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Afrique - 5 jours ago

Cameroun > Remaniement ministériel: Le destin force la main à Paul Biya

C’est de l’inédit dans l’écosystème politique du Cameroun. Deux membres de l’équipe Dion Ngute traversent les frontières éternelles en un laps de temps. Paul Biya a du pain sur la planche.

Le 8 mars dernier, Adoum Gargoum, le ministre délégué au ministère des Relations extérieures chargé de la coopération avec le monde islamique, tirait en douce la révérence. Fidèle aux pratiques qui encadrent les inhumations dans  l’islam, il etait inhumé à la va vite à Yaoundé, dans une ambiance de ce que certains ont appelé ” une indifférence totale”. A peine un mois, voici que le Secrétaire d’État à la Santé chargé des épidémies et des pandémies qui  vient de rejoindre ses ancêtres.

Si pendant un mois, le poste du premier disparu est resté vacant sans susciter beaucoup de polémiques, il en va autrement du second dont son action, en back ou en front office, le place au cœur de  l’actualité ou dans l’urgence de la lutte contre la pandémie Covid-19. Si Paul Biya ne nomme pas à tout au moins leurs remplaçants dans l’équipe Dion Ngute, il va commencer à se poser la question du rôle d’un ministre au Cameroun. Un poste honorifique pour contenter les amis, les fidèles du chef de l’État?

C’est le numéro un camerounais lui-même qui va trancher le nœud gordien. De ce fait, le facteur temps sera crucial dans la perception de ce que vaut en réalité un ministre au Cameroun. Un collaborateur du chef de l’État, aujourd’hui aux arrêts, avait déjà mis le doigt dans la plaie saignante en rapportant les propos de Paul Biya qui lui avouait en privé qu’ils ne sont pas nombreux à revêtir l’étoffe de ministre au sein du gouvernement.

Comme si cela n’était pas suffisant, dans une affaire abracadabrantesque mettant en scène un très proche collabarateur du chef de l’État, ce dernier pour convaincre son interlocuteur de la puissance ou du prestige dont il jouit dans le système, lui a tout simplement conseillé de ne pas le confondre avec ces ministres sans épaisseur qu’on intimide à tout vent. Cette affaire a fait le buzz  sur la toile.

Le remaniement ministériel tant sollicité ou souhaité devient à s’y méprendre à un panacée pour tordre le cou à tous les préjugés nourris par l’opinion sur l’inertie collective de l’équipe Dion Ngute. En remettant tout à plat dans un nouveau gouvernemental, Paul Biya donnerait de la sorte une onction nouvelle au locataire de l’immeuble Etoile d’avoir à tout au moins de l’ascendant sur les ministres entrants, car ce n’est un secret pour personne, le chief du Sud-Ouest a été nommé au même moment que les autres ministres le 4 janvier 2019.

De ce fait, il ne peut que difficilement se départir de son étiquette de Premier des ministres. Son influence actuelle sur son équipe  est d’autant entamée qu’il n’a jamais été un ministre plein. C’est un handicap qu’il a traîné même s’il a été directement parachuté de la présidence de la République à l’immeuble Etoile. La retouche de l’équipe gouvernementale qu’on le  veuille ou pas devra viser à neutraliser pour une grande part les ministres insoumis ou rebelles au Premier ministre. Chacun d’eux le sait et Dion Ngute aussi le sait, pas moins que Paul Biya. 

Un gouvernement ploutocrate,  technocrate ou de combat?   

Le gouvernement Dion Ngute en deux ans aura montré les signes de somnolence ou de coma si on s’en tient tout juste à la réalisation des projets structurants, en l’occurrence, l’offre de l’énergie électrique. Les grands barrages hydroélectriques, construits trompettes rugissantes, donne déjà un goût amer d’un fiasco sans fin. Lom Pangar, Mekin, Memve’ele, Natchigal, et d’autres, n’ont apporté aucune solution dans l’attente de Camerounais en matière énergétique. Pire encore, à défaut d’une amélioration, les délestages récurrents plongent la population dans une crise de nerfs au quotidien.

A quoi donc aura servi la construction de ces barrages à coût de milliards? A qui la faute? Tout se passe exactement dans ce gouvernement comme si les puissants ont les pleins droits et les pauvres font les frais. Par la longévité aux affaires, parfois dans le même département ministériel, certains ministres sont des roitelets  intouchables, responsable uniquement devant le roi en personne. C’est légion! Que dire des technocrates? Où sont-ils ?

Paul Biya consentira-t-il cette fois à nommer les ministres en fonction de leur spécialisation? Ce n’est d’ailleurs pas une garantie d’efficacité absolue. Des expériences du passé sont amères. Il n’est point besoin ici de citer des exemples. A la réalité, il est souhaitable ou louable que Paul Biya nomme un gouvernement de combat qui va se jeter aux charbons comme un meurt de faim pour donner le meilleur de lui-même aux Camerounais.

Cette exigence suppose bien sûr une équipe bien réduite, expurgée des redondances de missions  et d’attributions, une équipe allégée, animée par un Premier ministre qui a des coudées franches. Plus on est leste, plus on a les possibilités de mobilité pour être au mieux opérationnel. Vous avez dit gouvernement de combat ou de coma? Bien sûr de combat au moment où le Snd30 est lancée il y a un an, avec pour l’essentiel les mêmes acteurs qui sont passés à côté du Dsce. 

Léopold DASSI NDJIDJOU

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