Accueil PolitiqueAfrique Cameroun > Récit de la contestation post-électorale de 2018 Cap sur les marches blanches (Acte 2)

Cameroun > Récit de la contestation post-électorale de 2018 Cap sur les marches blanches (Acte 2)

la résistance au hold-up électoral du Mrc avait, après la première étape de fin janvier 2019, décidé de passer à la deuxième phase marquée par l'organisation des marches blanches en début juin 2019.

Par panorama
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Par Serge Aimé Bikoi

Dans le souci de poursuivre les marches nationales à la résistance au hold-up électoral, le Mrc avait, après la première étape de fin janvier 2019, décidé de passer à la deuxième phase marquée par l’organisation des marches blanches en début juin 2019, soit six mois après l’entame de la période de résistance à l’ordre établi. Alors que M. Kamto,ses cadres et ses alliés politiques sont en prison, Mamadou Mota, Sa Majesté Pierre Marie Biloa Effa, Dr Appolinaire Oko et des centaines de militants et sympathisants descendent dans la rue le 1er juin 2019.

Question d’exiger, entre autres, la refonte consensuelle du système électoral, la fin de la guerre dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, les sanctions contre les responsables du scandale de la Can, qui avait été reportée. Des forces de maintien de l’ordre n’avaient même pas permis que le premier vice-président national du Mouvement pour la renaissance du Cameroun(Mrc) et ses collatéraux fissent 300 mètres partant du centre ville de Yaoundé quadrillé.

Tous avaient été violentés, happés et conduits, manu militari, qui dans les geôles du commissariat central no1, qui dans les cellules de la Division régionale de la police judiciaire du Centre, qui au Secrétariat d’État à la Défense (Sed). Au total, 354 militants avaient été arrêtés ce jour-là à Yaoundé, Douala, Bafoussam, Bagangté, et à Nkongsamba selon un rapport rendu public par le collectif d’avocats Sylvain Souop. Me Hippolyte Meli, chef de file du pool des avocats, avait indiqué que tous ces manifestants avaient été interpellés dans les cinq villes camerounaises où les marches pacifiques avaient été tenues. Parmi les cadres du Mrc arrêtés, le premier vice-président national, Mamadou Mota, le Secrétaire national en charge de la santé, Dr A. Oko, Sa Majesté P. M. Biloa Effa, conseiller spécial du leader du parti et 350 militants disséminés dans les geôles des milieux carcéraux des villes concernées.

Après quinze jours de garde à vue administrative, le gouverneur de la région du Centre avait signé un arrêté le 18 juin 2019, lequel avait maintenu en prison 34 personnes. En effet, après expiration de quinze jours, l’arrêté du patron de la région du Centre du 4 juin 2019, lequel ordonne la garde à vue administrative de 34 personnes avait été renouvelé par l’arrêté du 18 juin 2019. Cette garde à vue avait expiré depuis le 4 juillet 2019 et n’aurait pas été renouvelée.

Du coup, Me Emmanuel Simh exprime son courroux :”C’est un véritable scandale. Ces 34 personnes toujours en prison sont gardés à vue sur la base d’arrêtés qui sont caducs”, clame le 3ème vice-président national du Mrc. Au sujet de la procédure de l’habeas corpus initiée par ces citoyens, sur 34 demandes introduites, 16 ont été rejetées en dépit de l’absence au moment des débats. E. Simh avait constaté, le 2 juin 2019, que ces clients sont incarcérés sans mandat de détention provisoire.

Aussi n’ont-ils pas un document qui atteste qu’ils sont en garde à vue administrative. Raison pour laquelle il voulait avoir des clarifications sur leur situation. “Nous voulons savoir s’ils sont des prisonniers ou des simples otages”, se préoccupait alors l’homme en robe noire du statut étrange de ses clients gardés à vue. Il avait, par la même occasion, martelé que dans toutes les autres localités, où des manifestants ou supposés tels avaient été arrêtés et gardés à vue après la marche du 1er juin 2019 sur ordre des préfets, tous avaient été libérés sauf ceux de Yaoundé. Certains étaient passés en flagrant délit (cas de 30 militants de Douala, les autres (ceux de Nkongsamba et Bagangté n’avaient fait l’objet d’aucune procédure). Cette variation dans le traitement des cas des militants arrêtés traduisait alors une évolution des autorités dans la gestion des manifestations et face aux nombreux cas de violation des droits des manifestants.

En dépit de l’embastillement de ses militants, le Mrc n’a jamais entretenu l’idée de l’abandon des marches pacifiques liées à la résistance au hold-up électoral, à l’exigence de la réforme consensuelle du système électoral, à la réclamation de la fin du conflit armé dans les zones anglophones, etc. Suivant les directives du parti, il n’est pas question d’abandonner le combat contre le régime de Yaoundé. Le parti ne compte pas désarmer face à la fougue policière et face aux autorités administratives à la solde du système gouvernant en place, qui brandissent, à chaque occasion, le motif de “trouble à l’ordre public”. Histoire d’interdire les manifestations programmées par le parti. Quinze mois après, le Mrc avait, à nouveau, organisé d’autres marches pacifiques. C’était le 22 septembre 2020. Ce sera la troisième étape qui fera l’objet d’intérêt dans l’acte III du cycle de la contestation post-électorale de 2018.

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