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Opinion - Société - Une - 28 septembre 2020

Cameroun > Régions anglophones : L’impasse un an après la tenue du Grand Dialogue. 

Du 30 septembre au 04 octobre 2019, se sont tenues à Yaoundé, les assises d’un Grand Dialogue National à l’initiative du Président Camerounais Paul Biya.

Une telle rencontre qui avait été réclamée par de nombreux Camerounais ainsi que des partenaires extérieurs du pays, avait prioritairement pour finalité de trouver des solutions pour un retour à la normale dans les régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, secouées depuis octobre 2016 par une grave crise sociopolitique sans précédent qui s’est même muée un an plus tard en insurrection séparatiste .

Des Camerounais dont les origines sont rattachées à l’ancien Cameroun Occidental administré par la Grande Bretagne ont souvent déclaré être marginalisés. Ils revendiquent notamment la préservation de leur culture contenue entre autres dans les systèmes éducatif et judiciaire hérités de la domination britannique.
Les participants au Grand Dialogue National ont donc eu à se pencher sur ces questions et bien d’autres en formulant au finish une cinquantaine de recommandations.

L’une d’elle, considérée comme la proposition phare relativement aux causes profondes du problème qui porte notamment sur la forme de l’Etat, recommande d’accorder un statut spécial aux deux régions anglophones du pays.
Certains y ont vu un compromis entre les partisans du maintien de la forme unitaire décentralisée de l’Etat d’un côté et les défenseurs du retour au fédéralisme de l’autre côté.
Le 24 décembre 2019 a été promulguée la loi portant code général des collectivités territoriales décentralisées qui définit le contenu du statut spécial octroyé aux régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.

Les pouvoirs spécifiques accordés aux deux régions par la loi sont jugés insuffisants par les fédéralistes. Et bien avant, les séparatistes qui ont refusé de prendre part au Grand Dialogue National avaient déjà rejeté la proposition de l’octroi d’un statut spécial à leurs régions.
Conséquence, le conflit armé se poursuit encore sur le terrain avec des accrochages réguliers entre les forces de défense et de sécurité camerounaises et des groupes armés sécessionnistes.
Toutes les initiatives prises depuis lors pour ne se reste qu’obtenir un cessez-le -feu permanent entre les belligérants se sont soldés par des échecs.

Cela n’est pas de nature à favoriser le dépôt volontaire des armes par des combattants séparatistes contre l’amnistie et le suivi d’un programme de réinsertion promis par le pouvoir, ou encore la reconstruction des régions anglophones telle que voulue et selon le chronogramme défini par le gouvernement.

Devant cette situation qui selon plusieurs organisations non gouvernementales et interétatiques, a déjà, occasionné la mort de plus de trois mille(3.000) personnes et provoqué le déplacement de plus de 500 mille autres, la promulgation de la loi du 24 décembre 2019 portant promotion des langues officielles que sont : l’anglais et le français, ou encore la suppression du poste de Délégué du Gouvernement dans les grandes villes qu’on met à l’actif du Grand Dialogue National, pèsent moins lourd.

Éric Boniface Tchoukeu, Journaliste éditorialiste. Chef de Chaîne Radio Siantou. Conseiller Editorial et founding father panorama papers

Pas sûr non plus que la mise en place effective des régions telles que prévues par la constitution du 18 janvier 1996 à l’issue des premières élections régionales du 06 décembre 2020, change fondamentalement la donne sur le terrain.
D’autres négociations avec les protagonistes directs du conflit semblent donc nécessaires pour définir les bases d’une solution intégrale, durable et définitive à la crise anglophone.

Éric Boniface Tchoukeu

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