Amérique LA UNE Politique panorama 14 août 2020 (0) (444)

Cameroun > Meurtre de Muyuka: La classe politique submergée par l’émotion

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Le gouvernement et les leaders d’opinion ne sont pas encore repus de s’indigner de la barbarie, de la sauvagerie avec laquelle la victime est assassiné.

L’odieuse vidéo du crime tourne en boucle sur les réseaux sociaux soulevant des vagues d’indignation. Hier le gouvernement par un communiqué signé par le Porte-parole du gouvernement, René Emmanuel Sadi, traduisant toute l’exaspération de l’équipe dirigeante face aux atrocités à répétition, a précisé que

le gouvernement condamne ces actes odieux insoutenables commis par des bandes terroristes et sécessionnistes qui pour des raisons absurdes , illégitimes et inadmissibles, continuent d’ôter la vie à tout vent, à d’honnêtes et innocents citoyens”.

Il ne s’est pas arrêté là,

Ajoutant que l’équipe de Joseph Dion Ngute  dénonce par ailleurs les allégations mensongères ainsi que les subterfuges et autres manoeuvres fallacieuses des bandes armées qui

Après avoir commis des atrocités de toutes sortes contre les populations des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, les imputent sans scrupules à nos forces de Défense et de sécurité, à travers des campagnes de propagande éhontées  par le biais des réseaux sociaux”.

On retient aussi qu’il a indiqué que

Le gouvernement exhorte les forces nationales de Défense et de sécurité à poursuivre leurs missions républicaines, de protéger les Institutions et les populations pour que force demeure toujours à la loi et lui réitère la très haute confiance du président de la République, chef des forces armées ainsi que le soutien de la Nation toute entière.”

Des actions à entreprendre pour arrêter la saignée.
Au milieu de l’indignation de l’élite, il y a une catégorie qui va au-delà et préconise des actions à mener. Ainsi le père Ludovic Lado, annonce que d’ici le mois d’octobre 2020, si l’église catholique, l’État Camerounais et les Ambazoniens n’ont rien fait pour le dialogue, la justice, la réconciliation et la paix dans le Noso, il fera sa part.

Je n’ai rien à cacher. J’entamerai un pèlerinage pédestre qui m’amènera de Bamenda à Buéa en passant par Yaoundé et Douala jusqu’à ce que les belligérants entendent raison et mettent fin à la souffrance humaine dans ces régions. Saint Ignace de Loyola, mon second coach, après Jésus-Christ, était un  pèlerin de Dieu.”

Dans ce sillage, Me Bruno Ntimbane, de la société civile critique, s’indigne:

Peuple camerounais, mieux hommes hommes et femmes du Cameroun, où est notre humanité dans tout ça? Ne pouvons-nous pas nous lever sans considérations politique ou partisane pour demander des comptes au pouvoir de Yaoundé sur la gestion de la crise anglophone à l’origine de cette guerre et ces crimes odieux?” 

Il en est allé de même du Secrétaire général adjoint du Comité central du Rdpc, Grégoire Owona.

Rien ne justifie aucune violence d’où qu’elle vienne. Les images qui circulent sont inacceptables et hautement condamnables. Puissent les auteurs en être punis!”,

a posté l’homme politique.

Il faut à la vérité reconnaître que dans cette floppée d’indignations, c’est Akere Muna qui a ouvert le bal.

Incapable de finir de regarder une vidéo absolument horrible. Un incident qui aurait eu lieu à Muyuka, dans la région du Sud-Ouest du Cameroun. Mains attachées dans le dos, une femme est tuée à coup de machette. Quel qu’en soit la cause, c’est un acte barbare et inhumain”, a-t-il tweeté quelques heures après le post. 

L’indignation a tout autant gagné Cabral Libii :

Encore une effroyable vidéo qui expose l’inhumanité, l’horreur. Elle serait un autre aperçu, de cet autre visage de la crise en cours dans la la partie dite anglophone Cameroun. Mon Dieu! Je condamne avec fermeté cette bestialité ! Non! Rien ne la justifie. Rien!”,

s’est-il offusqué.

Où trouver les mots? Aujourd’hui les Ambas ont coupé la tête, les mains…des personnes soupçonnées, accusées, jugées, et condamnées à la mort par hachage. Demain, les soldats ont tiré 1, 2, 3,..15, 20 personnes suspectées, accusées, jugées et condamnées à la mort par balle”,

a tweeté la présidente du Cpp.

La sortie de Me Agbor Balla est autant retentissante.

Tuer nos populations au nom de leur libération est malheureux. Nous ne pouvons pas tuer les mêmes populations que nous prétendons vouloir libérer du joug de la dictature”.

Des propos percutants qui traduisent l’âme du Cameroun en ce moment délicat de son histoire. Une Nation fatiguée par une sale salle guerre qui résiste encore à la volonté des Camerounais d’y mettre un terme définitif.  
Léopold DASSI NDJIDJOU


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