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Politique - 18 septembre 2021

Cameroun > Pouvoirs, opinion et presse: L’affaire Christelle Mirabelle Lingom

Il ne faut plus revenir sur elle dans les détails, les médias l’ont suffisamment fait.

Christelle Mirabelle Lingom est morte. Elle avait subi des abus divers des personnes identifiables. Quelle que soit sa part de responsabilité dans sa mort, c’est une personne qui a perdu la vie dans des conditions troubles. La presse a informé par l’enquête sur cette disparition. Il n’y a aucune réaction des pouvoirs publics au moment où nous écrivons ces lignes.

Le 1er août 2021, la justice ivoirienne a frappé deux personnes dans une affaire de mœurs. Il s’agit du présentateur télé, Yves de Mbella et de son invité. Le premier a écopé d’une prison avec sursis et de quelques millions de francs d’amendes. Le second, un invité, a une peine d’emprisonnement ferme et une amende.

Les deux hommes avaient banalisé le viol en le simulant dans une émission télé de grande écoute.
Quelques heures seulement après la diffusion de l’émission, une pétition fut lancée en ligne. Elle avait recueilli des milliers de signatures. La Haute autorité de la Communication en Côte d’Ivoire, sensibilisée par la vague d’indignations, a pris des mesures conservatoires à l’encontre d’Yves Mbella. Le ministère public a déposé une plainte et la justice a tranché en urgence.

Dans sa livraison N° 05 du 11 août dernier, votre journal Le Calame a publié une grande enquête. Elle avait été menée pendant plusieurs semaines à la la prison de Yoko. Dans ladite enquête, certains détenus dénoncent des actes de sodomie pratiqués involontairement sur eux par le régisseur de cette prison. Dans leurs dénonciations, ils se plaignent des séquelles que ces pratiques ont causé à leur organisme. Lorsque cette enquête a été publiée, des agences de presse et des réseaux sociaux l’ont relayée. Côté politique, seul le Mrc a exigé une enquête sur ces abus. Les pouvoirs publics sont de marbre !

La cohabitation dans un espace de démocratie met en symphonie : pouvoirs publics, pouvoirs politiques, opinion publique et la presse. Dans cette configuration, la presse, dans ses missions, elle assiste les pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire. Elle informe, elle dénonce les maux, les abus et les travers de certaines personnes contre la communauté des humains et les biens publics.

Parce que les représentants des pouvoirs publics ne peuvent pas être présents partout, ils utilisent dans des vraies démocraties, les révélations faites par la presse, pour mettre les populations à l’abri des malfaisants. C’est ce que les autorités ivoiriennes ont fait dans la diligence, lorsqu’une émission télé a osé banaliser le viol. C’est ce que les autorités du Cameroun ne font pas.

Les cas de Mirabelle Lingom et de la prison de Yoko font foi. Les autorités ici ne régissent pas car l’opinion publique est inexistante dans ce pays, ou alors tout simplement, ses voix ne comptent pas dans les urnes. Si cela avait été le cas, cette opinion une fois désabusée, elle sanctionnerait avec son bulletin de vote, des dirigeants indélicats, inconscients et incompétents. La presse, elle aura fait son travail à chaque fois, mais elle n’a pas de relaye au Cameroun, afin que la démocratie fonctionne. C’est cela le problème.

  • Cet éditorial est publié dans le N°08 du journal Le Calame en kiosque du 20 au 27 septembre 2021.

Avec Xavier Messe

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