Home Opinion Cameroun > peuple atypique: Une curiosité planétaire
Opinion - Société - Une - 26 novembre 2020

Cameroun > peuple atypique: Une curiosité planétaire

L’actualité de ces derniers temps a braqué ses phares sur le syllogisme qui fait du pays de Paul Biya une curiosité planétaire. Quelques clichés.

C’est surtout en politique que le Cameroun coupe le souffle à la communauté mondiale par ses postures pour les moins iconoclastes dans la conduite classique du jeu politique démocratique. Le consensus, semence qui vitalise le souffle commun, du vivre ensemble des peuples est ici perçue comme une pluie acide qui vient ruiner les champs gardés, les convictions politiques des uns et des autres, inscrites dans du marbre.

La recherche du consensus est comprise ou vécue péniblement comme un péché véniel, un sacrilège dans le sanctuaire des chapelles politiques de minuit où l’esprit se nourrit du schisme, des séditions sournoises incrustées dans les génomes de ceux qui tiennent les manettes d’un quelconque pouvoir.

De Yaoundé par exemple, la rencontre entre Alassane Dramane Ouattara et Henry Konan Bédié, s’appréhende comme un jeu très dangereux, un cul de sac ou tout simplement un anathème devant les dieux qui donnent le pouvoir selon leur bonne volonté, dans le sillage des peuples qui les vénèrent.

Dans un tel prisme, avoir des égards pour l’adversaire, l’écouter alors qu’on est couronné de diadème relève d’un égarement des plus incompréhensibles. Cette entreprise ivoirienne s’apparente à jeter des perles aux pourceaux, à laver le corps d’un porc, conscient qu’il va se vautrer l’instant d’après dans la vase comme disent les Saintes écritures. Se coltiner avec son opposition, n’est-ce pas faire le chien qui retourne à ce qu’il a vomi ?

C’est là une peinture de l’évangile qui anime la vie au sein de l’écosystème politique camerounais. Le langage politique chez nous est fait de violence, de haine et de rejet ; un pays où opposition est synonyme d’inimitiés ou d’animosités, de rancœurs et de rancunes. Etre un opposant truculent signifie ouvrir un front de guerre vis-à-vis du pouvoir.

L’école déconstruite

Allons à l’école ! La maison par excellence de la socialisation de la jeunesse du pays, le haut lieu où la République insuffle dans l’âme de la descendance de la Nation, les vertus de travail récompensé, d’éducation à l’intégration de toutes les différences ou de toutes les intégrations sociologiques, le scandale a pignon sur rue.

Au bout de la chaîne scolaire, au moment où il faut récompenser avec équité et justice les efforts de longues et pénibles études, les officines mafieuses se mettent en branle, raflant au passage toutes les offres alléchantes républicaines dédiées au plus méritants. L’école camerounaise n’agonise pas tant par le contenu de ses enseignements mais surtout et davantage par les principes et valeurs de mérite bafoués allègrement au bout des études.

De ce fait, on constatera que les différents admis par voie de concours pour entrer dans nos grandes écoles ne sont pas classés par ordre de mérite comme il en va et comme il en a toujours été depuis le début de l’école pour chaque élève, mais de plus en plus par ordre alphabétique ! Cette politique inique, où les intelligences maléfiques des réseaux dictent leur loi au bout de la chaîne, exerce une autre éducation nocive, une socialisation massivement dé-constructive qui impacte profondément le mental, le psychique des jeunes gens.

Voilà une des grosses racines de notre malaise sociale qui jettent les jeunes gens dans une Schizophrénie sans fin. Ceux qui s’en remettent sont à jamais marqués par la prise de conscience qu’il ne sert à rien de se tuer à la tâche dès lors que les leviers de réussite sont ailleurs ou inconnus.

Voici des jeunes gens que fabrique notre école aujourd’hui ! Par ailleurs, dans nos rues par exemple, le respect du Code Rousseau qui réglemente la circulation est vouée aux calendes grecques. Chaque automobile conduit à sa guise, au mépris de toutes les normes en matière de conduite. Les feux rouges copieusement violés sous la barbe des policiers !

La loi vénéneuse du football

En ce qui concerne le sport, particulièrement le football, qui est une identité camerounaise, l’appétence des acteurs à violer les règles, à chercher et poursuivre inlassablement les intérêts personnels, a plongé ce sport-roi dans une impasse. Le spectacle à couper le souffle, servi ces dernières semaines à l’opinion, dans un duel sans fin entre la Fécafoot et la Lpfc, dénote à suffisance de ce mélodrame, comique et puéril à la limite, est la capitalisation de la volonté des acteurs à s’affranchir, à piétiner le droit.

L’allergie à l’observation de la règle qui encadre le football est ici consacrée. La situation est allée en se détériorant au point où le chef de l’Etat a posé son joker sur la table, espérant ramener ce beau monde sur le droit chemin.

Que la Lfpc organise comme de droit le championnat sous l’égide de la Fecafoot. Où est l’erreur ? Sont-ce les lois qui ne sont pas claires ou bien est-ce une affaire de personnes qui couve les normes comme les braises sous la cendre ? Ainsi va le Cameroun avec sa propension à s’écarter des normes étables !
Léopold DASSI NDJIDJOU

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Check Also

Cameroun > Football: Issa Hayatou prend fonction

Issa Hayatou installé ce jour – à Yaoundé – dans ses fonctions de président d&…