Home Opinion Politique Cameroun > Mise en garde: Le cancer social des discours xénophobes
Politique - 7 juillet 2021

Cameroun > Mise en garde: Le cancer social des discours xénophobes

Le 02 juillet 2021, Maurice Kamto, principal opposant au régime du Président Paul Biya au pouvoir depuis 1982, a à travers un communiqué, condamné les dérives les dérives langagières dans les échanges entre Camerounais notamment dans les réseaux sociaux.

Le leader du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun dont les partisans figurent parmi les adeptes des discours haineux sur la toile écrit notamment que : son « attention a été attirée sur la persistance des dérives langagières de certains compatriotes notamment dans les réseaux sociaux, en dépit de sa condamnation réitéré et sans ambages des propos haineux, tribalistes, méprisants ou dégradants » et ses exhortations à l’expression des désaccords dans la civilité.
Maurice Kamto désavoue enfin tout auteur, militant ou pas de son parti, des propos injurieux, calomnieux ou pire, à caractère tribaliste envers un autre compatriote.

Il convient de noter que c’est depuis plusieurs années et particulièrement à l’approche de l’élection présidentielle du 07 octobre 2018 qu’on a constaté, dans le sillage de la multiplication des replis identitaires exacerbés, la montée des discours haineux et tribalistes utilisant prioritairement comme support de diffusion, les réseaux sociaux.
Le phénomène s’est aujourd’hui transformé en véritable cancer social difficile à éradiquer.

Sous l’influence de la crise anglophone qui secoue les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest depuis octobre 2016, une Commission pour la Promotion du Bilinguisme et du Multiculturalisme a été créée le 23 janvier 2017 pour prévenir et lutter contre les communautarismes ainsi que les discours haineux entre autres.
Cette Commission présidée par l’ex Premier ministre, Peter Mafany Musonge et dont les tout premiers membres ont été nommés le 15 mars 2017, a mené ces dernières semaines des campagnes de sensibilisation contre les fléaux décriés dans le cadre de ses missions.

Les replis identitaires exacerbés et des discours haineux découlent des batailles politiques pour la conquête ou la préservation du pouvoir suprême, perçu comme étant bénéfique pour les membres la communauté du leader central notamment en ce qui concerne l’accès à l’emploi et autres avantages publics.

La multiplication des pôles de pouvoirs réels à travers par exemple la mise en place d’une véritable décentralisation au sens large du terme, pourrait constituer une solution à ce niveau.
Mail il ne faut pour autant pas perdre de vue que les discours haineux et tribalistes prennent leur racine dans le mal être social généralisé qui affecte le plus grand nombre de citoyens.

Il ne faut par conséquent pas s’attendre à ce que ces fléaux soient réduits à leur plus simple expression à défaut d’être éradiqués, sans la pratique d’une justice sociale, la satisfaction des besoins élémentaires d’une grande majorité de la population et un développement général et équilibré du Cameroun à travers notamment la mise à la disposition des populations des infrastructures sociales de base; tout cela en plus de la recherche du consensus politique sur toutes les grandes questions d’intérêt national.
Et il y a urgence, car de l’aveu même des autorités, les discours xénophobes fragilise l’unité nationale, le vivre ensemble, la cohésion sociale et l’intégration nationale et constituent une menace pour une paix durable et la stabilité sociale.

Eric Boniface Tchouakeu

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Check Also

Cameroun > Grève des enseignants: Suspension en rangs dispersés

Par Rostand TCHAMI Plusieurs mois après le début de la grève lancée par les enseignants du…