LA UNE Opinion Politique panorama 25 mai 2020 (0) (423)

Cameroun > Gouvernance: L’utopie d’un gouvernement d’union

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Au lendemain des élections législatives et municipales couplées du 09 février 2020 qui n’ont certes pas changé le rapport de force politique, certains peuvent percevoir dans cette interpellation présidentielle, la confirmation de l’idée qui circule en ce moment au sein de la classe politique, faisant état de l’existence des tractations en coulisses pour mettre sur pied un gouvernement d’union nationale avec pour mission essentielle, la résolution des différentes crises auxquelles le pays est confronté.
En théorie, les gouvernements « d’union nationale » sont généralement les bienvenus dans des pays traversés par des profondes crises politiques ou des conflits armés.
Ils contribuent à apaiser des tensions en permettant aux principaux courants politiques ou à des anciens belligérants de s’associer pour gérer les affaires de l’Etat, dans un laps de temps déterminé et avec des objectifs précis préalablement arrêtés de manière consensuelle .
Un gouvernement « d’union nationale » relève d’une situation exceptionnelle, parce que la norme dans une démocratie suppose la coexistence entre des courants politiques qui gouvernent effectivement seuls, et d’autres qui constituent l’opposition et qui aspirent également à gouverner.
Ce sont généralement les citoyens qui départagent les différents camps à l’occasion des élections transparentes organisées à intervalles réguliers.
Dans la situation politique actuelle du Cameroun, la mise sur pied d’un gouvernement « d’union nationale » ne serait pas à priori une mauvaise chose.
Attaqué depuis plus de cinq (05) ans dans la région de l’Extrême-Nord par les djihadistes de la secte Boko Haram basée au Nigéria voisin, le pays fait également face depuis bientôt quatre(04) ans à une insurrection séparatiste dans les deux régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.
A tout cela est venue s’ajouter une crise post-électorale consécutive à l’élection présidentielle du 07 octobre 2018.
L’idéal serait de voir tous les principaux acteurs de ces crises, particulièrement les deux dernières citées, se retrouver dans la même équipe gouvernementale pour pacifier le pays et réconcilier les cœurs des Camerounais dans l’optique de la préservation de la paix sociale. Ce serait un symbole fort et un pas géant dans la résolution des diverses crises qui minent le pays.
Malheureusement, on n’en est bien éloigné hélas ! La simple observation de la scène politique ne laisse pas transparaître le moindre répit entre les différents acteurs qui s’y affrontent en permanence depuis plusieurs

Eric Boniface Tchouakeu, Journaliste éditorialiste. Chef de Chaîne de la radio Tiemeni Siantou.

mois, en dépit de la présence du Coronavirus dans le pays ayant entraîné une autre crise sanitaire.

Et pourtant, pour parvenir à la formation d’un gouvernement d’union nationale, les uns et les autres doivent dialoguer de manière sincère et de bonne foi, afin de parvenir à un accord pour gouverner ensemble.
Un simple gouvernement dit de « large ouverture », élargi à quelques « électrons libres » captés dans certaines organisations sans avoir formellement obtenu l’aval de la direction de leurs organisations d’appartenance, ne sera probablement pas en mesure de résoudre toutes les difficultés qu’un gouvernement d’union nationale aurait résolues plus aisement.


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