nous voulons tous remporter.

La question aujourd’hui n’est-elle pas de savoir comment rendre le port du masque obligatoire comme demandé par Paul Biya ? Il a parlé et on constate que dans son immense majorité, sa population ne l’a pas suivi dans cette prescription. N’est-ce pas donc de la responsabilité du gouvernement de matérialiser cette obligation ?

Tergiversations

Dire que le gouvernement tergiverse est une lapalissade.

 Une évaluation assortie bien évidement, de leurs recommandations et de leurs mises en garde éventuelles, étant entendu que toutes les mesures et actions nécessaires, ainsi que les décisions que le Gouvernement de la République pourraient envisager, à plus ou moins brève échéance, seront forcément tributaires de l’évolution de la situation de la pandémie du Covid-19 sur l’ensemble du territoire national.

a lancé René Emmanuel Sadi

Le temps qui passe alors que les concertations vont bon train ! Le temps pour le virus mortel de poursuivre sa boucle folle de contamination dans le pays. C’est précisément les décisions du gouvernement de la République qu’on attendait de la communication de lundi dernier. Quand la puissance publique annonce qu’elle se concerte sur les mesures à prendre contre les contrevenants au respect des mesures barrières, il ne s’agit ni plus ni moins que d’un aveu de faiblesse qui vient conforter les rebelles dans leur incrédulité morbide face aux ravages du Covid-19. Bien entendu que ce n’est pas une affaire du gouvernement seul ou du Mincom, mais une affaire de tous.

Il est temps de stigmatiser dans les lieux publics tous ceux qui n’arborent pas des cache-nez. Il est temps de frapper au porte-monnaie tous ceux qui résistent à ces mesures barrières pour la préservation de la santé publique. Il est temps que ceux qui ne portent pas de masques, que les chauffeurs ou conducteurs de motos qui surchargent des passagers, se rendent comptent par la dimension de la sanction, que leur acte est criminel et traité comme et tel. Ainsi en attendant l’arrivée de 1.700.000 doses de vaccin, le pays pourra inverser la courbe exponentielle des contaminations enregistrées ces deux derniers mois.

Léopold DASSI NDJIDJOU

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