Par Mon’Esse
Le secrétaire national chargé de la réforme et de la modernisation de l’Etat et communicant pour le Mouvement pour la renaissance du Cameroun (Mrc, opposition), Richard Tamfu, a été exclu mercredi du directoire national, au cours d’une réunion présidée par le leader de la formation, a-t-on appris de source introduite.
Il lui est notamment reproché de «s’attaquer à [l’]âge» du président, Maurice Kamto et de soutenir, ouvertement, une autre candidature pour le leadership, toute chose considérée comme un acte inadmissible de défiance à son endroit.
Me Tamfu est aussi exclu de l’équipe de communication du Mrc et prévenu qu’il serait traduit devant le conseil de discipline pour «manquement au devoir de réserve et de loyauté».
«C’est à cause de ce genre de comportement que je maintiens ma candidature à la présidence du Mrc».
a réagi sa camarade, Michelle Ndoki.
Et de poursuivre :
«Aucune exclusion, aucune manœuvre d’intimidation, aucune opération de boycott de concert, aucun saccage de boutique pendant la nuit, aucune agression d’artiste, aucune campagne de dénigrement dans les réseaux sociaux n’empêchera ça. Ce parti n’appartient pas à Maurice Kamto.»
L’avocate achève ainsi sa tirade :
«Maurice Kamto n’est Pas le Mrc, le Mrc n’est Pas Maurice Kamto. Ce n’est pas sa chose dont il dispose comme bon lui semble… Tout mon soutien à Maître Tamfu Richard. On reste debout et on avance ! On se voit le 4 novembre 2023 !»
L’avocat Tamfu est, manifestement, victime d’une interview accordée la veille au magazine Jeune Afrique (06/06). «En 2025 Kamto aura 71 ans, assez vieux pour diriger le Cameroun.»
Et ce membre du Directoire de la formation de rappeler que le leader de son parti, lors de la présidentielle prévue en 2025, aura 71 ans et assez vieux pour diriger le pays.
Comme certains autres cadres du parti, ces derniers mois, Richard Tamfu roule ainsi pour l’alternance à la tête du MRC, en particulier et au sommet du Cameroun, en général.
Sa sortie, dans un dossier de JA qui se penche sur l’avenir de Maurice Kamto à la tête de ce parti, fait ainsi écho à des bruits de couloirs, au sein du Mrc où la tête du capitaine est plus de jamais mise à prix.
Le 20 mai dernier en effet, c’est Michèle Ndoki qui annonçait sa candidature à la présidence de ladite formation. Dénonçant les ennemis du progrès au sein de la formation politique, elle indiquait se préparer, avec ceux qui croient en son projet, «la plus belle compétition de son histoire à partir du 4 novembre prochain».
Ce jour-là, la «dame de fer» du Mrc avait bruyamment moqué ceux ayant rendu leur tablier et «continuent de faire du bruit» avant de laisser tomber, sur les réseaux sociaux : «(…) nous on va nulle part ! Et ils s’amusent on va même gagner. Abimte ! Kamerun, Ekombo’a Mwaye.» La non moins vice-présidente des femmes du Mouvement avait déjà, en fin décembre 2022, diffusé une vidéo sur sa page Facebook : «La convention du Mouvement pour la renaissance du Cameroun sera organisée au mois de novembre prochain. Elle sera l’occasion pour nous tous de prendre nos responsabilités. J’ai annoncé au mois de juin dernier, ma candidature à la présidence du parti. Je la confirme aujourd’hui.»
S’agissant de ses ambitions, Me Ndoki indique que son seul objectif est de redonner au Mrc la place d’alternative crédible au parti au pouvoir, au parti du président Paul Biya, une place qu’elle n’aurait dû jamais perdre ; lui permettre d’aborder avec sérénité et détermination les prochaines échéances électorales.
Des actes de défiance, il s’en multiplie désormais quasiment tous les jours contre Maurice Kamto. Il en est ainsi de son ex-conseiller à la communication, Sosthène Médard Lipot, démissionnaire depuis le 16 mai 2023. «Mon engagement, c’était pour un “changement d’avenir dans la paix”. Des extrémistes ont pris le parti en otage», écrit-il sur les réseaux sociaux.
Au terme d’une décennie de militantisme actif, M. Lipot s’est déclaré «très soulagé» de quitter les rangs du Mrc, accusant M. Kamto d’être le responsable n°1 de son départ. «Il est le principal instigateur de la dégradation du climat social au sein du Mrc, afffirme-t-il. Son discours est en total déphasage avec ses manœuvres politiciennes qui s’inspirent du totalitarisme.»