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Afrique - 26 août 2021

Cameroun > Police: A l’heure des responsabilités

La police est sur la sellette depuis l’affaire Nourane. Quelques temps après, un délinquant routier roulait sur une femme en tenue.

Hier, une vidéo devenue virale montre un policier en pleine séance de pugilat avec un usager de la route.
Au carrefour de Bessengue à Douala. Un policier se met en évidence. Il a le coup coup de poing facile et léger. Personne ne peut dire exactement pour l’heure l’objet de la discorde entre l’automobiliste et le policier.

Tout juste on observe qu’à peine ce dernier est sorti de son véhicule, qu’il est cueilli par un uppercut  de l’homme en tenue qui s’ehauffait sur le gazon du rond point, déterminé à en découdre avec le chauffeur. Les tentatives de sa coéquipière pour le dissuader de se livrer en spectacle sont vaines.

Déjà autour, une foule de badeaux constituée de mototaximen et des passants, se délecte en poussant des cris de joie et d’encouragement. Le policier est plus entreprenant, lui qui a donné dans la vidéo le premier coup, empressé, dirait-on de montrer que les policiers sont des hommes de poigne qu’il faut respecter. Il s’est donc agi au carrefour de Bessengue, d’une invitation explicite d’un policier à se battre avec un automobiliste.

Sur ce ring de fortune au pied du rond point, si les débuts du combat ont montré un policier en pleine maîtrise de son élément, il n’en a pas été de même vers la fin de la vidéo, où visiblement l’homme débarrassé de ses scrupules de se battre avec un homme en tenue, reprend le poil de la bête et envoie le policier dans les cordes, déboussolé par la tournure des évènements.

Le respect de la tenue par tous
Ce n’est pas seulement le fait des usagers mais bien plus encore le personnel de la police car la tenue et des insignes distinctives sont une propriété de l’Etat du Cameroun et imposent de ce fait respect à tous. Ainsi, il est interdit par exemple aux policiers de se mettre dans des postures où la tenue pourrait être désacralisée aux yeux du grand public.

Pour qu’il en soit ainsi, il est par exemple interdit aux policiers et autres hommes en tenue d’aller dans certains milieux où le revêtement de la puissance publique est susceptible d’être désacralisé. Un policier de l’État du Cameroun n’est pas forcément l’homme le plus fort et le plus intelligent, d’un cran au dessus des civils. Il n’a jamais été ainsi. Le policier est la matérialisation de la puissance, de la force de l’État, qui est la force exclusive.

De ce fait, tout citoyen a priori aura toujours tort devant un policier mais dans un État de droit comme le Cameroun, le policier est justiciable comme tout citoyen devant la loi, réserves faites du code de déontologie lié à ce corps. Ainsi, si le policier doit avoir des soucis à se faire pour avoir enclenché et s’être livré à une bagarre dans la rue, l’automobiliste doit quant à lui, doit se faire des soucis pour avoir porté la main sur un corps sacré qu’est la police camerounaise.

De ce point de vue, la partie de boxe de Bessengue est un thermomètre de l’état de civilité républicaine au Cameroun, de la détermination de l’échelle de la menace à ce niveau à la paix. On se souviendra toujours que la guerre civile en Côte d’Ivoire a commencé avec la désacralisation, le manque de respect à l’endroit de la force publique. Il ne saurait en être ainsi au Cameroun où aussi bien le policier que l’automobiliste devront répondre, chacun pour ce qui le concerne, de ses responsabilités devant la loi. C’est un appel à la conscience citoyenne.

Léopold DASSI NDJIDJOU

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