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Cameroun > Quarantenaire du Renouveau national: Le régime biyaïste tueur des libertés publiques au Cameroun

l'accession de Paul Biya à la magistrature suprême le 6 novembre 1982 a été marqué, au départ, par la prégnance du contexte monolithique caractérisé par la répression systématique imposée par l'ère ahidjoïste, laquelle était autoritariste

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Par Serge Aimé Bikoi

l’accession de Paul Biya à la magistrature suprême le 6 novembre 1982 a été marqué, au départ, par la prégnance du contexte monolithique caractérisé par la répression systématique imposée par l’ère ahidjoïste, laquelle était autoritariste. Mais au début des années 90, sous le règne de Paul Biya, une nouvelle ère est née, c’est celle du pluralisme politique marquée par le vent des libertés publiques. C’est à la faveur de la démocratisation et de la libéralisation de la vie politique que ce nouveau contexte est né.

La jeune génération, du moins, celle d’aujourd’hui aurait de la peine à imaginer que le débat politique, tel que nous le vivons tous les week-ends sur les plateaux de télévision et studios radios, n’était pas si ouvert, et même si passionné et passionnant à l’ère du monolithisme, qui s’est achevée il y a un peu plus de trois décennies. Et pourtant ! Ceux qui ont connu les années 90 et bien avant ont une idée de la notion de liberté de cette époque. Mais aujourd’hui, le Cameroun, c’est au moins 317 partis politiques qui animent l’arène contre un seul en 1990. Même si le pouvoir de Yaoundé s’inscrivait dans la mouvance du vent de l’Est, bien de personnes mettent, néanmoins, cette ouverture à l’actif du régime en place et de son président, Paul Biya. De plus, le pays s’est doté d’un arsenal juridique, lequel fait de la la liberté un principe et de l’interdiction une exception.

Mais attention à ne pas perdre de vue e verre à moitié vide, clame l’opposition camerounaise. Depuis 1990, si le nombre de formations politiques a connu un boom, les libertés publiques, sur le plan pratique, n’ont pas évolué. Human Right Watch assimile le Cameroun à un pays où les libertés publiques sont bafouées, les manifestations des forces politiques de l’opposition camerounaises interdites pour la plupart. Le Sdf(Social democratic front) et le Mrc(Mouvement pour la renaissance du Cameroun) estiment que plus de 80% de leurs manifestations sont, systématiquement, interdites et, de surcroît, réprimées au moment où celles du Rdpc(Rassemblement démocratique du peuple camerounais), parti au pouvoir, sont, à l’inverse, autorisées. Selon des leaders et acteurs de l’opposition, ce phénomène remonte aux années 90. En février de cette année-là, les forces de l’ordre arrêtent dix citoyens qui proposaient la création d’une formation politique de l’opposition dénommée le Sdf, le parti de la balance.

Plus récemment encore, les Camerounais ont encore, en mémoire, ces vagues de manifestations de l’opposition réprimées lors de la crise post-électorale de 2018, 2019 et 2020. Il s’agit, en effet, des manifestations publiques et pacifiques organisées par le Mrc en signe de protestation contre ce que Maurice Kamto et son directoire ont appelé le hold-up électoral. Des centaines de militants du parti de Maurice Kamto ont été libérés. Il en reste 39 qui sont encore détenus dans les geôles de la prison centrale de Yaoundé, une dizaine dans les cellules de la prison centrale de Douala. Des cadres du Mrc ont été, en fin d’année 2021, condamnés à de lourdes peines d’emprisonnement ferme. Alain Fogue, trésorier national du Mrc, Olivier Bibou Nissack, porte-parole du président national du parti, Mispa Awasum, présidente nationale du mouvement des femmes et Pascal Zamboue ont écopé, tous les quatre, de sept ans de prison ferme. Le conseil du Mrc a, d’ailleurs, interjeté appel et le procès en appel à débuté le 15 octobre 2022. La deuxième audience aura lieu le 17 novembre 2022 à la cour d’appel du Centre. Question de prononcer le délibéré sur la recevabilité de l’appel interjeté par le conseil du parti. Entre-temps, ces cadres et militants croupissent jusqu’ici en prison.

Durant ces manifestions organisées par le Mrc, l’autorité administrative a recouru à l’interdiction au nom de la préservation d’un ordre public difficilement identifiable.
Dans son rapport 2019 intitulé « Liberté publiques au Cameroun, des acquis hypothétiques », l’Ong Nouveaux droits de l’homme(Ndh) explique que le non-respect des libertés publiques a favorisé l’enlisement de la crise dite anglophone dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, ceci après la répression des manifestations des enseignants et des avocats. Au nom de la guerre contre le terrorisme et de la lutte contre la sécession, ajoute cette organisation de défense des droits humains, les autorités et autres représentants de l’ordre établi usent, de plus en plus, de moyens de répression et de méthodes de guerre impactant ainsi sur le respect des droits et libertés fondamentaux.

Dans son rapport de 2017 sur l’État du Cameroun, Amnesty International fait état de nombreuses violations des libertés fondamentales des citoyens allant de la répression violente des manifestations aux arrestations et autres détentions arbitraires. Le même rapport établit aussi des cas d’arrestations de militants de la société civile, de journalistes, de syndicalistes et même d’enseignants par des tribunaux militaires. De même, le ministère en charge de l’Administration territoriale(Minat) a empêché la tenue d’une conférence de presse d’Amnesty International, conférence au cours de laquelle, l’organisation entendait présenter des lettres de pétition signées en faveur de la libération de trois jeunes ayant reçu des peines de dix ans d’emprisonnement pour avoir échangé des messages au sujet de Boko haram. Ces derniersont, d’ailleurs, recouvré leurs liberté le 16 décembre 2021 à la suite d’une décision de la cour suprême.

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