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Afrique - 14 mars 2021

Cameroun > Mission impossible du Sdf: La périlleuse session du Nec pour taire des dissensions

Le Comité exécutif national ou la « National executive committee » (Nec) s’est réuni autour du Chairman ce samedi aux fins de réconciliation des différences tendances au sein du parti à la balance.

Le Sdf est à la croisée des chemins. C’est le moins que l’on puisse dire de ce parti dont la Convention élective est prévue en février 2023. Déjà Ni John Fru Ndi qui a  récemment jeté l’éponge de se présenter à l’avenir à une quelconque consultation présidentielle a par le fait de cette annonce mis son siège de Chairman en jeu, au plus  en 2023.

C’est bien compris et les batailles de positionnement à peine feutrés éclatent au grand jour. Désormais, au sein de ce parti, les divisions vont se construire autour des antagonismes entre Joshua Osih, le vice-président national et Jean Michel Nintcheu, le président régional du Sdf dans le Littoral.

Le dernier épisode épique de cette opposition entre les deux hommes, est venu de l’adhésion de Joshua Osih à une pétition des parlementaires du Rdpc adressée au Congrès américain le 22 février dernier. Coup de colère de Nintcheu qui récolte au passage beaucoup de sympathie à la base prise d’effervescence pour une tonalité qui frise celle de John Fru Ndi dans les années 1990.

L’opinion croyait que le vice-président avait encaissé avec sportivité et fair play le coup de griffe de son camarade de parti et s’en tenait là. Que non ! Le 25 février, il revenait à la charge avec un communiqué de presse dans une posture de leader du parti.

« Les membres du parti ne doivent pas entraîner dans ces expressions émotionnelles et ces débats futiles attisés par des laquais politiques…Parlons de nos idées et débattons ensemble. Concentrons-nous et réfléchissons ensemble sur les problèmes fondamentaux de notre société, et proposons à l’électorat un programme basé sur des valeurs socio démocratiques et progressistes pour les résoudre. C’est ce que devrait être le Sdf pour les jours et semaines à venir. Telle est ma vision »,

lançait le député du Wouri à l’endroit de ses détracteurs dans les rangs du parti.

Le Nec de ce samedi avait donc à cœur de mettre ensemble les deux enfants de la maison qui ne s’entendent plus sur un certain nombre de points en ce qui concerne essentiellement a trajectoire que doit prendre le parti dans cette phase cruciale de son existence.

Peine perdue car Jean Michel Nintcheu n’a pas fait le déplacement de Yaoundé, officiellement à cause des ennuis de santé. La Commission Réconciliation, présidée par le sénateur Tchachouang, devra donc à l’occasion trouver un autre cadre et d’autres ressources pour convaincre les deux hommes à fumer la pipe de la paix. Au sein du Comité, personne ne veut en parler de manière ouverte.

« L’ojectif principal de la réunion du Nec est d’abord de parler de ce qui se passe dans le parti depuis les élections les deux dernières consultations électorales. Nous allons le faire et nous verrons comment le parti va évoluer »,

largue sans sourciller un des membres.

Comme pour ouvrir une brèche sur l’opacité qui entoure les délibérations au cours de ces assises, il ajoute :

« Nous voulons que nos militants respectent les statuts et le règlement de notre parti. Nous souhaitons que les militants respectent la hiérarchie et la ligne politique du parti. »

Le Nec, la plus haute instance décisionnelle du parti, bien que préparant la convention ordinaire de 2023 a une quantité infinie de farine sur la planche à pain. Quelle pâtisserie en sortira ? That is the question.

Election de 2023 en ligne de mire

Ni John Fru Ndi sait que désormais, son parti qui est entré en zone de turbulences, court de manière certaine le risque d’implosion si à la manette de l’appareillage, il manque de tact. Avec les agitations déjà manifestes à la surface, il sait que le temps est compté. Les différents protagonistes qui se déploient pour le remplacer ne vont pas attendre les bras croisés la convention nationale élective de février 2023.

« Mais rien n’empêche une convention extraordinaire avant cette date. C’est important parce qu’apparemment on va changer le leadership du parti. Ce sera une très importante convention et nous la préparons dès aujourd’hui »,

annonce un autre membre.

A côté de cette pression, la base électorale traditionnelle du parti est en plein conflit et ne permet pas de ce fait une mobilisation populaire pour le renouvellement des dirigeants, de la base au sommet du parti.

« Notre plus grand défi aujourd’hui se situe au niveau de notre base dans les régions du Nord-Ouest et Sud-Ouest. On ne peut pas s’y mouvoir sous les balles et le feu. Nous espérons que comme le parlement est en session, comme certains parlementaires ont écrit au Congrès américains au sujet du Noso, ces mêmes parlementaires vont maintenant écrire au président de la République pour lui demander de mettre un terme à la guerre dans le Noso pour que les activités socioéconomiques reprennent dans ces deux régions », soupire un autre membre du Comité avec une pique lancée de toute évidence vers Joshua Osih.

Aux dernières nouvelles, les différentes décisions prises au Nec seront envoyées au Chairman par le Secrétariat pour une validation avant leur officialisation. L’opinion est partagée dans sa curiosité entre un règlement pacifique des différends et la méthode de la force qui entraîne les exclusions du parti.

Léopold DASSI NDJIDJOU   

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