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Afrique - 25 juillet 2021

Cameroun > Mindef: Éradiquer les incursions des sécessionnistes dans l’Ouest

Tel est l’objectif qui a soldé la visite de deux jours de Joseph Beti Assomo dans la région du soleil couchant.

« Ça tend à perdurer », a lancé agacé Joseph Beti Assomo dans son mot de circonstance face aux gratins administratif de l’Ouest et sécuritaire de la 5ème région militaire interarmées (Rmia 5) et de la 5ème région de gendarmerie (Rg 5). Et pour cause, l’actualité brûlante des incursions des bandes armées sécessionnistes dans le soleil couchant, préoccupe au plus haut sommet de l’État.

Quand le ministre délégué à la présidence chargé de la Défense (Mindef), précise qu’il a été dépêché par Paul Biya himself, ne donne-t-il pas là toute la solennité qui marque les assises de cette grand-messe  qu’il n’a pas hésité de qualifier lui-même, de « réunion de crise », ce vendredi 23 juillet 2021 dans la salle des Actes de la délégation départementale des Travaux publics des Bamboutos ? Les faits sont là, têtus à souhait.

Le vendredi 7 janvier 2021 à l’aube, des éléments des bandes armées sécessionnistes ont attaqué un poste de contrôle militaire à Matazem, a cheval entre l’Ouest et le Nord-Ouest, 4 militaires et 2 civils y ont laissé leur vie. Plus récent encore, toujours à l’Ouest dans les Bamboutos, précisément à Zavion dans l’arrondissement de Babadjou, le 14 juillet 2021, le poste avancé des forces de Défense et de sécurité est attaqué laissant sur le carreau 2 hommes en tenue.

 » Les attaques qui se sont soldées par la mort de plusieurs de nos hommes et la perte de notre matériel et particulièrement les armes de guerre »,

constate Joseph Beti Assomo pour le déplorer.

Ce n’est pas seulement le département dont Mbouda est le chef-lieu qui est visé, mais il y a également le Noun. Le ministre a de ce fait indiqué que les attaques ici ont eu lieu sur le plan d’eau dans la zone lacustre et frontalière avec le Nord-Ouest. Le département de la Menoua n’est pas en reste, frontalière avec le Sud-Ouest.

Pour endiguer ces menaces, mieux pour les éradiquer, le Mindef a précisé à l’attention de la presse qu’à l’issue de la réunion qui se tenait a huis clos,  » des mesures claires et précises seront prises pour arrêter ce phénomène qui tend à se répéter ». Il n’est pas allé sans expliciter que la réunion visait un double objectif. Il était question dans un premier temps de faire l’évaluation sécuritaire qui prévaut le long de la frontière entre les régions administratives de l’Ouest et du Nord-Ouest. Un tout petit peu au Sud-Ouest, du côté de Lebialem, frontalière avec la Menoua.

Dans un deuxième temps, ll était important de rassurer les populations de la région de l’Ouest, inquiètes et quelque peu désemparées par ces attaques à répétition. Au niveau des instructions qui sont nées de cette conclave, figure la mise sur pied d’un nouveau dispositif sécuritaire plus opérationnel. On parle entre autres du maillage de la zone frontalière de l’Ouest avec les région du Nord-Ouest et du Sud-Ouest en matière de renseignements prévisionnels.

Dans tous les villages et recoins, on apprend la mise sur pied des Comités de  vigilance à l’exemple de ce qui se passe dans le septentrion dans la lutte contre Boko Haram. Désormais, ces comités travailleront directement avec le sous-préfet, lui rendant compte du moindre mouvement suspect dans les environnements. C’est du reste là ce que sollicitait déjà Awa Fonka Augustine, le gouverneur de la région de l’Ouest à Zavion suite à l’attaque.

« Nous prendrons tout ce qu’il faut comme mesure, au renforcement de ce qu’il faut comme effectif, et nous allons suivre de très près cette situation parce qu’il est hors de question de laisser le péril sécuritaire que nous avons dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, que ce péril migre dans la région de l’Ouest »

a martelé Beti Assomo. 

Un dispositif de grande mobilisation

Le conclave sécuritaire a permis une mobilisation des préfets des départements limitrophes  des deux régions troublées. Ainsi les quatre préfets du Noun, de la Menoua et de la Mifi ont accompagné le gouverneur à Mbouda où les y attendait l’autorité administrative départementale.

Chacune de ces autorités a pris la parole pour faire une évaluation de la situation dans sa zone de commandement alors que les chefs militaires  territoriaux de la Rmia 5 et de la Rg 5 ont présenté leurs analyses et propositions. En plus de ceci, les observations du haut commandement militaire, sont venues nourrir les instructions finales de Joseph  Beti Assomo  » pour une mise en œuvre immédiate afin d’atteindre les deux objectifs que le chef de l’État nous a assignés », a-t-il indiqué comme démarche au cours des assises.

C’est donc au cœur du mal que le Mindef et les siens ont tenu la grande messe pour conjurer le mauvais sort qui déborde des deux régions troublées du pays. Toute l’Ouest administrative et  toutes les autorités de commandement de la Rmia5 et Rg5 basées à Bamenda dans le Nord-Ouest, ont répondu à l’appel, une grande mobilisation qui a déferlé sur le soleil couchant pour ruiner à jamais les attaques perfides dont affectionnent particulièrement les bandes armées sécessionnistes.

Le dispositif tel un piège à l’ennemi est là, et tout porte à croire que la dissuasion prendra le pas sur la témérité des va-t-en guerre. Une grande mobilisation en somme qui a commencé le jeudi 22 juillet 2021 par l’atterrissage de l’aéronef transportant le patron de la Défense camerounaise. Au pied de la passerelle,  se tiennaient Awa Fonka Augustine, accompagné des autres autorités de la région de l’Ouest, à l’aéroport de Bafoussam-Bamougoum pour accueillir leur illustre hôte.

Des réunions et des contacts sont tenus à huis clos comme il sied dans les traditions militaires. En décollant de Bafoussam-Bamougoum sous une fine pluie, ce vendredi en fin d’après-midi, le sentiment est perceptible que par la dimension de la foule massée le long des artères empruntées par l’impressionnant convoi du Mindef, les populations témoignent par là leur reconnaissance à cette volonté de Yaoundé de mettre tout en œuvre pour que le cauchemar ne se reproduise plus dans cette contrée.

Léopold DASSI NDJIDJOU de retour de Mbouda

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