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Afrique - Médias - 20 juin 2021

Cameroun > Mœurs: Les curiosités de la sextape tournée à Rsi

Le jeu de la contradiction des discours du patron de Rsi (1).

Le 16 juin 2021, Martin Camus Mimb, dans une mise au point publiée sur sa page facebook, s’est fendu en déclarations niant, voire récusant le fait d’être impliqué dans une vidéo érotique et pornographique. Il a affirmé se réserver le droit d’intenter une procédure judiciaire contre ce couple de jeunes ayant transformé son bureau en lieu de débauche sexuelle. Intervenant, 48 heures après, sur une chaîne de télévision privée locale, le Dg de Rsi s’est, curieusement, rétracté et décide de ne plus porter plainte contre ce couple jeunes. Le fait de vouloir, aujourd’hui, taire cette affaire est une curiosité. L’on ne saurait, au départ, vouloir attaquer les présumés déviants sexuels en justice pour reconquérir son honorabilité et se rebiffer deux jours après. Il y a anguille sous roche.

  1. Le communiqué rendu public, ce jour, par Wilfrid Eteki, dont l’objet est de présenter à Rsi toutes ses excuses pour les dégâts créés lors de cette mésaventure est une deuxième curiosité. Au départ, le patron de Rsi évoque la sextape tournée par deux jeunes ayant transformé son bureau en arène de perversité sexuelle, mais au vu des témoignages et des informations recoupés, W. Eteki et M.C.Mimb sont des amis qui se connaissent mutuellement. Des photos où les deux se trouvent ensemble sont publiées, ces derniers jours, sur la toile. Eteki ne saurait donc être un jeune inconnu. Il passe carrément aux aveux dans sa sortie publique.
  2. Le fait, pour Eteki, de révéler, dans la même veine, et quatre jours après, “qu’une erreur de manipulation a, malheureusement, envoyé au mauvais destinataire ces vidéos est une autre curiosité. Qui était le vrai destinataire desdites vidéos érotiques et pornographiques ? Cette curiosité traduit, tout simplement, que ce sont des pratiques sexuelles qui, régulièrement, sont partagées à des destinataires soit individuellement, soit dans des fora, où les expériences, en matière de sexualité, sont diffusées. Les vrais destinataires sont, en réalité, membres de ces réseaux érotiques et pornographiques, qui passent le temps à abuser sexuellement des jeunes filles et des jeunes garçons dans les pratiques liées à l’échangisme, au proxénétisme, au chilling, à la toxicomanie, bref à la prostitution à petite et à grande échelle. Ce qui s’est passé au bureau de Mimb ressemble, à s’y méprendre, à un phénomène construit, mieux à une mise en scène, dont l’acteur théâtral principal passe aux aveux. A ce giron, il est idoine de démanteler ce réseau de pervers sexuels constitué des commanditaires, des intermédiaires, des bénéficiaires et des dindons de la farce muées en proies faciles de la nature de Malicka. Le fait de présenter ses excuses aussi à Malicka Bayemi, la jeune fille, témoigne d’une faute avouée. Toute chose matérialisant le mal qu’il a fait subir à cette dernière vouée aux gémonies.
  3. Abandonner un bureau à des soi-disant inconnus, dont l’un des colistiers a révélé son visage et son identité est, manifestement, une preuve de légèreté et d’indélicatesse. Un patron de média ne saurait laisser son bureau à la merci des inconnus, qui sont susceptibles de dérober toutes sortes d’objets trouvés en ce lieu. C’est pourquoi sa mise au point est assimilée à un mensonge cousu de fil blanc. Pour parler prosaïquement, sa version des faits n’est pas plausible. Elle ne tient pas la route comme qui dirait.
  4. Le fait de voir une bouteille de whisky (Jack Daniel) posée sur la table du patron de Rsi, bouteille quasiment vidée donne l’impression que qu’il y a eu le scénario de la consommation de l’alcool par les protagonistes. Lorsque vous suivez la 2ème vidéo où Malicka Bayemi avance les propos peu orthodoxes à son vis-à-vis, vous n’avez pas besoin d’aller d’apprendre le cours de Sociologie de la déviance pour se rendre compte de ce qu’elle a été droguée par ses bourreaux. Question de mieux assouvir leurs instincts libidineux. Sans doute ont-ils réussi leur coup! Mais, le fait déviant commis est exposé à l’opinion publique, ainsi que leurs acteurs à la grande désolation des initiateurs. A quelque chose malheur est bon, pourrait-on dire !
  5. Sous réserve de la connaissance de l’âge réel de la jeune Malicka, ancienne élève du collège Charles et Thérèse Mbakop à Bastos(Yaoundé 1er), s’il est avéré qu’elle a moins de 18 ans, ainsi que le relaient certains proches de la famille, il s’agit là d’un acte lié à la complicité de détournement de mineurs. Toute chose condamnable par le code pénal camerounais. Droguer et abuser sexuellement une cadette sociale est une pratique répréhensible.
  6. Au regard du fait que W. Eteki a présenté publiquement ses excuses, il est impératif que le ministère public s’auto-saisisse. Question d’enquêter sur cette affaire immonde, où est trainée l’identité d’une figure connue de la scène publique. Avant tout, c’est un problème de mœurs. Occasion opportune, pour les magistrats de la ville de Douala, de prendre cette affaire au sérieux. Il est possible que derrière ces trois acteurs, soient dissimulés des réseaux de proxénètes et de pervers sexuels. A la justice, de s’atteler résolument à cette besogne !
  7. Les postures insolites du patron de Rsi avec cette adolescente venue pour une dédicace constituent une autre curiosité. Ceci incline à découvrir une certaine complicité, une certaine socialité, voire une certaine sociabilité entre les deux acteurs. Peut-on croire qu’il s’agit alors d’une inconnue? Que nenni! Cette affectivité soudaine, assortie d’un regard doux laisse plus d’un indécis. Eteki, qui filme les deux dans cette posture insolite, qui, par erreur, fait parvenir au mauvais destinataire et qui filme le retour de Malicka sur la moto témoigne d’une scène bien ficelée et bien construite pour nuire à cette dernière, aujourd’hui, couverte d’opprobre.
  8. La banalisation des excroissances sexuelles

A l’époque antérieure, le sexe était tabou. Aujourd’hui, avec l’avènement des techno médias, la libéralisation des mass médias, les expériences diverses, en matière de sexualité, sont développées et diffusées au point où les jeunes n’ont plus honte de les partager autant dans les groupes whatsaap que dans les fora d’échangistes et de proxénètes. Dans ces jeux sexuels, les gamines et femmes engluées dans une précarité pécuniaire, sont exposées et exploitées dans les pratiques sexuelles inimaginables. Ça se passe dans les bureaux, salons feutrés, boîtes de nuit, lieux privés, hôtels, motels, auberges, gargotes, etc sans que cela ne nécessite une action énergique dans l’optique d’un mutation comportementale. Nous sommes dans une société, où l’impunité est érigée en norme établie au mépris des incidences sociales.

  1. Par le passé, il y a eu les affaires de scandale sexuel où avaient été entremêlées des stars du football et des médias (affaire Bonita, affaire Samuel Eto’o- Nathalie Koah, affaire Njie Clinton, etc), aujourd’hui, est apparue l’affaire Mimb- Eteki et Malicka, qui révèle ses facettes et contours. En analysant le jeu des interactions entre ces stars qui se connaissent réellement, Malicka Bayemi est-elle une nouvelle figure que l’on socialise, aujourd’hui, à ces pratiques perverses de manière à construire une nouvelle identité de prostituée, de call girl et, plus tard, d’anti-modèle. C’est, en réalité, le phénomène de la construction des anti-valeurs érigées en valeurs, des pseudo modèles de référence perçus comme des vitrines alors que ce sont loups pour la société camerounaise. Vigilance, prudence et méfiance ! La société camerounaise contemporaine est en péril.

Serge Aimé Bikoi

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