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Cameroun > Performance : Sombres perspectivespour le  gouvernement Joseph Dion Ngute

Effets induits du conflit ukrainien, crises sécuritaires dans le septentrion et au NOSO, augmentation de la pauvreté et de la fracture sociale, montée exacerbée du tribalisme, tensions sociales de divers ordres à travers les mouvements OTS et cetera…interminables guerres de leadership entre ministres ; l’impéritie du cabinet actuel à subvenir aux besoins vitaux élémentaires des populations (eau, électricité, etc.), n’augurent rien de positif pour les prochains mois, au moment où un éventuel remaniement est annoncé depuis plusieurs années maintenant.

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Par Yves Junior Ngangué

Miné par le scandale de la gestion des fonds du Covid-19, à la lumière du rapport de la chambre des comptes de la cour suprême transmis au Chef de l’Etat, que retenir du cabinet du septennat des grandes opportunités presque trois ans après sa mise sur pied  et que peut-on en attendre ? Strictement  rien ! scrute  un observateur averti du landerneau politique camerounais, pour qui « grandes opportunités » était un slogan de campagne et pas plus… Tel que l’avaient déjà été homme-lion, l’homme-président…   grandes ambitions,  grandes réalisations et cetera.

Pourtant, lors de son discours de  prestation de serment au palais des verres de NgoaEkelle le 6 novembre 2018, Paul Biya le président nouvellement élu avait lui-même fixé le cap : « D’autre part, conscients que la finalité de la démocratie est d’apporter au plus grand nombre des conditions de vie aussi bonnes que possible et une véritable égalité des chances, je persisterai à consacrer tous mes efforts : «  à favoriser la relance de la croissance économique, créatrice d’emplois, notamment pour les jeunes, et susceptible d’améliorer le pouvoir d’achat ; à promouvoir le rôle des femmes dans notre société ;  à faciliter l’intégration sociale des jeunes en développant encore davantage notre système éducatif, à tous les niveaux, et en mettant l’accent sur la professionnalisation ;  à lutter contre l’exclusion, notamment par une meilleure protection des personnes vivant avec un handicap ; à améliorer l’accès aux services publics  de l’eau potable et de l’électricité ;  à renforcer notre système de santé, en ouvrant de nouveaux hôpitaux et en finalisant un dispositif de sécurité sociale efficace ;  à mettre en valeur une politique d’habitat social digne de ce nom ; à valoriser notre patrimoine culturel ». Où en sommes-nous ?

Le 4 Janvier 2019, au lendemain de sa réélection, le Président de la République avait procédé à un remaniement ministériel pour le compte du septennat dit des grandes opportunités (2018-2025). La nomination de Joseph Dion Ngute (65 ans) juriste et universitaire,  jusque-là  ministre chargé des missions à la Présidence  au poste  de Premier Ministre en remplacement de Philémon Yang Yundji (72 ans), magistrat de formation et diplomate, avait visiblement  annoncé la couleur.  Bien que tous les deux sont anglophones, originaires du Sud-ouest pour l’entrant et du Nord-ouest pour le locataire sortant de l’immeuble étoile, sept ans d’écart (âge)  séparaient ces deux personnalités. En  portant un homme de soixante-cinq ans à la primature, quatre slogans semblaient guider  le choix du Chef de l’Etat : Rajeunissement, Action, Redynamisation, résultats…

Séparer le bon grain de l’ivraie

Pas totalement inconnu de l’establishment, le nouveau Premier Ministre était plutôt réputé être un homme sans histoires. Ses états de service aussi bien au Centre  national d’Administration et de magistrature (CENAM) où il fut Directeur adjoint (1986- 1991) puis Directeur de l’ENAM (1991-1997),  jusqu’au Ministère des relations extérieures où il était chargé du Commonwealth ( 7 décembre 1997  au 1er mars 2018), plaidaient largement en sa faveur. Dans notre contexte, où l’autorité du  Premier Ministre est régulièrement mise à rude épreuve par certains membres du gouvernement qui le considèrent davantage, comme un primum inter pares,  quelques-uns se doutaient encore, au lendemain de sa désignation,  de la capacité de ce gentelman à la mise impeccable à  asseoir son autorité dans un cabinet constitué de dinosaures et de « petits présidents » comme aime à les nommer, l’universitaire et Biyaiste de la première heure, Pascal Charlemagne MessangaNyamding.

S’il est parvenu à asseoir son impérium au sein de cette équipe pléthorique composée de soixante-trois membres, dont 4 ministres d’État, 31 ministres, 12 ministres délégués, 5 ministres chargés de mission et 10 secrétaires d’État, les résultats en termes de bilan, restent totalement mitigés sur les plans sociaux, économiques, sanitaires voire culturels.  Alors que tous les voyants sont quasiment au rouge, si on s’en tient à l’abaissement il y a quelques années,  de la note souveraine du Cameroun par l’agence américaine Standard and Poors  à « B- ».  Il est flagrant que l’augmentation de la pauvreté et de la fracture sociale, le renchérissement du coût de la vie (baisse du pouvoir d’achat), la recrudescence du chômage  liée à la pandémie de la Covid-19 et aux effets induits du conflit ukrainien, les crises socio-politiques du Noso, la montée du tribalisme (antagonisme BAS- Ekangs, 13 millions de nordistes) et surtout, l’incapacité du gouvernement à subvenir aux besoins vitaux élémentaires des populations (eau, électricité, etc.),  n’augurent rien de positif pour les prochains mois.  Au regard des enjeux à venir, si de nombreux camerounais pensent qu’il est urgent de remanier le cabinet Dion Ngute 1 en y expurgeant, tous les maillons faibles,  la nécessité de redéfinir les missions du gouvernement  par un recadrage plus adéquat des différentes  feuilles de route,   est un impératif catégorique. Sinon, la nomination il y a quelques années, de vingt-un secrétaires généraux de ministères par le chef de l’Etat s’inscrivait ’elle dans cette vision ?   Dans un échantillonnage composé des 63 ministres et pendant qu’un remaniement est annoncé, Panorama papers a enquêté sur  une période d’au moins douze mois.

Les meilleurs ministres

Ils sont une bonne dizaine à avoir retenu l’attention de notre rédaction : efficaces, perspicaces, actifs, pro actifs et prospectifs, ces membres du gouvernement  traduisent dans les faits, la vision de Paul Biya contenue  dans le communiqué de presse du  premier Conseil des ministres du nouveau septennat baptisé «septennat des Grandes Opportunités»,  tenu le mercredi 16 janvier 2019 en fin de matinée, au palais de l’unité : « Il a rappelé que l’objectif principal de l’action gouvernementale demeure l’accès à l’émergence à l’horizon 2035 ; soulignant la nécessité pour ce  faire, de consolider les acquis et d’être prêt à saisir les nouvelles opportunités. A cet égard, le Président de la République a insisté sur l’exigence du respect des délais d’exécution des projets et a prescrit une plus grande célérité dans les études de faisabilité de ceux-ci. Il a exhorté le gouvernement a déployé les efforts nécessaires pour assurer un meilleur accueil des investisseurs dans notre pays, et à leur accorder les facilités appropriées. Abordant la question de la corruption, le Chef de l’Etat a réitéré sa détermination à intensifier la lutte contre ce fléau. Le Président de la République a en outre mis l’accent sur la nécessité pour toute l’équipe gouvernementale de s’imprégner du programme économique, financier,  social et culturel pour l’exercice 2019, présenté à l’assemblée nationale. Dans cette optique, le président de la République a rappelé les principaux points de ce programme, qui doit être considéré comme la feuille de route du gouvernement, notamment : la maitrise des contraintes sécuritaires à l’intérieur du pays comme aux frontières ; la consolidation de la paix, de l’unité nationale et du vivre-ensemble ; le parachèvement de la mise en place du plan Triennal pour l’accélération de la croissance, ainsi que l’exécution du plan Triennal « Spécial Jeunes », la préparation des prochaines élections législatives, municipales et régionales ; l’accélération du processus de décentralisation ; la réalisation des grands projets ; le développement de l’économie numérique, de l’industrialisation et de l’agriculture de seconde génération ; la modernisation de l’économie, la relance de la croissance et la création d’emplois, la poursuite et la mise en œuvre du Programme économique et financier 2017-2019 conclu avec le FMI ».

1-Louis Paul Motaze : Debout sous la tempête

Le nom de cet administrateur civil principal formé à l’ENAM, à la tête du Ministère des finances depuis le 2 Mars 2018, restera toujours associé à l’opération de comptage physique des personnels de l’Etat  (Coppe) et aux 36 milliards de FCFA d’économie par an, réalisés sur le fichier solde. S’il n’est pas le premier grand argentier   à avoir ourdi une traque systématique  des fonctionnaires fictifs, il semble être le premier a en   tiré les dividendes. Après l’Euro bonds, sous la houlette de ce natif de Bengbis, notre pays a levé ces dernières semaines, plusieurs  milliers de milliards  de FCFA sur les marchés financiers sous régionaux et internationaux, preuve s’il en était encore besoin que la signature du Cameroun reste bonne et même fiable.  Dopé par un ajournement du paiement de sa dette bilatérale et multilatérale, à cause de la pandémie du coronavirus il y a un an , les excédents financiers ainsi  générés avaient permis de prendre de nombreux nouveaux fonctionnaires et agents de l’Etat en solde, et ce n’est pas pour demain que le Cameroun n’arrivera plus à honorer ses engagements salariaux,  renseigne une source à la Direction générale du budget.  Au poste de Ministre des finances, le rendement de Motaze est largement au-dessus des attentes : actif,  pro actif et prospectif, l’impact de son action reste néanmoins limité sur le quotidien des camerounais de façon globale.  Classé  au 151e rang mondial (21e rang africain) dans l’Indice du développement humain 2018, notre pays enregistre un  taux de pauvreté estimé à 28, 7%   selon les dernières Performances macroéconomiques et perspectives publiées par la Banque Africaine de développement (BAD).En revanche, au-delà de  son rôle de reliance sociale, c’est l’Etat par  ses structures (Police, gendarmerie, armée, etc. ) et ses agents qui assurent la protection des hommes et des biens ; c’est aussi parce que les salaires des agents de l’Etat  sont régulièrement payés,  que le pays reste debout et ne sombre pas dans l’anarchie.

2-Joseph BetiAssomo : La patate chaude  du Noso

 Il est sur tous les fronts, aussi bien dans le septentrion où la paix n’est pas totalement une réalité ; qu’ au NOSO où les séparatistes semblent vouloir changer de modus opérandis, en exportant la violence dans le reste du pays et notamment à l’Ouest. Le dernier exemple en date, est l’attentat sanglant perpétré à Njiptapon dans le   département du  NOUN ;  par les miliciens séparatistes apparentés au général No Pitty. Au cours de cet attentat,  plusieurs éléments du Groupement Mobile d’intervention de la gendarmerie nationale (GPIGN), un corps d’élite ont été lâchement abattus. A 62 ans sonnés, malgré son éternel air juvénile, l’actuel Ministre de la défense a de l’énergie à revendre. En témoignent, les multiples  déplacements effectués en Russie, et  dans diverses régions du pays, ces dernières semaines.Appuyé par son chef de division de la sécurité militaire (SEMIL), le très stratégique colonel Emile-Joël Mbamkouï ; Joseph BetiAssomo tient fermement le gouvernail du navire (Armée). Malgré l’incident de Ndjitapon, tous les redéploiements stratégiques  effectués par le commandant en second des forces de défense sur les théâtres des régions anglophones ont  porté des fruits. A plusieurs égards, le natif d’Ayos, ancien Préfet et gouverneur de région, annoncé par la rumeur au stratégique, secrétariat général de la Présidence de la République ; apparait donc comme un ministre compétent (actif, pro actif et prospectif), il est manifestement the right man, to the right place.

3-Paul AtangaNji : le Joker du Président

 Malgré sa nomination comme Ministre de l’administration territoriale le 02 Mars 2018, le Président de la République l’a maintenu au poste de  secrétaire permanent du conseil national de la sécurité du Cameroun. Féru du renseignement prévisionnel, le successeur de René Emmanuel Sadi avait au lendemain de sa prise de fonction, enjoint aux autorités administratives (Sous-préfets, préfets, gouverneurs) de lui faire tenir journellement, par le biais des notes, la situation qui prévaut dans leurs circonscriptions de commandement respectives. Actif et pro actif, la parfaite tenue du double scrutin  législatif et municipal sanctionné par la désignation des nouveaux maires de villes, et le renouvellement des mandats de nos députés  peuvent  être mises à son crédit.

En nommant ce natif de Bamenda né en 1960, à la tête de la territoriale, Paul Biya voulait rompre avec l’attitude diplomatique de son prédécesseur. Réputé être un fervent Biyaiste et un incorrigible va-t’en guerre, il avait opposé  une fin-de-non-recevoir à Maurice Kamto qui était venu à sa rencontre (dans ses services à Yaoundé).  Si ses détracteurs pensent que ses positions suffisamment tranchées sur la résolution de la colère qui gronde dans les régions anglophones ne peuvent qu’envenimer la situation, ce faucon qui s’assume comme tel, plaide pour l’utilisation de la force pour résoudre la crise : « L’Etat ne discute pas avec les terroristes » aime-t-il à rappeler.  Epinglé dans la gestion des fonds du Covid-19 et  accusé d’insubordination vis-à-vis du PM Joseph Dion Ngute, Paul Biya continuera-t-il à lui faire confiance ?

4-Luc Magloire MbargaAtangana : le croque-mitaine des spéculateurs

Il est l’archétype du redresseur des torts. Luc Magloire MbargaAtangana ne se contente pas des lambris luxueux de son cabinet de l’immeuble-rose. Ce natif de Nsazomo va parfois piétiner la gadoue nauséabonde  des marchés,  pour toucher du bout des doigts la réalité du terrain ;   en traquant par la même occasion les spéculateurs, fraudeurs et autres commerçants véreux. Son nom restera toujours associé à la fin des pénuries artificielles qui ont rythmé le traintrain quotidien des camerounais dans les années 1990 jusqu’à l’orée de 2000.

Prospectif, ce titulaire d’un DESS en droit des entreprises obtenu à l’université de Paris Dauphine avait su anticiper sur les contrecoups de la pandémie du coronavirus, en prenant des mesures adéquates pour assurer la disponibilité des stocks.  Tous les grossistes véreux qui avaient voulu tirer profit de cette situation de crise, en dissimulant les stocks,  avaient vu leurs entrepôts et  magasins scellés par le ministre du commerce, qu’accompagnait   sa responsable de la brigade de répression Barbara ElemvaAmana. Très actif sur le terrain, l’actuel porte-parole des pays ACP aux négociations commerciales multilatérales à l’OMC pourrait figurer dans un échantillonnage des meilleurs ministres du Renouveau. Même si le panier de la ménagère a du mal à se remplir, à cause de la faiblesse du pouvoir d’achat global (compte tenu de la situation macroéconomique du Cameroun), grâce à Luc Magloire MbargaAtangana , les prix des produits de première nécessité sont restés relativement stables, ces dernières années. Les soubresauts de renchérissement observés ces dernières semaines, à cause du conflit ukrainien étant dans l’ordre des  chocs extérieurs. 

5-Pauline Irène Nguené : Un petit budget pour de grandes choses

Depuis quelques mois, 40 désormais ex enfants de la rue de Yaoundé ont intégré le centre de l’enfance de Betamba dans le Mbam-et-kim, grâce à Pauline Irène Nguené. Réhabilité par le génie militaire il y a quelques mois seulement,  cette institution qui était d’ores et déjà tombée en ruines sous BakangMbock,  se chargera de poursuivre l’accueil de nombreux autres gosses en détresse dans les prochains mois, a rapporté une source du Ministère des affaires sociales. 

En ballotage défavorable sur le plan politique, après la percée  du PCRN de Cabral Libii dans son Nyong-et-kellé,  lors du double-scrutin législatif et municipal,  cette native de Minka, entre autres titulaires d’une maîtrise en sciences de la terre de l’université de Yaoundé 1 et d’un diplôme d’ingénieure des mines,  a multiplié de bonnes œuvres, depuis sa nomination le 2 octobre 2015, en tant que  Ministre des Affaires Sociales ;  on pourrait ainsi citer : la réhabilitation du Centre National de Réhabilitation des Personnes Handicapées Cardinal Paul Émile Léger d’Etoug-Ebe à Yaoundé (CNRPH-CPEL) ;  la réhabilitation et la modernisation de l’Institution camerounaise de l’enfance (ICE) de Betamba, à Ntui (Région du Centre) ;  la mise en place d’un registre social unifié (cartographie des personnes socialement vulnérables) ; la construction du Centre de Réhabilitation des Personnes Handicapées (CRPH) de Maroua (région de l’extrême Nord) ;  la lutte contre les exclusions sociales et l’implémentation de l’entrepreneuriat social.

6-Manaouda Malachie : l’agneau dans un panier à crabes…

Il n’a pas été épargné par la presse ces dernières années, à cause des présuppositions de détournements dans le dossier du Covid-19, ce fils de pasteur originaire du département du Mayo-Tsanaga dans l’Extrême-nord, major de sa promotion à l’école nationale d’administration et de magistrature (ENAM) DARF A administration générale (Promotion 1998-2000) et titulaire d’un doctorat PHD,  a quasiment été mangé à toutes les sauces. Manaouda Malachie fut  accusé d’avoir fermé le Ministère de la santé publique aux usagers,  sous le prétexte de la pandémie, bien qu’il ait  continué à recevoir les prestataires et partenaires d’affaires pour le business. La nomination d’un intérimaire, quelques jours seulement après l’inhumation de Luc Florent Andengue  son ancien Directeur des affaires financières et du patrimoine avait également  suscité des vives  polémiques sous les chaumières et dans les réseaux sociaux ;  tout comme l’attribution d’un marché de gré à gré de presque 400 millions de FCFA  concédé à une entreprise-écran, appartenant au fils de  l’homme d’affaires James Onobiono (sous la signature du secrétaire d’Etat Alim Hayatou). Beaucoup d’autres  contrevérités ont aussi été dites,  au sujet de ce benjamin du gouvernement (47 ans), à la mort, faute de couveuses ;  des quadruplés de  Anne Christelle Ntsama à l’hôpital Central de Yaoundé, à cause du non-paiement d’une facture de 54 000 Fcfa. Pourtant, au lendemain de sa nomination au Ministère de la santé publique, le nouveau ministre avait fait de l’humanisation des  soins dans les  hôpitaux publics son principal leitmotiv ;  pour joindre la parole à l’acte,  ce diplômé du  centre Canadien de Recherche et d’Appui à la Gouvernance des Organisations Publiques (CCRAGOP) avait en tant que patron des hôpitaux publics, pris des actes forts  dans ce sens.

Très populaire avant le déclenchement de la pandémie, il était cité comme  meilleur Ministre de la République par toutes les organisations de la société civile voire la presse privée (qui s’accommode rarement de ce type de compliments). Omniprésent  sur la toile et sur le terrain, l’action de ce ministre est bridée par les réseaux occultes qui semblent vouloir obtenir son scalp. Nommé à la tête d’un autre département (ministériel), Manaouda Malachie pourrait incontestablement  mieux exprimer son énorme potentiel.

7-Célestine KetchaCourtès : la dame de fer

Tout ce qu’elle  touche se transforme en or. Devenue maire de la commune de Bangangté, il y a quelques années, le chef-lieu du département du Ndé a radicalement changé de physionomie au point de devenir, la ville la plus propre de la région de l’ouest. A la tête du ministère de l’habitat et du développement urbain depuis le 4 Janvier 2019, elle y a  imprimé sa marque. Très autoritaire, Madame la Ministre ne manque pas de visiter les multiples  chantiers routiers, immobiliers et autres, dont elle a la charge ; sermonnant les entreprises adjudicataires par-ci ; délivrant les mises en demeures par-là ; cette attitude a permis, d’accélérer la construction de  divers ouvrages (Routes, autoroutes,  logements sociaux, ouvrages des voiries urbaines)  et la reprise d’autres, où les chantiers étaient quasiment à l’arrêt. Active et pro active, fervente militante du RDPC, cette cadre commercial et marketing diplômée de l’ESSEC de Douala a assurément de beaux jours devant elle.

8-Henri EyebeAyissi : inventorier le patrimoine de l’Etat

Henri EyebeAyissi est un travailleur acharné.  Ministre de l’urbanisme et de l’habitat dans les années 1990-1992, alors qu’il n’avait que 35 ans ; son passage au contrôle supérieur de l’Etat et les sanctions infligées aux gestionnaires indélicats de la chose publique, ne lui ont pas que valu des amis au sein du sérail. Le natif de Mbelle 2 dans le département de la Lékié, région du Centre, qui avait dans l’un de ses rapports osé épingler  les responsables de la Commission nationale anticorruption (CONAC),  traine la réputation d’un haut commis de l’Etat intègre et pointilleux. Dans ses nouvelles missions au ministère des Domaines, du Cadastre et des Affaires foncières, ce titulaire d’un doctorat en droit public obtenu à l’université de Yaoundé 1 et d’un brevet de l’ENAM (1981), division administrative cycle A,  a entrepris de faire un inventaire du patrimoine de l’Etat ;  à l’effet délaborer une cartographie de l’assiette des superficies des immeubles relevant du domaine privé de l’Etat et du domaine public.

9-René Emmanuel Sadi : revaloriser l’enveloppe de l’aide publique à la communication privée

Si ses détracteurs l’accusent de laisser dormir les dossiers dans les parafeurs, René Emmanuel Sadi a ces derniers mois travaillé d’arrache-pied, à l’effet d’expurger de la liste des bénéficiaires de l’aide publique à la communication privée : les radios, les chaines de télévisions, les associations et surtout  les imprimeries.  Cette année pour le compte de 2019, une enveloppe de 240 millions de FCFA avait été  répartie entre les différents  opérateurs restant, que sont : la presse écrite et la presse en ligne. Autre innovation, ladite répartition se fera exclusivement par virement bancaire, question de limiter les actes de corruption si parfois décriés. Au-delà de ces aspects, le ministre René Sadi a entrepris depuis sa prise de fonction :  d’inverser la tendance à la désinformation ou Fake News ;
 
 ;  mettre sur pied une agence de presse virtuelle,
 ;  poursuivre la réhabilitation technique de la CRTV et son passage au numérique,
,  rénover le dispositif de production de Cameroun Tribune,
et  investir dans les réseaux sociaux afin de rehausser l’image du Cameroun.

10-Narcisse MouelléKombi : Pas à l’abri d’une surprise désagréable

Bien que la CAN  ajournée à cause de la pandémie du Coronavirus, Narcisse MouelleKombi a parfaitement tenu le difficile  pari de livrer les chantiers dans les délais et de la tenue de cette compétition continentale au Cameroun. A sa nomination à la tête du ministère des sports et de l’éducation physique le 04 janvier 2019,  rien n’était gagné d’avance. En multipliant les descentes sur le terrain et des actes forts, comme la suspension du groupe Piccinni au complexe sportif  d’Olembe ; le rêve est devenu réalité. Remis en selle par les victoires qui semblent être revenues au sein de la tanière, après l’élection de Samuel Eto’o Fils à la FECAFOOT, l’ex Conseiller spécial du Président de la République n’est pas à l’abri d’une surprise désagréable. Natif du NKAM , un département riche en élites fortes, des indiscrétions annoncent,  l’éminent Professeur de médecine Maurice  Aurélien Sosso, actuel  recteur de l’université de Yaoundé 1(bénéficiaire d’une prorogation) , au Ministère de la santé publique en remplacement numérique de ce féru de poésie ; épigone des pères de la négritude.

10ème ex- Ibrahim Talba Malla : un grand bâtisseur aux marchés publics

 Le sombre épisode des marchés publics (de plusieurs milliards de FCFA)   de gré à gré de  la CAN-  concédée par son prédécesseur à  certaines entreprises-  est visiblement derrière nous, au ministère des marchés publics où trône  le grand bâtisseur Ibrahim Talba Malla.  Ancien Directeur de la Société nationale de raffinerie (SONARA), où son nom est lié à un scandale récemment dévoilé aux États-Unis, cet inspecteur des impôts né en 1954, était passé par la caisse de stabilisation des produits des hydrocarbures, qu’il a dotée d’un siège social à la hauteur de ses ambitions au quartier Warda à Yaoundé. Originaire du département du Mayo Sava dans l’extrême-nord, cet homme pétri d’expérience s’attèle depuis sa nomination à faire respecter, selon les règles de l’art, les procédures  de passation des marchés ;  source  de corruption.

Les pires ministres

Mbah Acha née Fomudam Rose Ngwari : La figurante

Elle  a intégré le gouvernement le 2 octobre 2015, comme ministre délégué à la Présidence chargé du Contrôle supérieur de l’État après le conflit d’autorité qui avait opposé l’ancien PM Philémon Yang, à l’ex MINAC Ama Tutu Muna ; en remplacement  numérique  de la benjamine de ce clan, par un jeu de chaise musicale. Après y avoir séjourné depuis 05 ans, ses actions d’éclat se comptent sur les bouts des doigts. Sinon, où sont passées les missions des inspecteurs d’Etat envoyées dans les établissements publics et autres aux quatre coins du pays, du temps d’EyebeAyissi ? N’a-t-elle pas reçu le feu vert de Paul Biya, qui déclarait pourtant après le remaniement de Janvier 2019, qu’il maintiendrait la lutte contre la corruption ? Visiblement dans les éthers, l’ancienne Présidente du tribunal administratif du Nord-ouest à Bamenda, semble visiblement se tourner les pouces.

Gaston EloundouEssomba : Au royaume des ténèbres et robinets secs

Il  n’a rien changé des délestages et des coupures d’eau intempestives qui rythmaient le quotidien des camerounais dans leur ensemble, et celui des Yaoundéens en particulier,  depuis sa nomination au ministère de l’énergie et de l’eau. Multipliant les beaux discours et les vœux pieux et distribuant à tout vent des enveloppes garnies à certains hommes de médias, l’ancien DG de la SCDP croit pouvoir conjurer les démons de l’obscurité et des robinets morts. Seulement, sur le fond, ce natif de la Mefou-et-Akono dont le limogeage pourrait profiter au SG du Ministère de l’administration territoriale Pierre Essomba (récemment maintenu) reste totalement transparent.

Gabriel Mbairobe : L’erreur de casting

Le polytechnicien n’est visiblement pas dans son élément,  au ministère de l’Agriculture et du développement rural où il semble tourner en rond. Jusqu’à lors, aucune action visant à l’implémentation de l’agriculture de seconde génération ne semble à l’ordre du jour. Le nouveau MINADER semble plus préoccupé à multiplier,  les déplacements aux quatre coins du pays. Sûrement pour des raisons de tribalisme, il avait limogé de la cellule de communication et renvoyé dans son ministère d’origine,  le journaliste Alain Amassoka, le préférant à son « frère du village » Djafafarou jusque-là en service au comité de lutte contre le SIDA.

Madeleine Tchuinté : Le militantisme comme marchepied

 Cette pharmacienne est entrée au  gouvernement pour son militantisme, et notamment, son engagement dans les rangs du RDPC,  pendant les années dites de braise, l’ancien Ministre d’Etat SGPR Jean-Pierre AtanganaMebara, l’a clairement mentionné dans un  ouvrage  paru chez l’harmattan.  Au déclenchement de la pandémie du coronavirus, elle a été abondamment moquée sur la toile, parce qu’elle avait invité les camerounais à faire attention aux chauves-souris, parce qu’elles étaient des vecteurs de la maladie. La nomination d’un scientifique de haut vol au MINRESI, pourrait donner un coup d’accélérateur à plusieurs projets de recherche en veilleuse…

Bello BoubaMaïgari : Le révisionnisme comme boussole politique

Ildemeure  le seul   à rêver- de lui-même-  qu’il a un destin présidentiel. Agé de 73 ans, l’ancien PM ne doit sa  présence au gouvernement qu’à la seule volonté de Paul Biya. Partout où cet administrateur civil formé à l’ENAM, est passé ces dernières années comme ministre, aucune réforme d’envergure n’a été enregistrée. C’est  alors qu’il était encore  MINDIC, Ministre du développement industriel et commercial que notre pays avait connu les pires moments liés à la raréfaction de certains produits de première nécessité-  sur les marchés-  à cause des spéculateurs qui créaient volontairement ces  pénuries artificielles. Muté tour à tour aux PTT, transports enfin au tourisme : cet homme usé et éculé  mériterait  véritablement de prendre sa retraite, pour céder la place aux nouvelles générations.

Pierre Ismaël BidoungMkaptt :Le goût du  « gombo » chevillé au corps

Bien que ancien comédien et dramaturge,  l’actuel Ministre des arts et de la culture, Mini Pam Pam est un affairiste  préoccupé à se faire beaucoup  plus d’argent qu’autre chose,  soutient un artiste-musicien sous anonymat. Depuis la nomination de Bidoung Mkaptt au Ministère des arts et de la culture, la situation des droits d’auteur qui commençait à se normaliser sous Narcisse Mouellé Kombi a empiré. Même le compte d’affectation spéciale pour le soutien de la politique culturelle a été abrogé. Soupçonné d’intelligence avec le Président de la commission de médiation, les artistes ont remarqué à leur grand étonnement, que les enveloppes destinées aux répartitions ont subi de terribles cures de diminution, sous le prétexte d’un fallacieux toilettage des listes. Des artistes de renom, dont les œuvres sont régulièrement exploitées et dont la notoriété ne souffrent d’aucune ambiguïté, tels que Ekambi Brillant,  Annie Anzouer (45000 FCFA  de droit d’auteur) et beaucoup d’autres ne perçoivent plus rien du tout. Après avoir imposé AtehBazore son homme-lige à la tête de la SONACAM, celui qui a  maintenu la grande majorité des musiciens dans une misère indicible,  a édifié en 2020, contre l’avis de la communauté urbaine de Yaoundé, moult bâtiments chiffrés à plusieurs centaines de millions de FCFA  dans l’enceinte de l’ancien palais présidentiel. Véritable boulimique financier,  ce Ministre fait également des mains et des pieds au niveau de la commission ddu parlement en charge des budgets,  pour décupler la dotation du MINAC. Conforté par son appartenance au clan Nanga ainsi par sa proximmité avec la First Lady, BidoungMkaptt est incontestablement un très mauvais Ministre qui se sert au lieu de servir.

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