Avec Jean Robert WAFO
Cet arrêté préfectoral profondément liberticide viole le principe constitutionnel de la sacralité de la liberté d’expression et de communication, de la liberté d’opinion, et de la liberté de circulation. Il vise tous ceux qui ne sont pas les beni-oui-oui de l’ordre régnant et plus particulièrement l’opposition qui, de par ses prises de position remarquables sur les sujets d’actualité qui préoccupent les camerounais et contribuent densément à leur éveil de conscience, donne le tournis aux tenants du régime. Ceux-ci sont dans la panique totale. La perspective de la présidentielle de 2025 et du Grand Soir les a plongés dans un état de fébrilité indescriptible.
Il convient également de noter que cet arrêté sort de son champ réglementaire. Je le mets au défi de montrer une seule base juridique lui permettant de déporter des gens hors de son département et de délivrer des titres de séjour aux nationaux dans son unité administrative.
Plus encore, le Préfet n’a pas qualité pour juger le caractère outrageant d’un propos tenu par un camerounais. Comment comprendre que tout un préfet puisse pas savoir que des organes et juridictions compétents existent pour tous ceux qui se seraient rendus coupables des faits mentionnés dans ledit arrêté ? On patauge en pleine folie. Il est difficile de donner du tort à ceux qui pensent qu’on atteint le fond et on veut davantage creuser.
Il faut impérativement annuler cet arrêté anti-républicain qui veut créer une nouvelle forme de citoyenneté dans le département du Mfoundi. Si rien n’est fait pour stopper cet excès de pouvoir et ce zèle administratif qui ternissent davantage l’image du Cameroun à l’extérieur, la prochaine étape sera manifestement la délivrance des passeports et des visas d’entrée dans ce département.
En attendant la création éventuelle de l’État du Mfoundi par ses soins, le préfet doit se référer au Préambule de la Constitution de la République qui indique clairement que “Nul n’est contraint de faire ce que la loi n’ordonne pas.”. Et de ce fait, il est évident que son arrêté s’adresse à lui-même pour l’instant.
Jean Robert WAFO
Secrétaire national à la communication du Front pour le changement du Cameroun (Fcc)