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Afrique - 16 décembre 2021

Cameroun > Réunions publics: Le sous-préfet de Yaoundé 2 à couteaux tirés avec les Osc

Un communiqué signé vendredi dit tout le ressentiment nourri par 8 organisations de la société civile (Osc) contre l’autorité administrative accusée d’allergie aux libertés de réunion et de manifestation.

Tout est parti d’une déclaration de réunion suivie d’un arrêté d’interdiction du sous-préfet qui fonde son refus sur les « velléités de trouble à l’ordre et à la tranquillité publique et la pandémie à Corona virus ». Une décision qui suscite tout le courroux des Osc appelées à lancer la première Consultation sous régionale de haut niveau pour un plaidoyer pour la paix et la réconciliation nationale au Cameroun.

« Nous condamnons fermement la prise de cet arrêté portant interdiction d’une réunion dont le but était de réfléchir et de proposer des solutions efficaces et pérennes pour la résolution des crises qui minent notre pays », s’insurgent Rolande Bechon de Nouveaux droits de l’homme avec ses pairs de la société civile.

Il était question en réalité de « mettre en place espace d’échanges, de partage d’expériences et de bonnes pratiques de manière holistique et inclusive entre acteurs étatiques et non-étatiques (membres du Gouvernement, parlementaires, autorités religieuses et traditionnelles, acteurs de la société civile, hommes et femmes de médias, déplacé(e)s internes, réfugié(e)s, jeunes filles et femmes urbaines, rurales, scolarisées et non scolarisées, personnes vivant avec un handicap, personnes non binaires, etc.) afin de dresser l’état des lieux des crises sociopolitique et sécuritaire au Cameroun, identifier les possibles voies de sortie de crise, proposer des solutions pérennes et efficaces pour la consolidation de la paix et la réconciliation nationale.

C’est peine perdue car l’autorité administrative est restée scotchée à sa phobie des réunions et manifestations publiques. La tension est à son comble. L’autorité administrative au Cameroun se comporte comme si elle était supérieure à la loi, alors que tel n’est pas le cas, lit-on dans le communiqué. « Nous condamnons fermement la prise de cet arrêté portant interdiction d’une réunion dont le but était de réfléchir et de proposer des solutions efficaces et pérennes pour la résolution des crises qui minent notre pays », s’insurgent les Osc.

Par ailleurs, elles se demandent pourquoi les interdictions des réunions publiques sont devenues systémiques chaque fois qu’il s’agit des organisations de la société civile militante. « Doit-on comprendre que le pouvoir de Yaoundé est dans une logique totale et fatale de musèlement et d’embrigadement des leaders de la société civile militante », s’indignent-elles.

Les droits et libertés fondamentaux en général et la liberté de réunion et de manifestation publique en particulier, rappellent-elles, sont des composantes essentielles de tout processus démocratique. Pour finir, Ndh, un Monde à venir, Redhac, Chrda, Cssp, Breaking ground, Coalition « Tournons la page Cameroun », la Plate Forme de la Société civile pour la démocratie, disent être dans leur rôle de contrepouvoir qui leur est dévolu et qui leur assigne la mission hautement stratégique de contrôle citoyen de l’action publique.

Elles rappellent à ce titre que les stratégies d’intimidation, de menace, de harcèlement et autres mis en place, ne l’empêcheront pas de jouer le rôle dans la gouvernance au Cameroun. « Les organisations de la société civile rappellent pour finir qu’elles sont plus que jamais engagées à jouer leur rôle et rien ne pourra les en détourner », une perspective sur l’ambiance dans les jours à venir.

Léopold DASSI NDJIJDOU

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