LA UNE Opinion Société panorama 27 juillet 2020 (0) (265)

Cameroun > Recrutement dans les entreprises publiques: Entre opacité et magouilles

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Le ping pong entre la Minpostel et la Pca/Art vient de lever le voile sur un mode de fonctionnement longtemps pratiqué dans les entreprises paraboliques.

Depuis quelques jours, des fuites des correspondances sur les réseaux sociaux entre la Ministre des Postes et Télécommunications, Minette Libom Li Likeng et la Présidente du Conseil d’Administration de l’Agence de Régulation des Télécommunications (Art), Justine Diffo Tchuinkam, alimentent des commentaires.
Dans l’un de ses courriers à la Présidente du Conseil d’Administration de l’Art, la Ministre des Postes et Télécommunications s’insurge contre les violations des textes de la structure notamment en matière de recrutement des ressources humaines, émaillé selon Madame Libom Li Likeng de forts soupçons de corruption.

Cette position semble être en harmonie avec les dénonciations des tentatives de corruption visant la Pca, faites par le représentant d’une association des consommateurs au sein du Conseil d’Administration de l’Art qui circulent aussi sur les réseaux sociaux.
Tout cela met en lumière au moins l’opacité dans laquelle ont été effectués des recrutements dans cette structure.
Le cas de l’Art n’est cependant pas singulier dans le landernau du fonctionnement des entreprises publiques au Cameroun en matière de recrutement de la ressource humaine.

Généralement, des potentiels postulants et le grand public ne sont pas informés de la création ou de la vacance des postes à pourvoir, encore moins des dates et des procédures à observer pour aboutir à un recrutement. Seuls quelques privilégiés et des futures recrues en sont informés la plupart du temps.
L’absence de publicité sur les dates et les procédures de recrutement au sein des entreprises publiques dans un pays où le taux de chômage surtout des jeunes est élevé, a laissé libre cours à la corruption, au favoritisme, népotisme, et autres magouilles dans les processus conduisant au recrutement du personnel.

Il n’est même pas rare de constater dans de nombreux cas que la pratique officielle de l’équilibre régional dans l’octroi des emplois publics n’est pas respectée, avec notamment la surreprésentation des ressortissants de la région d’origine et particulièrement de l’ethnie du Directeur Général dans les effectifs au détriment des autres ; ce qui donne souvent à la structure l’image d’une « entreprise patrimoniale » d’une tribu ou d’une région et non de l’Etat du Cameroun.

Éric Boniface Tchoukeu, Journaliste éditorialiste. Che fde Chaîne Radio Siantou. Conseiller Editorial et founding father panorama papers

Malheureusement, la loi du 12 juillet 2017 portant statut général des établissements publics et des entreprises publiques et ses trois (03) décrets d’application du 19 juin 2019, ne mettent l’accent que sur le recrutement et particulièrement les sorts des Présidents des Conseils d’Administration, Directeurs Généraux et leurs adjoints ainsi que les Administrateurs dans les entreprises publiques.

Les textes leur accordent ensuite le pouvoir de gérer la suite en matière de recrutement du personnel. Ce qui est normal si on n’a l’assurance que tous sont animés par les objectifs de performance, de compétitivité et de rentabilité des entreprises dont ils ont la charge.
Seulement au Cameroun, il y a les textes et les pratiques qui dénaturent les textes.

Eric Boniface Tchoukeu


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